+ accueil
+ Derniers messages
+
Faites connaître ce blogue
+ archives
+ Un blogue de :
ericjeanloicbreton
+ lectures
Sommaire
+ catégories
60% CANCER CANCER CARDIAQUES Creutzfeldt-Jakob EAUX EPIDEMIE EPIDEMIES GENES GENOME HUMAIN GYNECOLOGIE hypertension LA DEPRESSION EN DEBAT LA TRANSPLANTATION D\'UN VISAGE LEPRE L\'EUTHANASIE ET L\'APA MEDECINS MEDICAMENTS MENINGITE MESSAGE A THE LANCET NOUVEAU-NE NUTRITIONS PHARMACIENS POLLUTION POUMON RHUMATISME SANG SCHIZOPHRENIA SEXE SIDA STERILISATIONS TABAC TUBERCULOSE
|
|
Publié le vendredi 30 mai 2003
Vendredi 30 mai 2003
DISCOURS DE MATTEI
Message de Jean-François MATTEI,
Ministre de la santé, de la famille
et des personnes handicapées
lu par Edouard Couty, Directeur de l'hospitalisation et de l'organisation des soins (DHOS) Aux Assises Nationales
des Hôpitaux Locaux
Le Croisic, le 31 mai 2003
Vous me permettrez tout d'abord de regretter qu'un calendrier fortement contraint ne me permette pas de me tenir parmi vous aujourd'hui.
Dès mon arrivée, j'avais demandé à mes services de me faire des propositions pour consolider et développer le rôle de l'hôpital local au sein de l'offre de soins.
Nous allons aujourd'hui, franchir ensemble une étape, que je crois importante.
C'est pourquoi, j'ai confié le soin à Monsieur Edouard COUTY, Directeur de la DHOS, non seulement de me représenter, mais surtout d'exprimer en mon nom les orientations politiques que je souhaite privilégier pour les hôpitaux locaux.
L'hôpital local a trop souvent souffert d'un certain flou de ses contours et de sa place dans le paysage sanitaire et social, y compris pour les professionnels de santé.
Partant de ce constat et de votre attente légitime, j'ai souhaité voir préciser les missions de l'hôpital local, et conforter son rôle dans l'organisation des soins. C'est l'objet d'une circulaire entièrement consacrée à vos établissements, que je viens de signer, et dont je souhaite aujourd'hui souligner certains points.
L'hôpital local n'y est plus défini par son mode de fonctionnement médical, mais bien par les missions qu'il assure.
Ainsi, mes instructions ont pour objectif de
Placer l'hôpital local comme premier niveau de prise en charge sanitaire ;
Renforcer la médicalisation des prises en charge ;
Développer les complémentarités.
L'hôpital local comme premier niveau de prise en charge sanitaire
Devant l'émergence d'un besoin en court séjour de médecine et en soins de suite, lié notamment au vieillissement de la population et au développement des maladies chroniques, j'ai souhaité réaffirmer la vocation sanitaire des hôpitaux locaux.
Ils doivent devenir le premier maillon d'une prise en charge graduée, définie dans les SROS (schémas régionaux d'organisation sanitaire), pour favoriser le maintien ou le retour à domicile d'une population vivant à proximité.
Un hôpital local doit donc pouvoir disposer :
- de moyens d'hospitalisation en médecine. A ce titre, la création ou la réintroduction de lits de court séjour de médecine polyvalente sera envisagée dans les prochains schémas régionaux d'organisation sanitaire.
- de moyens d'hospitalisation en soins de suite et de réadaptation, pour le retour et le maintien à domicile du patient après une situation aiguë. Par sa proximité, par les collaborations développées avec les professionnels de santé libéraux, l'hôpital local est un lieu idéal pour développer ces prises en charge.
- de moyens d'hospitalisation en soins de longue durée, bien sûr ;
- mais également de consultations avancées de spécialistes (notamment en cardiologie, pneumologie, soins bucco-dentaires, gériatrie, gynécologie-obstétrique ou psychiatrie). Il s'agit de " faire venir l'offre " vers le patient, en constituant une équipe pluridisciplinaire au sein de l'hôpital local et en renforçant le temps médical. Cela permettra d'éviter les recours injustifiés à des structures spécialisées, source de rupture des personnes âgées avec leur environnement.
Ces consultations pourront d'ailleurs, être ouvertes à des patients non hospitalisés au sein de l'établissement.
L'hôpital local disposera ainsi des compétences et des moyens pour assurer pleinement son rôle de plate-forme sanitaire de premier recours.
Par delà son rôle de premier niveau de recours, je souhaite que l'hôpital local puisse aussi développer une diversité de services et d'activités, tout en préservant sa capacité d'adaptation aux besoins spécifiques de sa population. C'est sa force et son originalité. Il ne s'agit donc pas de définir, et encore moins d'imposer un " hôpital local type ", mais de conserver à vos établissements leur polyvalence.
Ainsi, en complément des services de médecine, de soins de suite et de réadaptation, de soins de longue durée et des consultations avancées de spécialistes, et sous réserve que les besoins aient été analysés et identifiés de façon partagée avec l'agence régionale de l'hospitalisation, l'hôpital local pourra :
- dans le domaine des soins tout d'abord :
- mettre en place un service d'hospitalisation à domicile,
- apporter son concours à la permanence des soins,
- faire de l'accueil non programmé sous réserve de certaines conditions.
- dans le domaine de la prévention :
- mettre en place des consultations de tabacologie, d'alcoologie et de soutien au sevrage
- développer des actions de prévention dans le domaine gérontologique
- constituer une cellule d'écoute pour les suicides
- dans le domaine médico-social :
- à côté des maisons de retraite, constituer des services de soins infirmiers à domicile
- créer des dispositifs d'accueil de jour et d'hébergement temporaire
- être le support de centre locaux d'informations et de coordination (CLIC) ou de sites de la vie autonome pour les personnes handicapées.
Je suis très attaché à cette diversité de modes de prise en charge, allant du service de soins infirmiers à domicile à l'hospitalisation à domicile et prenant appui sur des services d'hospitalisation complète, le tout coordonné par l'hôpital local. Une telle coordination favorise la continuité de la prise en charge des patients et leur maintien à leur domicile, répondant ainsi à leurs attentes.
Conjointement à des actions de prévention, l'hôpital local est ainsi en mesure d'assurer un véritable rôle d'animateur local de santé.
Il convient ensuite, de renforcer la médicalisation
Les hôpitaux locaux reposent pour l'essentiel sur des médecins généralistes libéraux - 7 médecins sur 10 - et dans une proportion moindre sur des praticiens hospitaliers. Cette coopération originale entre la médecine libérale et l'hôpital, favorise la prise en charge globale de patients souvent âgés et la continuité des soins. Elle doit être consolidée et développée.
Je souhaite, tout d'abord, renforcer le temps de présence médicale auprès des patients :
- en rendant plus attractif ce mode d'exercice, au delà de l'indemnité généralisée en 2003 qui compense la perte de revenu des médecins libéraux impliqués dans la vie institutionnelle de leur établissement. Les médecins généralistes doivent pouvoir faire bénéficier leurs patients d'une offre variée, grâce à la présence simultanée de lits de médecine et de soins de suite, et au développement des consultations avancées de spécialistes.
- en mutualisant des moyens médicaux entre établissements de santé, par exemple en créant des postes de praticiens hospitaliers partagés.
- en réfléchissant à de nouvelles organisations communes, comme par exemple la mise en place de comités de luttes contre les infections nosocomiales partagés entre plusieurs hôpitaux locaux.
Je souhaite, ensuite, prolonger cette démarche et contribuer à une amélioration continue de la qualité des soins en engageant une réflexion sur deux points-clés du fonctionnement des hôpitaux locaux :
la limitation des actes praticables par les médecins autorisés.
En effet, le code de la santé publique impose aux médecins des hôpitaux locaux, de ne pas dépasser des quotas d'actes en médecine, en soins de suite et en soins de longue durée. (Par exemple : 1,5 acte par semaine en moyenne, en soins de suite). Cette limite est discutable au regard de la qualité des soins prodigués aux patients.
C'est pourquoi j'envisage de modifier le code de la santé publique sur la base de discussions avec les professionnels de santé et les caisses d'assurance maladie. Cette modification aura pour objectif de concilier l'amélioration de la qualité des soins et la maîtrise des dépenses de santé.
la collaboration entre médecins libéraux, médecins salariés et praticiens hospitaliers au sein de l'hôpital local.
Il m'apparaît important de préserver la spécificité du fonctionnement médical de l'hôpital local, qui prend appui sur les médecins généralistes. Je souhaite pourtant que soit recherché un équilibre entre les différentes catégories de praticiens pouvant exercer à l'hôpital local et de réfléchir à d'autres formes d'exercice, de statut ou de rémunérations. Le salariat pourrait ainsi être expérimenté.
Il convient également, à moyen terme, d'aller au delà des recommandations prévues par la circulaire en matière de présence de médecins spécialistes libéraux, et de lever les obstacles réglementaires afin de permettre une généralisation de leur présence.
C'est en ce sens que le décret relatif au fonctionnement médical de l'hôpital local qui date de 1992 sera modifié et rénové d'ici fin 2003, avec l'appui des acteurs concernés.
Enfin, l'hôpital local doit devenir un lieu privilégié de complémentarités
entre les secteurs sanitaire et social
entre la médecine de ville et la médecine hospitalière
entre établissements de santé.
Cette complémentarité est à renforcer pour rompre l'isolement dans lequel certains d'entre eux se trouvent.
Ainsi, la place des hôpitaux locaux dans les réseaux de santé ou médico-sociaux est réaffirmée, de même que leur intégration dans les réseaux de télé-médecine. Leur rôle dans la coordination gérontologique est également souligné.
La complémentarité avec les autres établissements de santé publics ou privé est réaffirmée à travers :
- des conventions que je souhaite rénovées et élaborées de façon bilatérale : il s'agit d'instaurer une démarche d'échanges d'expertises, de compétences et de personnels, dans le cadre d'un partenariat équilibré entre les établissements de santé.
- L'hôpital local ne doit plus être systématiquement placé en situation de demandeur. Ainsi, la circulaire incite les établissements de santé de référence à engager une démarche de conventionnement avec les hôpitaux locaux pour situer et organiser la place de chacun au sein d'une prise en charge donnée.
- La nécessité d'organiser et de formaliser des liens entre commissions médicales d'établissement . La participation réciproque des présidents de CME d'un hôpital local et d'un ou plusieurs établissements de santé de référence aux différentes CME peut être utilement développée.
- Une mutualisation accrue des moyens entre hôpitaux locaux : les directions communes, les équipes logistiques communes, les DIM partagé sont à développer
- Des formations communes entre hôpitaux locaux, mais aussi sous forme d'échange de personnels avec les établissements de référence.
L'ensemble de ces orientations s'adressent aux hôpitaux locaux existants. Pour autant, j'envisage très clairement la création même d'hôpitaux locaux, parfois intercommunaux, ou la transformation de centre hospitalier en hôpital local, sous réserve que les besoins aient été préalablement identifiés et dans le cadre d'une concertation locale approfondie.
Il s'agit d'une étape déterminante pour la reconnaissance et la promotion d'une médecine hospitalière de proximité.
Promouvoir l'hôpital local comme structure originale et incontournable de l'offre de soins, diffuser les bonnes pratiques, s'interroger sur les défis de l'hôpital local et élaborer les moyens de son amélioration, en un mot, bâtir ensemble l'hôpital local de demain, tels sont les objectifs ma politique, traduite en partie dans cette circulaire.
Permettez-moi de conclure en soulignant l'investissement remarquable et de qualité de tous les professionnels de l'hôpital local à nos cotés. Ils ont su, vous avez su, nous convaincre, et ensemble nous avons, je le crois, créé une dynamique et une mobilisation nouvelle.
En vous souhaitant des assises riches en échanges et partages d'expérience, je tiens à vous assurer de tout mon soutien pour franchir les étapes futures du développement et de la modernisation de l'hôpital local.
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-30 12:07:55
Permalien
|
Vendredi 30 mai 2003
SIDA
"Sida Urgence G8" appelle la France à dédier "au moins 500 millions d'euros par an" à la lutte contre l'épidémie PARIS (AP) - Le collectif "Sida Urgence G8", coalition d'organisations mobilisées contre l'épidémie, appelle Jacques Chirac à annoncer au sommet du G8 une contribution financière "d'au moins 500 millions d'euros par an" pour la lutte contre le sida. "Le Sénat américain a récemment validé la proposition de George W. Bush de consacrer 15 milliards de dollars sur cinq ans à la lutte contre le sida dans le monde", rappelle Sida Urgence G8 dans un communiqué, appelant le chef d'Etat français à "réagir à cette offensive des Etats-Unis" et à "débloquer au moins 500 millions d'euros par an", soit "une contribution financière proportionnelle au défi américain". "Alors que Jacques Chirac se pose depuis des années comme le champion de la lutte contre le sida sur la scène internationale (...), la France a jusqu'ici refusé de s'impliquer réellement sur le plan financier", déclare le communiqué. L'appel de la coalition -composée entre autres d'Act Up-Paris, d'Ensemble contre le sida, de Solidarité Sida ou encore de Médecins du monde- a rassemblé "la signature de 165 organisations issues de plus de 35 pays", selon le communiqué. Samedi, la campagne Sida Urgence G8 sera présente au Sommet pour un autre monde tenu à Annemasse (Haute-Savoie), en marge de la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement du G8 à Evian qui débutera dimanche. Un rassemblement sera également organisé dimanche à 17h à Paris, au Champ de Mars, où un compteur géant rappellera la réalité des chiffres des victimes du sida, en présence de jeunes, de sportifs et d'artistes, dont l'acteur-réalisateur Antoine de Caunes. AP kb/com/JmC
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-30 12:02:19
Permalien
|
Vendredi 30 mai 2003
CANCER
Cancer de l’endomètre : la piste génétique
D’après une équipe américaine, des mutations génétiques pourraient être à l’origine du cancer de l’endomètre, la muqueuse qui tapisse la cavité utérine. Cette découverte explique-t-elle le fait que ce cancer semble plus fréquent dans certaines familles ?
Plus de 440 femmes atteintes d’un cancer de l’endomètre ont participé à ce travail réalisé par le Pr Paul Goodfellow et ses collègues, de la Washington University School of Medicine. Ils ont montré que des mutations du gène MSH6, présentes chez 1,6% des femmes qui souffrent d’un cancer de l’endomètre, pourraient être en cause.
Ce travail pourrait ainsi bouleverser l’approche dans le traitement de cette maladie. « Actuellement, les femmes de moins de 50 ans sont traitées sur une base individuelle, sans recommandation particulière pour leur famille. Notre travail pourrait ainsi contribuer à faire évoluer cette approche thérapeutique » concluent les auteurs. Avec peut-être la perspective de recommander un dépistage familial, comme pour les cancers du côlon par exemple.
Sources: Washington University School of Medicine, 12 mai 2003
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-30 11:59:02
Permalien
|
Vendredi 30 mai 2003
DIABETE
Diabète de type 2: l'environnement en cause
PARIS (AP) - Les enfants nés de mères souffrant de diabète pendant leur grossesse ont un risque plus élevé de devenir eux-mêmes diabétiques à l'âge adulte, selon une étude de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).
Cette étude souligne le rôle joué par l'environnement dans la survenue du diabète, un important problème de santé publique.
L'équipe de recherche de Jean-François Gautier a voulu savoir si les enfants portés par une mère souffrant de diabète de type 1 avaient plus de risques de présenter à l'âge adulte une prédisposition particulière au diabète, mais de type 2 cette fois. Le diabète de type 2 est une maladie caractérisée par une obésité chez la majorité des patients. Elle survient à l'âge adulte sous l'influence de facteurs génétiques et environnementaux (alimentation et activité physique, notamment).
Le diabète de type 1, en revanche, est une affection dans laquelle les cellules du pancréas responsables de la production d'insuline (hormone qui permet au sucre de pénétrer dans la cellule) sont détruites. Ce déficit absolu en insuline nécessite un traitement à vie par piqûre d'insuline. Le diabète 1 survient plutôt chez l'enfant ou l'adulte jeune.
L'équipe de Jean-François Gautier a mené son expérience chez 31 adultes jeunes non-diabétiques, et sans diabétique de type 2 dans leur famille: quinze de ces adultes étaient issus de mères diabétiques (type 1) pendant leur grossesse, les seize autres, dont le père était diabétique de type 1, constituaient le groupe contrôle.
Dans un communiqué, les chercheurs précisent que trois paramètres ont été explorés: le pourcentage de graisse corporelle, la résistance à l'insuline (c'est-à-dire la capacité pour un individu de faire pénétrer le sucre dans les tissus), et la sécrétion d'insuline après ingestion de sucre.
Selon ses résultats, les deux premiers critères étaient identiques pour la descendance issue de mère ou de père atteints de diabète de type 1. En revanche, la sécrétion d'insuline après ingestion de sucre, était nettement abaissée dans le premier groupe (celui des mères).
Selon les chercheurs, ces résultats suggèrent que l'environnement in utero joue un rôle dans l'apparition d'un défaut de sécrétion d'insuline, un des principaux critères de prédisposition au diabète de type 2, et ce indépendamment du patrimoine génétique, puisque les deux groupes d'adultes suivis par l'équipe de Jean-François Gautier possédaient un parent atteint du diabète de type 1.
Des résultats qui, selon les chercheurs, restent à confirmer à plus large échelle. AP
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-30 11:58:10
Permalien
|
Vendredi 30 mai 2003
MENINGITE
santé Pour prévenir la méningite en France
Un vaccin anti-pneumocoque
Jean-Michel Bader
[30 mai 2003]
La firme Wyeth-Lederlé a lancé début mai, et jusqu'à la fin de juillet, une campagne de presse radio et presse écrite de promotion de son vaccin anti-pneumococcique Prévenar, inscrit au calendrier vaccinal et efficace chez les enfants de moins de 2 ans. Le but est de vacciner chaque année 1,550 million d'enfants de 2 à 23 mois, au moyen de 10,850 millions de doses.
Selon l'Observatoire national des méningocoques, depuis la disparition des fréquentes méningites à hémophilus (50% des méningites), grâce au vaccin spécifique, le méningocoque (43%) et le pneumocoque (30% des cas) ont occupé le terrain. Et le pneumocoque provoque de 150 à 200 méningites par an en France, dont 80% surviennent avant l'âge de 2 ans. Sa mortalité est de 10%. Et les séquelles, souvent graves et fréquentes, du fait de l'antibiothérapie préalable «à l'aveugle», sont la terreur des services de pédiatrie. La méningite à pneumocoque tue entre 15 et 20 enfants par an dans notre pays, soit un décès de tout-petit toutes les 3 semaines.
Or le pneumocoque, tout un chacun dès la naissance, l'héberge dans son pharynx. Tout enfant est donc «porteur sain». Il se transmet facilement par les goutelettes de salive, lors de la toux et des éternuements. Pour des raisons mystérieuses, le pneumocoque peut passer dans le sang (septicémie), provoquer des pneumonies, et surtout ces méningites redoutables. Ajoutons qu'en France, pays champion du monde de la résistance aux antibiotiques, la résistance des pneumocoques à la pénicilline a été multipliée par 10 en dix ans (en 1997, des pourcentages de résistance de 53% pour les méningites à pneumocoques ont été retrouvés).
Le tableau clinique est souvent peu parlant : un enfant peu fébrile, voire hypotherme, qui refuse le sein ou le biberon. C'est là qu'il faut faire sans tarder le diagnostic, sinon s'installe une véritable coque fibrino-purulente qui entoure le cerveau et qui est produite par le microbe ; les parois des vaisseaux sanguins du cerveau s'épaississent, la circulation du sang se ralentit, voire s'interrompt. Les vaisseaux n'irriguent plus le tissu cérébral qui meurt, infarci ou ramolli. Le cerveau lui-même peut «gonfler» et cet oedème cérébral aggrave la compression des vaisseaux ; malgré les traitements, l'écrasement du cerveau, le coma, l'état de mal convulsif dont est victime l'enfant «et qui dure des heures, voire des jours», précise le Dr Jean Lavaud (SMUR pédiatrique Necker, Paris), sont autant de facteurs de survenue de graves complications cérébrales (hémiplégies, paraplégies, tétraplégies, surdités et cécités corticales).
Le vaccin Prévenar, qui a obtenu en 2001 son autorisation en Europe, est efficace chez les enfants de cette tranche d'âge et semble bien toléré. Il y a même un effet positif indirect, qualifié «d'immunité de troupeau» par les spécialistes. Lorsqu'un pourcentage suffisant d'enfants est vacciné, la circulation du microbe baisse, et protège donc indirectement même les enfants non encore vaccinés. Le prix public de chaque dose est de 64 Û, et la firme, qui bénéficie d'un monopole de fait (aucun autre vaccin de ce type n'est commercialisé par la concurrence) devrait pouvoir tabler sur un marché annuel en France de près de 70 millions d'euros.
Joël Lecomble (Wyeth France) reconnaît que le prix fabricant hors taxes (et hors marges des distributeurs et pharmaciens) a été fixé à 49 euros «du fait de la complexité de ce vaccin qui en comporte en réalité sept d'un coup». Prévenar agit en effet sur les sept sérogroupes de pneumocoques les plus fréquemment responsables d'affections graves. Aux États-Unis, les ventes de Prévenar avaient atteint 292 millions de dollars en 2000 après avoir été lancé en mars et 798 millions de dollars en 2001, soit une progression de 73%.
Mais parce que chaque vie sauvée va coûter 3,5 millions d'euros par an, parce que le programme vaccinal pédiatrique coûte déjà 170 millions d'euros par an à la communauté (Prévenar le renchérissant de 70 millions supplémentaires) et qu'il faudra vacciner pratiquement tous les enfants de ces cohortes (Prévenar est remboursé à 65%), les autorités sanitaires et la firme Wyeth-Lederlé, échaudées par l'affaire du vaccin contre l'hépatite B, ont organisé, aux frais du laboratoire producteur, une cohorte prospective de surveillance des effets secondaires. Le Pr Philippe Reinert et le Dr Robert Cohen (hôpital intercommunal de Créteil) qui présentaient le vaccin Prévenar à la Fondation pour la recherche médicale, sont d'incontournables spécialistes, reconnus par leurs pairs et par les laboratoires.
Ils ont fait tous deux en 2002 une déclaration de collaboration ponctuelle et à des essais cliniques, ainsi que des conférences et des formations médicales continues, pour le compte du laboratoire Wyeth-Lederlé. M. Cohen a également agi comme consultant de la firme. M. George France (Wyeth Lederlé France) nous indique que c'est dans le cadre de la surveillance de la cohorte des vaccinés, réclamée par l'Afssaps, que le Dr Cohen a collaboré comme coordinateur, et le Pr Reinert comme membre du comité scientifique. Le bénéfice de Prévenar semble incontestable dans les pays occidentaux, mais réclame de vacciner des millions d'enfants, la prudence sanitaire et la transparence s'imposent donc.
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-30 10:41:16
Permalien
|
1 Commentaire :
Commentaire écrit le vendredi 1 octobre 2004 à 10:28:23 (lien) pascale vincenti - pascalevincenti@aol.com Avez vous trouvez le vaccin? Sinon je l'ai.
Je n'ose pas le faire a mes enfants
|