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Publié le mardi 27 mai 2003

Mardi 27 mai 2003

SRAS
PNEUMOPATHIE

Un test de dépistage
pour le Sras

Un centre de recherches allemand annonce la mise au point d'un test permettant de détecter la présence d'anticorps de la pneumopathie.

 
Un homme se désinfecte les mains en arrivant à l'hôpital de Toronto (AP)
 
L'Institut Robert Koch, principal centre de recherches médicales d'Allemagne, a annoncé lundi la mise au point d'un test permettant de détecter la présence dans l'organisme d'anticorps de la pneumonie atypique, signe d'une infection par la maladie.
Ce test sanguin, facile à mettre en œuvre, constitue une étape "importante dans le processus d'établissement d'un diagnostic solide de la maladie et de la cause de l'infection", a déclaré le président de l'Institut, Reinhard Kurth.
Les résultats du test permettront de confirmer si un patient atteint des symptôme typiques du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) -fièvre importante, toux, inflammation de la gorge- a été contaminé ou non par le virus. Ces symptômes peuvent être présents plusieurs semaines avant l'apparition d'anticorps dans le sang.
Reinhard Kurth n'a pas précisé quand le nouveau test serait commercialisé.

Toronto : zone affectée

Sur le front de la maladie, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé lundi avoir replacé Toronto sur la liste des zones affectées par le SRAS, sans toutefois déconseiller aux voyageurs de se rendre dans la plus grande ville du Canada.
"Toronto nous a signalés huit cas probables", a expliqué à l'Associated Press un porte-parole de l'OMS, Iain Simpson. "Cette liste est simplement la description d'une réalité objective. Il s'agit d'une liste des endroits avec de récentes transmissions locales" de la maladie, a-t-il ajouté. La capitale de l'Ontario avait été retirée de la liste le 14 mai, mais est désormais confrontée à un apparent regain de l'épidémie. Trois décès dus au SRAS y ont été confirmés. Plus de 2.000 personnes ayant pu être exposées à la maladie sont en quarantaine à leur domicile depuis une dizaine de jours, a déclaré le Dr. Colin D'Cunha, responsable de la santé en Ontario.
Plus de 8.200 personnes ont été contaminées par le SRAS dans le monde depuis novembre 2002 et 729 personnes au moins en sont mortes. Taïwan a rapporté mardi 11 nouveaux cas suspects et quatre décès.
Sur ce total, on recense plus de 150 cas dont 27 décès à Toronto et ses environs.

Nouvelle vague

La nouvelle vague de cas provient apparemment d'un nonagénaire, dont le SRAS remonte à fin avril. L'homme âgé de 96 ans a développé une pneumonie après une intervention chirurgicale dans un service orthopédique du North York General Hospital. Il s'agissait en fait d'un SRAS non diagnostiqué.
Le vieil homme, précisent des responsables canadiens de la santé publique, a ainsi contaminé des soignants de l'hôpital, d'autres patients et des visiteurs du service. Un des patients transférés par la suite dans un centre de rééducation apparaît avoir contaminé à son tour quatre autres personnes. Une enquête est en cours pour le confirmer.
Les autorités sanitaires canadiennes ont de nouveau imposé des mesures de confinement dans les hôpitaux de la région de Toronto, fermant ceux où de nouveaux cas ont été dépistés et limitant les accès aux urgences dans tous les autres.
A l'Hôpital North York, toutes les issues étaient fermées lundi, à l'exception de l'entrée principale. Le personnel et les rares visiteurs portaient des masques et devaient se passer les mains au désinfectant. Leur température était régulièrement contrôlée. (AP)


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-27 12:49:00
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Mardi 27 mai 2003

PIMENTS
Alerte aux piments contaminés

LES POUVOIRS PUBLICS sont toujours à la recherche de plusieurs tonnes de piments contaminés par un colorant cancérigène, le Sudan-1. Ces piments de Cayenne proviennent d'Inde et ont été utilisés dans des charcuteries, comme du chorizo. Hier, le ministère de la Santé a annoncé la publication d'un décret d'interdiction d'importation et de mise sur le marché de tout lot de piments qui ne serait pas accompagné d'une analyse prouvant l'absence de contamination. Par ailleurs, les services de la Concurrence et de la Répression des fraudes et les douanes ont reçu ordre d'intensifier les recherches chez les importateurs de piments. Le Sudan-1, interdit à la consommation humaine en Europe, est utilisé dans certains pays asiatiques pour rendre le piment plus coloré après sa récolte.

Le Parisien , mardi 27 mai 2003

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-27 12:30:40
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Mardi 27 mai 2003

DONS D'ORGANES


La Croix
SCIENCES ET ETHIQUE, mardi 27 mai 2003, p. 13

Dossier. Don d'organes. La greffe, aventure humaine, en appelle au don de vie. REPÔRES. Les derniers chiffres. Trois livres.

Les derniers chiffres

Au 31 décembre 2002, 3 632 greffes ont été réalisées, dont 155 à partir de donneurs vivants. 10 797 patients sont restés en attente de greffe d'organe, dont 7 784 en attente de greffe de rein, et 227 sont décédés avant greffe (résultats préliminaires).

La prochaine campagne grand public sur les greffes aura lieu le 22 juin dans toute la France, sur le thème de l'efficacité des greffes.

Trois livres

La Greffe humaine, sous la direction de Robert Carvais et Marilyne Sasportes, PUF, 1 024 p., 30 Euro. Cet ouvrage remarquable, regroupant quarante contributions de chercheurs en sciences humaines et sociales, se penche sur les principaux enjeux humains de la greffe.

L'Intrus, de Jean-Luc Nancy, Éd. Galilée, 2000, 44 p., 13 Ï. Un livre profond et poétique sur le sentiment d'inquiétante étrangeté que procure la greffe, par l'un de nos philosophes les plus sensibles.

Dans le dédale des dons d'organes, de Claire Boileau, Les archives contemporaines, 2002, 157 p., 21 Ï. Une réflexion ethnologique sur ce qui se passe au moment du prélèvement.

Catégorie : Sciences et techniques; Anecdotes/Société
Sujet(s) - La Croix : DON D'ORGANE; GREFFE; MESURE
Lieu(x) géographique(s) - La Croix : FRANCE
Société(s) : ETABLISSEMENT FRANCAIS DES GREFFES
Type(s) d'article : DOSSIER; REPERES; BIBLIOGRAPHIE
Taille : Court, 139 mots

© 2003 la Croix. Tous droits réservés.

Doc. : 20030527LC0030527LC_inx055


La Croix
SCIENCES ET ETHIQUE, mardi 27 mai 2003, p. 13

Dossier. Don d'organes. La greffe, aventure humaine, en appelle au don de vie. COMMENTAIRE. Vivre d'un autre.

KUBLER Michel

Quand une vie est menacée parce qu'un organe vital défaille, et qu'elle est à nouveau permise par la greffe reçue d'un tiers, comment ne pas applaudir ? Comment ne pas remercier tout à la fois la recherche scientifique qui aura permis cette opération (à peine concevable il y a quarante ans), les équipes médicales qui l'ont réalisée, et, bien sûr, la personne qui aura fait ce cadeau salvateur ? Les greffes sont de ces progrès que nul ne veut voir critiquer, pensant à soi ou aux personnes chères qui, un jour, pourraient en bénéficier. Quiconque a côtoyé ne serait-ce qu'une fois pareil « ressuscité » en reste définitivement convaincu. Mais l'on manque cruellement de donneurs !

Tout n'est pourtant pas si simple. Pour le receveur de la greffe, il n'est pas si aisé de réapprendre à vivre avec l'organe d'un autre. Outre le problème clinique du rejet, il lui faut consentir à dépendre à vie d'autrui, accueillir au plus intime de soi ce corps étranger à apprivoiser, cet « intrus », selon le mot de Jean-Luc Nancy, parlant d'expérience de cette étrangeté qui fait alors irruption en soi. Il y a, du côté des donneurs vivants, cette relation troublante à l'autre qui vit d'une partie de soi ; et, pour la famille d'un donneur décédé, ce deuil compliqué, bien qu'en partie apaisé, par le sentiment diffus que la vie du disparu est prolongée dans un autre que lui.

Du côté de la médecine, les questions ne manquent pas non plus. En matière de discernement : lorsqu'un organe devient disponible, y a-t-il un « bon » choix du bénéficiaire ? Au plan économique : comment évaluer le coût « raisonnable » d'une greffe non vitale ? Sans parler, dans le champ de la recherche, de cette interrogation autant métaphysique qu'éthique au sujet des xénogreffes : que deviendrait un être humain si l'un de ses organes les plus chargés en force symbolique - le coeur, les poumons. - lui était fourni par un animal ?

Michel KUBLER

Catégorie : Sciences et techniques; Anecdotes/Société
Sujet(s) - La Croix : DON D'ORGANE; GREFFE
Lieu(x) géographique(s) - La Croix : FRANCE
Type(s) d'article : DOSSIER; COMMENTAIRE
Taille : Court, 247 mots

© 2003 la Croix. Tous droits réservés.

Doc. : 20030527LC0030527LC_inx053


La Croix
SCIENCES ET ETHIQUE, mardi 27 mai 2003, p. 13

Dossier. Don d'organes. La greffe, aventure humaine, en appelle au don de vie. Dix ans après la création de l'Établissement français des greffes, la France veut faire de la greffe un objectif de santé publique pour tenter de remédier au manque de greffons.

GOMEZ Marianne

Avec un peu d'avance sur le calendrier, l'Établissement français des greffes (EFG), créé en janvier 1994, célèbre aujourd'hui ses dix ans d'existence. Cet anniversaire coïncide avec le projet, inclus dans la révision des lois bioéthiques, de faire de la greffe une priorité de santé publique. Il y a urgence, en effet. Car si le secteur de la greffe a été redressé et assaini, il bute toujours sur le problème majeur du manque de greffons.

« Nous sommes nés dans une période de crise », se souvient le professeur Didier Houssin, président de l'EFG. Le mot n'est pas trop fort. Au début des années 1990, le secteur des greffes, en pleine tourmente, tangue dangereusement. Il y a d'abord les « affaires », qui n'en finissent pas d'alimenter la suspicion. Celle du sang contaminé, mais aussi celle d'Amiens : en 1991, des parents qui avaient accepté que l'on prélève des organes sur le corps de leur fils découvrent que l'hôpital leur a menti sur le nombre et la nature des organes prélevés. Ce ne sont pas quatre, mais une dizaine de prélèvements qui ont été effectués, dont ceux des deux cornées. Ils apprendront ainsi que les globes oculaires de leur fils ont été énucléés.

L'Établissement français des greffes a moralisé le secteur

C'est le début d'une longue période de défiance qui se traduira par une chute de 30 % des prélèvements de cornée entre 1991 et 1994. Parallèlement, les dons d'organes plongent eux aussi de 20 %, après que la presse s'est fait l'écho de suspicions de trafics de priorités et a révélé que certains centres greffent jusqu'à 80 % de patients non résidents, alors que l'on n'arrive même pas à satisfaire les besoins nationaux.

Dix ans plus tard, cette sombre période n'est plus qu'un mauvais souvenir. L'EFG, agence gouvernementale créée pour rétablir la situation, a moralisé le secteur. Et les résultats sont là : depuis la fin des années 1990, la courbe des prélèvements est repartie à la hausse, signe que la confiance est revenue. Le plan greffe adopté en 2000 a permis de passer de 15 à 20 prélèvements par million d'habitants fin 2002, et l'an dernier, les 1 198 prélèvements ont même été atteints (contre 1 066 en 2001), un niveau record dépassant pour la première fois celui de. 1989. Mais, dans le même temps, 10 797 patients restent inscrits en attente de greffe. Et l'an dernier, 227 d'entre eux sont décédés avant d'avoir pu recevoir l'organe salvateur. Toujours à cause d'un manque de greffons.

Les raisons de cet écart persistant entre l'offre et la demande sont multiples. Elles tiennent d'abord à la rareté de l'état de « mort encéphalique » ou « mort à coeur battant », seul compatible avec le don d'organe (1). Celle-ci ne s'observe que dans 1 % des décès hospitaliers, ceux qui surviennent en réanimation après un traumatisme crânien, un accident vasculaire-cérébral, un suicide ou un accident de la route, par exemple. Les « pourvoyeurs » potentiels de greffons sont donc, à la base, en nombre limité. En outre, ils ne sont pas toujours prélevés, pour des raisons d'organisation ou de réticence des équipes médicales. « Ce n'est pas facile pour les équipes de passer du « on peut le sauver » à « on va le prélever », analyse Didier Houssin.

En 1994, de nouvelles règles protègent la volonté du défunt

Le prélèvement se heurte ensuite à un certain nombre de refus, de l'ordre de 30 %. Avant 1994, ceux-ci ne pouvaient pas s'exprimer, car la loi Caillavet stipulait que toute personne n'ayant pas fait connaître de son vivant son opposition au prélèvement était présumée consentante. En 1994, ces règles ne faisant plus l'unanimité, le législateur en a fixé de nouvelles. Aujourd'hui, toute personne opposée au prélèvement peut s'inscrire sur un registre national des refus que les médecins sont tenus de consulter. En outre, deuxième garde-fou, lorsqu'une personne ne se trouve pas sur le registre, les médecins doivent recueillir le « témoignage » de sa famille, pour être sûrs de ne pas aller contre la volonté du défunt. C'est là que surgissent les refus.

Ceux-ci ont plusieurs causes, complexes et entremêlées. Claire Boileau, anthropologue, a interrogé de manière approfondie, dans le cadre d'une recherche, une quarantaine de personnes sollicitées pour un don. Selon elle, l'opposition au prélèvement relève de trois grandes causes. Il y a d'abord la confrontation brutale au deuil : « Certaines familles réalisent que leur proche est mort quand on leur parle du prélèvement ! Les deux annonces se télescopent alors, rendant difficile la prise de décision rapide qu'on leur demande. »

Puis le rejet du morcellement corporel qu'implique le prélèvement, « vécu à la fois comme une violence faite au corps et comme une réduction de la personne à ce même corps ».

Il y a, enfin, la question de la volonté du défunt, qui n'est pas toujours connue. « Et même si la famille sait ce qu'il aurait souhaité, il lui arrive de refuser, pour éviter des conflits intra-familiaux. »

Le don ne va pas de soi car il est vécu comme une atteinte au mort

Compte tenu de ces éléments, le sociologue Patrick Baudry, spécialiste de la mort, s'étonne que l'on soit surpris du nombre de refus : « Le don ne va pas du tout de soi, car il est vécu comme une atteinte au mort. Par ailleurs, il peut faire craindre, imaginairement, qu'une partie de la personne morte survive dans une autre. Or, toutes les cultures s'organisent pour bien différencier les morts des vivants. C'est la fonction des rites funéraires. Le mélange, la confusion possible entre la mort et la vie réactive ainsi des angoisses fondamentales, comme la crainte que le mort puisse saisir le vif. »

Est-ce à dire que les 30 % d'opposition (un pourcentage qui n'a guère varié depuis 1995) représentent un taux incompressible ? Ces observateurs ne sont pas loin de le penser.

Un homme, pourtant, est déterminé à inverser la tendance. Le député (UMP, Val-de-Marne) Pierre-Louis Fagniez, rapporteur des lois bioéthiques, veut profiter de la deuxième lecture du texte devant l'Assemblée nationale pour faire de la greffe une priorité nationale. Il avance plusieurs propositions (lire ci-dessous). Avec un espoir : que l'appel aux sentiments d'altruisme et de solidarité donne le moyen de dépasser des inquiétudes éminemment humaines.

M. G.

1) Il y a deux façons de mourir, par arrêt du coeur ou par cessation d'activité du cerveau, cette dernière aboutissant au bout de quelques heures à l'arrêt cardiaque. Les patients décédant d'un arrêt cardiaque ne peuvent être prélevés, puisque leurs organes, n'étant plus irrigués, se détériorent immédiatement.

Faire du don une priorité

Pour favoriser la greffe, Pierre-Louis Fagniez propose, entre autres, de modifier le recueil du témoignage de la famille, de sorte qu'il exprime vraiment la volonté du défunt (en lui demandant par exemple : « la personne avait-elle dit non de son vivant ? ») ; de renforcer l'obligation de restauration du corps ; de transformer l'autorisation de prélèvement en obligation de service public, ou encore de développer des lieux de mémoire en hommage aux donneurs.

Catégorie : Sciences et techniques; Anecdotes/Société
Sujet(s) uniforme(s) : Maladies, traitement et prévention
Sujet(s) - La Croix : DON D'ORGANE; GREFFE; MESURE
Lieu(x) géographique(s) - La Croix : FRANCE
Société(s) : ETABLISSEMENT FRANCAIS DES GREFFES
Type(s) d'article : DOSSIER
Taille : Long, 852 mots

© 2003 la Croix. Tous droits réservés.

Doc. : 20030527LC0030527LC_inx054


La Croix
SCIENCES ET ETHIQUE, mardi 27 mai 2003, p. 14

Dossier. Don d'organes. La greffe, aventure humaine, en appelle au don de vie. Débat. Faut-il plus de prélèvements sur donneurs vivants ? Ce type de greffes donne de très bons résultats. Interview : Professeur Bernard Charpentier, Chef du service de néphrologie à l'hôpital Bicêtre.

GOMEZ Marianne

« En France, les premières tentatives de transplantation rénale des années 1950 ont été réalisées avec des donneurs vivants. Il s'agit donc d'une vieille tradition. Les parlementaires ont récemment débattu de l'opportunité d'étendre le prélèvement sur donneurs vivants au-delà du cercle de la proche famille. Personnellement, même si je pense que les efforts doivent prioritairement porter sur l'amélioration du prélèvement sur cadavre, j'y suis favorable, dans la mesure évidemment où l'on se donne un certain nombre de règles pour éviter toute dérive.

Pourquoi ? La France ne réalise malheureusement pas suffisamment de prélèvements cadavériques pour couvrir les besoins en greffes. Actuellement, la mort cérébrale (NDLR : celle qui permet le prélèvement) ne s'observe que dans 1 % des décès hospitaliers, et il est difficile de mobiliser en permanence les équipes qui assureront le prélèvement d'organes qui permettraient de sauver un patient en attente de greffe. Nous manquons donc de greffons. La greffe réalisée avec donneur vivant est celle qui donne les meilleurs résultats, et de loin. Cinq ans après transplantation, la survie d'un greffon rénal est de 10 à 20 % supérieure lorsque le don provenait d'un vivant. Sans oublier que faire appel à un donneur vivant permet de raccourcir le délai d'attente pour le receveur, ce qui contribue également à augmenter les chances de réussite de la greffe.

Car plus l'on attend pour transplanter, plus l'état général du patient, se dégrade.

La loi française accepte le don d'organes du premier cercle des proches : père, mère, frère ou soeur, mais pas celui provenant des cousins. Et elle n'admet qu'à titre exceptionnel le don entre époux, refusant celui entre concubins ou pacsés. Or il arrive que ces personnes veuillent donner, et nous sommes obligés de leur refuser, alors même que nous manquons de greffons ! Prenez l'exemple des couples : ce sont eux qui vivent au jour le jour avec la maladie quand un conjoint est concerné. Cette proximité légitime leur candidature au don. Bien sûr, il faut éviter tout risque de pression sur le donneur. La loi a déjà prévu des garde-fous. Nous-mêmes sommes très attentifs, et au moindre doute, nous interrompons le processus. On pourrait même prévoir qu'un comité d'experts joue le rôle « d'avocat » du donneur. Si toutes ces conditions sont réunies, il me semble que rien ne s'oppose à ce que l'on s'ouvre davantage aux donneurs vivants ».

Recueilli par Marianne GOMEZ

Catégorie : Sciences et techniques; Anecdotes/Société
Sujet(s) uniforme(s) : Hôpitaux, soins hospitaliers et urgences; Maladies, traitement et prévention
Sujet(s) - La Croix : DON D'ORGANE; GREFFE; MESURE
Lieu(x) géographique(s) - La Croix : FRANCE
Nom(s) propres(s) : CHARPENTIER Bernard
Société(s) : ETABLISSEMENT FRANCAIS DES GREFFES
Type(s) d'article : DOSSIER; INTERVIEW
Taille : Moyen, 327 mots

© 2003 la Croix. Tous droits réservés.

Doc. : 20030527LC0030527LC_inx056


La Croix
SCIENCES ET ETHIQUE, mardi 27 mai 2003, p. 14

Dossier. Don d'organes. La greffe, aventure humaine, en appelle au don de vie. Débat. Faut-il plus de prélèvements sur donneurs vivants ? Cela pose plus de problèmes que cela n'en résout. Interview : Pierre-Louis Fagniez, député (UMP, Val-de-Marne), rapporteur du projet de loi sur la bioéthique.

GOMEZ Marianne

« Recourir aux donneurs vivants permet d'élargir les indications de la greffe tout en mobilisant un beau geste de solidarité. C'est pourquoi, en tant que chirurgien, j'aurais tendance à y être favorable. Mais en tant que parlementaire, je suis opposé à l'augmentation de ce type de prélèvements, pour trois raisons. D'abord, le prélèvement fait courir un risque non négligeable au donneur. Le risque de mortalité consécutif par exemple au prélèvement d'un foie est de 1 % (risque anesthésique, complications post-opératoires, etc.). Quant à la morbidité, elle peut atteindre 15 à 20 %. Il est tout de même problématique qu'une intervention médicale, qui n'est justifiée par aucune nécessité thérapeutique, crée une pathologie chez quelqu'un initialement en bonne santé. Un autre problème, moins souvent évoqué, tient au devenir psychologique du donneur. Au début, celui-ci est tout auréolé de son geste. Un élan de solidarité, d'affection entoure le don. Mais par la suite, une période difficile peut survenir, ainsi que l'attestent plusieurs études. Les psychiatres expliquent que, de « sujet », le donneur devient « objet ». Parfois, des conflits surgissent, une relation complexe s'installe. Le donneur se prend à penser qu'il aurait dû être payé ; le receveur, avec le temps, est moins reconnaissant, etc. Bref, l'après-don peut être problématique. Le troisième élément est l'argent.

Le soi-disant « don » peut être monnayé. Nous avons des exemples d'arrangements au sein des familles : je te donne tel organe, en échange, tu me cèdes ta part d'héritage. Des pressions psychologiques de tous ordres peuvent aussi s'exercer sur le donneur.

Pour toutes ces raisons, il me paraît déraisonnable d'envisager le recours au donneur vivant comme une alternative au prélèvement sur cadavre. La vraie réponse à la pénurie d'organes en France n'est pas là, mais dans une réorganisation du secteur de la greffe. Car si l'on manque d'organes, ce n'est pas parce le nombre de morts encéphaliques serait insuffisant, mais parce que la moitié d'entre eux ne sont pas prélevés (1). Il faut donc en priorité remédier à ce problème persistant, au lieu de chercher à le compenser en sollicitant les donneurs vivants, qui ne doivent être utilisés qu'à bon escient, dans des indications marginales pour lesquelles la greffe cadavérique n'est pas envisageable.

(1) Les décès encéphaliques sont ceux qui peuvent donner lieu à prélèvement.

Catégorie : Sciences et techniques; Anecdotes/Société
Sujet(s) uniforme(s) : Maladies, traitement et prévention
Sujet(s) - La Croix : DON D'ORGANE; GREFFE; MESURE
Lieu(x) géographique(s) - La Croix : FRANCE
Nom(s) propres(s) : FAGNIEZ Pierre-Louis
Société(s) : ETABLISSEMENT FRANCAIS DES GREFFES
Type(s) d'article : DOSSIER; INTERVIEW
Taille : Moyen, 313 mots

© 2003 la Croix. Tous droits réservés.

Doc. : 20030527LC0030527LC_inx057


La Croix
SCIENCES ET ETHIQUE, mardi 27 mai 2003, p. 14

Dossier. Don d'organes. La greffe, aventure humaine, en appelle au don de vie. Les espoirs déçus de la xénogreffe. Depuis un siècle, les scientifiques ont tenté sans succès de greffer chez l'homme des organes d'origine animale. Depuis quelques années, les risques de transmission d'agents infectieux ont mis un frein à cette technique destinée à pallier la pénurie d'organes humains.

BIENVAULT Pierre

C'est un vieux projet qui, depuis plus d'un siècle, a fait vibrer de nombreux scientifiques. Sans aucun succès pour l'instant. Toutes les tentatives de xénogreffe, c'est-à-dire de greffe d'un organe animal chez l'homme, ont en effet échoué les unes après les autres. Et aujourd'hui, sans avoir totalement renoncé, la communauté scientifique est dans l'expectative. « L'enthousiasme apparu il y a une quinzaine d'années est désormais largement retombé », reconnaît le professeur Philippe Wolf, chef du service de chirurgie générale et transplantation multi-organes au CHU de Stasbourg.

Le principal intérêt de la xénogreffe serait bien sûr de pallier la pénurie d'organes humains. « Si la technique était maîtrisée, cela permettrait sans aucun doute de sauver des vies. Disposer d'organes d'origine animale permettrait aussi de pouvoir greffer au bon moment et d'éviter la dégradation de l'état du patient, en attente d'une greffe d'origine humaine. Cela serait enfin précieux en cas d'urgence lorsqu'il faut trouver un foie dans les vingt-quatre heures », explique le professeur Wolf.

La première tentative remonte à 1905, à Lyon

La première véritable tentative de xénotransplantation a eu lieu à Lyon en 1905, lorsque Mathieu Jaboulay tenta, sans succès, de greffer un rein de chèvre chez l'homme. Dans les années 1920, à Paris, un médecin d'origine russe, Serge Voronoff, défraya la chronique en greffant des tranches de testicules de chimpanzé chez des hommes d'âge plutôt mûrs, désireux de retrouver une certaine vigueur sur le plan physique. « L'histoire dépasse le simple cadre de l'anecdote, puisque Voronoff a quand même procédé à près de 2 000 greffes de ce type. Il avait même monté d'immenses animaleries où il puisait ses testicules de singe », raconte le professeur Yvon Lebranchu, chef du service de transplantation rénale au CHU de Tours. « Plusieurs personnages célèbres ont eu recours à ces greffes, en particulier Charles Mauras, qui en était tellement content qu'il voulut en faire une deuxième. Comme cela coûtait fort cher, il lança même une souscription auprès des lecteurs de L'Action française pour l'aider à mener à bien ce projet », ajoute le professeur Lebranchu.

Plus près de nous, dans les années 1960, en particulier aux États-Unis, plusieurs greffes ont été tentées avec des reins ou des coeurs de chimpanzé ou de babouin. Mais à chaque fois, la survie du receveur n'est pas allée au-delà de quelques heures ou quelques jours. Une seule équipe, en 1963 aux États-Unis, est parvenue à obtenir une survie de neuf mois avec des reins de chimpanzé.

Au milieu des années 1990, la communauté scientifique a repris sérieusement espoir avec la publications de travaux permettant de mieux maîtriser les mécanismes de rejet des organes animaux par le receveur humain. Mais cet espoir a été déçu, aucune équipe dans le monde n'étant parvenu à ce jour à réussir durablement une xénotransplantation. Surtout, un véritable tournant s'est produit à la fin des années 90 : de nombreux virologues ont tiré la sonnette d'alarme, mettant en garde contre les risques de transmission d'agents infectieux de l'animal à l'homme, en particulier de rétrovirus présents dans le génome du porc, animal désormais choisi en priorité pour les tentatives de xénogreffes. En plein débat sur la vache folle, la crainte de voir apparaître de nouvelles maladies, après un franchissement de la barrière d'espèces, a été prise au sérieux par les responsables politiques. En France, par exemple, depuis une loi votée en 1998, toute tentative de xénogreffe doit faire l'objet d'une autorisation spéciale délivrée par le ministre de la santé. Et en 1999, le Conseil de l'Europe a proposé un moratoire sur cette pratique.

Les xénogreffes violent la frontière entre homme et animal

Dans un avis du 11 juin 1999, le Comité d'éthique, sans s'opposer à cette technique, soulevait diverses interrogations posées par la pratique de la xénotransplantation. « Toute greffe brise la frontière habituellement inviolée entre le soi et le non-soi, et la répercussion psychologique de ce « viol » a été bien étudiée, dans le cas des allogreffes, notait par exemple le Comité. Mais les xénogreffes violent en plus la frontière entre l'homme et l'animal, avec toute la signification qui s'y attache. L'individu qui arrive à transcender le niveau purement organique de son être et qui estime que l'essence de son humanité est sa pensée, qui permet précisément cette transcendance, n'aura pas ou peu de réticence à l'égard d'un greffon animal. · l'inverse, celui qui refuse ou n'arrive pas à faire la différence entre son humanité et son être matériel, n'acceptera pas la xénogreffe. Il aura le sentiment que le greffon l'amène au niveau d'une chimère homme-animal dans laquelle son humanité se dilue dangereusement. »

Pierre BIENVAULT

Catégorie : Sciences et techniques; Anecdotes/Société
Sujet(s) uniforme(s) : Maladies, traitement et prévention; Santé publique et condition physique
Sujet(s) - La Croix : DON D'ORGANE; GREFFE; MESURE; RECHERCHE MEDICALE; ANIMAL
Lieu(x) géographique(s) - La Croix : FRANCE
Société(s) : ETABLISSEMENT FRANCAIS DES GREFFES
Type(s) d'article : DOSSIER
Taille : Moyen, 604 mots

© 2003 la Croix. Tous droits réservés.

Doc. : 20030527LC0030527LC_inx058


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-27 11:44:34
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Mardi 27 mai 2003

SATURNISME


La Croix
L'ESSENTIEL, mardi 27 mai 2003, p. 2

Les risques de saturnisme devront être constatés.

250 000 enfants seraient exposés au saturnisme. Cette maladie est liée au plomb présent notamment dans les peintures des logements anciens. Ce métal lourd pénètre dans l'organisme par voie digestive ou pulmonaire, et peut compromettre le développement physique, intellectuel et psychomoteur des enfants. Le directeur général de la santé, Lucien Abénaïm, a annoncé hier que les nouveaux contrats de location des logements construits avant 1948 et les appartements à vendre devront bientôt comporter un « constat de risque » d'exposition au plomb.

Catégorie : Actualités
Type(s) d'article : BREVE
Taille : Court, 69 mots

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Doc. : 20030527LC0030527LC_inx010


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-27 11:36:13
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Mardi 27 mai 2003

HEPATITE C
Hépatite C : la drogue et… encore la drogue

L’Institut de Veille sanitaire (InVS) publie les résultats de la surveillance épidémiologique de l’hépatite C (VHC) en France. Des progrès sont encore nécessaires dans le dépistage et la prise en charge, surtout parmi les usagers de drogues injectables…

L’activité de dépistage des laboratoires d’analyse de biologie médicale (LABM) a augmenté de 10% entre 2000 et 2001. Cependant, ce résultat doit être nuancé. Car il a été obtenu parallèlement à une incitation au dépistage. Quant à la prise en charge clinique et thérapeutique des patients, elle est devenue plus précoce et logiquement, le nombre de nouveaux cas traités a augmenté. Il est ainsi passé de 8 000 en 1998 à 10 000 en 2001.

Toutefois, pour plus d’un tiers des patients atteints d’hépatite chronique la découverte d’une séropositivité a été fortuite. Dans un cas sur trois, le dépistage a été réalisé du fait de l’existence connue d’un facteur de risque. Pour les responsables de l’InVS, « la précocité du dépistage peut donc encore être améliorée. »

Selon l’InVS, les deux facteurs de risque les plus fréquents sont des antécédents de transfusion sanguine, et/ou d’utilisation de drogues par voie intraveineuse. L’absence totale de l’un ou de l’autre facteur n’est documentée que dans 10% à 14% des cas. Les résultats observés sur une cohorte d’usagers de drogues injectables montrent que la prévalence du VHC reste toujours très élevée parmi cette population (73%) et que ce réservoir est d’une telle importance qu’il continue d’alimenter la transmission.

Sources: BEH, n°16-17/2003

(Destination Santé)
Rubrique : Santé
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ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-27 11:13:18
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Mardi 27 mai 2003

MENOPAUSE
Médecine et santé

Traitements de la ménopause : pas de bénéfice pour le cerveau

 

Plus que jamais, la prescription d’un traitement hormonal substitutif (THS) de la ménopause doit être décidée au cas par cas et réévaluée régulièrement, affirme l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS). A l’origine de cette recommandation (réitérée), de nouveaux résultats issus de la vaste étude américaine sur l’effet des THS sur les femmes ménopausées (WHI, Women’s Health Initiative).

Après avoir révélé un risque accru de cancer du sein, cette étude montre que le risque de démence est plus élevé chez les femmes de plus de 65 ans recevant la combinaison œstrogène-progestatif. Ces résultats sont publiés dans le Journal of the American Medical Association daté du 28 mai.

Plus de 4.500 femmes ont participé à l’étude sur les fonctions cognitives (WHIMS). Une partie des volontaires recevait le traitement hormonal (œstrogène conjugué équin et acétate de médroxyprogestérone), l’autre partie un placebo. L’équipe de Sally Schumaker a diagnostiqué 61 cas de démence sur l’ensemble du groupe, 40 chez celles recevant le traitement, 21 chez les autres. Conclusions : la combinaison œstrogène-progestatif aggrave le risque de démence et ne prévient pas les problèmes cognitifs moins graves. Des résultats confirmés par la seconde étude.

Le rapport bénéfices/risques des THS penche de plus en plus du mauvais côté. Une troisième étude publiée par le JAMA constate que le THS prescrit dans le cadre du WHI augmente le risque d’ischémie cérébrale.

Arrêtée l’été dernier, la WHI teste une certaine combinaison de THS, prescrite aux Etats-Unis, mais qui diffère de celle utilisée en France (cf Sciences et Avenir de janvier 2003). En attendant les résultats d’une étude française, l’AFSSAPS prêche la prudence.

Cécile Dumas
(27/05/2003)


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-27 10:08:05
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Mardi 27 mai 2003

TABAC
SANTE

Mattéi lance l'offensive
antitabac

Le ministre de la Santé a annoncé une hausse du prix des cigarettes de 17 à 25%, sans préciser la date, pour faire baisser la consommation.

 
Jean-François Mattéi

Rendre plus difficile l'accès au tabac, dissuader les non-fumeurs de commencer à fumer, aider les fumeurs à arrêter: le ministre de la Santé Jean-François Mattei a présenté mardi à la presse les principales actions engagées ou à venir, annonçant notamment une nouvelle hausse du paquet de cigarette de 17% à 25%.
"Depuis le début de l'année, le gouvernement a déclaré la guerre au tabac. Cette guerre sera sans concession", a averti M. Mattei, qui a annoncé une augmentation du paquet de cigarettes "de 17 à 25%", sans préciser la date. "Nous continuerons à augmenter tant que nous n'aurons pas obtenu notre objectif à cinq ans. Il n'y a pas de limites à cet égard", a-t-il ajouté.

Baisse de 30% en cinq ans

Le plan cancer détaillé par Jacques Chirac au mois de mars s'est en effet fixé pour objectif de réduire de 30% en cinq ans le tabagisme des jeunes et de 20% celui des adultes.
Pour l'épidémiologiste Catherine Hill, "accroître le prix du tabac est une mesure de santé publique efficace, car elle entraîne automatiquement une réduction de la consommation". "Une augmentation du prix de 20% induira une réduction de la consommation de 6%, une augmentation de 25%, une réduction de 7,5%", souligne-t-elle dans un numéro thématique du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) consacré à la Journée mondiale sans tabac du 31 mai.

Accès plus difficile

Mais "rendre plus difficile l'accès au tabac, c'est aussi interdire la vente des paquets de 10 ou 15 cigarettes" et "interdire la vente de tabac aux mineurs de moins de 16 ans", a estimé M. Mattei. Cette mesure qui n'a pas été retenue par l'Assemblée nationale sera "représentée aux parlementaires dans le cadre du projet de loi relatif à la politique de santé publique, en allégeant les sanctions initialement prévues pour les débitants en cas d'infraction".
Pour aider les fumeurs à arrêter, le ministre de la Santé s'est engagé à créer dans les deux ans qui viennent seize nouvelles consultations anti-tabac. Par ailleurs, le budget 2003 consacré aux associations s'élèvera à sept millions d'euros contre 400.000 euros les années précédentes. Enfin, la recherche sur le tabac, insuffisamment développée en France, fera partie des thèmes prioritaires.


Nouvelle campagne

En attendant, à l'approche de la Journée mondiale sans tabac de samedi, une nouvelle campagne de communication ("C'est surprenant tout ce qu'on peut mettre dans une cigarette") sera diffusée à la télévision, à la radio et par voie d'affichage. Elle a été réalisée avec l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES).
Un spot télé qui énonce les produits contenus dans la cigarette et associe l'univers du fumeur à celui d'une poubelle sera diffusé dès mercredi et jusqu'au 29 juin sur les grandes chaînes de télévision. Les spots s'accompagnent d'une campagne d'affichage associant la cigarette à des fûts chimiques. Par ailleurs, une campagne radio mettra l'accent sur la contradiction entre l'utilisation d'essence sans plomb et l'inhalation de fumée qui en contient.

"Cinéma et mode sans tabac"

En retenant "cinéma et mode sans tabac" comme thème de la Journée mondiale sans tabac 2003, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) entend sensibiliser les secteurs de la mode et du cinéma à l'influence qu'ils peuvent avoir sur l'opinion publique, et notamment sur les jeunes et les femmes.
"D'après l'enquête réalisée avec la Ligue nationale contre le cancer et le Centre national du cinéma, c'est dans les films français que les acteurs fument le plus, et une marque identifiable de tabac apparaît encore dans 31% des films", a indiqué Jean-François Mattei.
Le tabac tue en France chaque année plus de 60.000 personnes, avec une augmentation régulière chez les femmes. Il représente 12% du total des décès, la moitié de ces 12% étant liés au cancer. (AP)

COMMUNIQUE

Tabac : L'offensive

  • A l'occasion de la Journée Mondiale sans tabac, Jean-François Mattei, Ministre de la santé, de la famille et des personnes handicapées détaille les axes de l'action gouvernementale contre le tabac et lance une nouvelle campagne :

Rendre de plus en plus difficile l'accès au tabac :
- poursuivre l'augmentation des taxes sur le tabac ;
- réduire l'accès du tabac aux jeunes par l'interdiction de vente aux moins de 16 ans et l'interdiction de vente des paquets de moins de 19 cigarettes ;

Dénormaliser le tabac dans la société française :
- avertissements sanitaires inscrits sur les paquets de cigarettes ;
- renforcer l'application de la loi Evin : respect des zones non fumeurs dans les lieux collectifs et interdiction de toute publicité ou promotion du tabac ;
- promouvoir les programmes "Ecole sans tabac" et "Hôpital sans tabac";
- lutter contre les représentations positives du tabac dans les médias ;

Encourager l'arrêt du tabac :
- mobiliser les professionnels de santé dans la prise en charge des fumeurs ;
- diffuser les recommandations de bonnes pratiques pour l'aide à l'arrêt du tabac (Afssaps
(1)) ;
- mettre en place des consultations anti tabac dans l'ensemble des départements et encourager l'implantation de ces consultations notamment dans les maternités et les lieux de travail ;
- renforcer la téléphonie sociale pour l'aide à l'arrêt (Tabac info service : 0825 309 310) ;
- évaluer, dans une région pilote, l'intérêt du remboursement partiel des substituts nicotiniques ;

Renforcer l'aide de l'Etat aux associations luttant contre le tabac

Soutenir la recherche sur le tabac

Contribuer à la mobilisation internationale

  • Une nouvelle campagne de communication grand public "C'est surprenant tout ce qu'on peut mettre dans une cigarette".
    Elle se décline en :
    - un film qui rappelle les produits contenus dans la cigarette et associe l'univers du fumeur à celui de la poubelle (large diffusion du 28 mai au 29 juin) ;
    - une campagne d'affichage qui associe la cigarette à des fûts chimiques et dénonce sa haute toxicité (diffusion sur les réseaux d'affichage nationaux grands formats du 26 au 3 juin) ;
    - une campagne radio "plomb de la cigarette, essence sans plomb" qui interpelle l'automobiliste fumeur pour pointer la contradiction à utiliser de l'essence sans plomb et à continuer à avaler celui qui se trouve dans la fumée de cigarette (diffusion le 31 mai, du 28 mai au 1er juin et du 6 au 9 juin).
  • Les professionnels de la mode et du cinéma se mobilisent aux côtés du ministère de la Santé et de l'INPES pour célébrer le thème de la Journée mondiale : "Mode et cinéma sans tabac". Une étude menée par la Direction générale de la santé en association avec la Ligue nationale contre le cancer, le Centre national du cinéma et l'institut Ipsos montre que ce sont dans les films français que la représentation de personnages en train de fumer est la plus fréquente.

(1) Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé

Contact presse :
Cabinet de Jean-François Mattei : Mathieu Monnet, 01 40 56 40 12, mathieu.monnet@sante.gouv.fr
DGS : Laurence Danand : 01 40 56 62 62, laurence.danand@sante.gouv.fr

INPES : Hélène Monard : 01 41 33 33 06, helene.monard@inpes.sante.fr


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-27 10:03:50
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MEDECINE PAR ERIC JL BRETON