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Publié le vendredi 23 mai 2003
Vendredi 23 mai 2003
ESPERANCE DE VIE
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 La Croix SOCIETE, jeudi 22 mai 2003, p. 4
DOSSIER. Mortalité. Les Français inégaux devant l'espérance de vie. SOCIAL. Le gouvernement propose de calculer l'âge de la retraite en fonction de l'espérance de vie. Celle-ci présente des disparités très importantes. Le rejet de la réforme des retraites prend de l'ampleur. L'appel à la mobilisation, dimanche, devrait être relayé par une nouvelle série de grèves.
GOMEZ Marianne
ENQUÒTE
Aujourd'hui, à 35 ans, un cadre de la fonction publique, un artiste, un intellectuel peuvent encore espérer vivre quarante-six ans de plus, soit jusqu'à 81 ans. · l'autre bout de l'échelle, un employé travaillant pour les services directs aux particuliers n'a plus que trente-six ans et demi devant lui et un ouvrier non qualifié, trente-sept ans. C'est ainsi : les Français ne sont pas égaux devant la mort. « Les risques de décès varient selon le milieu social », observe Annie Mesrine, de l'Insee (1). Le constat n'est pas neuf, il date des années 1960. L'étonnant est qu'il reste toujours valable aujourd'hui, en dépit des progrès médicaux réalisés depuis lors et d'une amélioration globale des conditions de travail. Pire : en quarante ans, les inégalités ont même eu tendance à se creuser, signe qu'elles témoignent de tendances lourdes, qui n'évolueront probablement pas de sitôt.
Depuis le début du XXe siècle, l'espérance de vie s'est accrue de façon impressionnante. Nous avons gagné en moyenne un an tous les quatre ans. Mais une analyse plus fine montre que ce gain n'a pas profité de manière identique à tous. Ainsi entre les années 1960 et 1980, l'espérance de vie des cadres supérieurs a progressé de 2,3 ans tandis que celle des manoeuvres n'évoluait que de 1,6 an, selon une étude publiée en 1993 par l'Insee (2). « Depuis, tout laisse à penser que ces écarts ont persisté », commente l'auteur de l'étude, Guy Desplanques, chef du département démographie de l'Insee.
Les comportements en cause plus que les professions
· quoi faut-il les attribuer ? Pour Guy Desplanques, le principal facteur en cause n'est pas l'exercice de telle ou telle profession mais un type de comportement : habitudes alimentaires ou de consommation, prises de risque inconsidérées, moins grande attention accordée à la prévention. Ainsi, les catégories socio-professionnelles (CSP) les moins favorisées sont aussi celles où l'on retrouve les plus fortes proportions d'addictions au tabac ou à l'alcool, ou encore la plus forte mortalité par accident de la route.
Ces constats peuvent aussi expliquer la plus grande longévité des femmes, qui vivent en moyenne jusqu'à 82,5 ans, contre 75 ans pour les hommes. Même si l'on ne peut rien affirmer, c'est un fait que les femmes ont globalement moins de comportements à risques et qu'elles se prêtent plus volontiers que les hommes à une surveillance médicale. Il y a d'ailleurs moins d'inégalité entre elles qu'entre les hommes, puisque l'écart d'espérance de vie entre une femme cadre et une femme ouvrière n'est que de cinq ans, contre neuf ans pour les hommes. On observe également a contrario que leur espérance de vie a augmenté moins vite au cours de la dernière décennie, qui les a vues se mettre à fumer, et donc à développer des pathologies jusqu'alors réservées aux hommes, comme les tumeurs du larynx, des poumons ou des voies aéro-digestives supérieures.
Avantage aux professions qui jouissent de considération
Plus inattendu : la plus ou moins grande considération accordée à une profession jouerait aussi sur son espérance de vie. Prenons les instituteurs, par exemple. Durant la période 1955-1960, « ils figuraient à la première place devant l'ensemble des cadres. Au cours des vingt années suivantes, ils ont rétrogradé pour ne plus précéder que les professions libérales, poursuit Guy Desplanques. Cela s'explique : avant, l'instituteur de village était un notable, position dont il tirait toutes sortes d'avantages. Aujourd'hui, c'est un actif parmi d'autres, dont le cadre de travail est aussi devenu plus stressant ». Les professeurs de lycée ou d'université, en revanche, soumis à des conditions de travail différentes, voient leur durée de vie se rapprocher davantage de celle des cadres. Il y a « enseignant » et « enseignant ». L'impact de la position sociale a toutefois ses limites. Les agriculteurs ont ainsi une mortalité plus faible que celle à laquelle on pourrait s'attendre compte tenu de la place qu'ils occupent dans la hiérarchie sociale, puisqu'ils arrivent immédiatement après les cadres et les professions libérales. Les démographes, ici, avouent ne pas avoir vraiment d'explication.
Une chose en tout cas est certaine : l'activité professionnelle va de pair avec une meilleure santé. Les plus mal lotis en termes d'espérance de vie sont les chômeurs. Les hommes au chômage en 1982 ont ainsi vu leur risque de mortalité accru de 60 % au cours des années qui ont suivi, soit une mortalité deux à trois fois plus forte que les hommes ayant eu un emploi à la même date », constate Annie Mesrine (1). Où est la poule, où est l'oeuf ? Pour cette chercheuse, l'interaction peut jouer dans les deux sens : « Un homme en mauvaise santé a plus de risques de se retrouver au chômage ; à l'inverse, la santé peut être altérée par le chômage. » De même, les inactifs présentent un risque de décès trois à cinq fois plus important que les actifs occupés du même âge. Et cette surmortalité, loin de diminuer, s'est encore accrue dans les années 1990.
La vie en couple, gage de longévité.
Autre facteur protecteur vis-à-vis de la mortalité : le mariage. Entre 30 et 64 ans, les hommes mariés voient leur risque de décès réduit de 40 % (25 % pour les femmes) s'ils sont mariés. Là encore, deux lectures sont possibles, toujours selon Annie Mesrine : d'un côté, « une santé déficiente peut écarter du mariage » ; de l'autre, « la vie en couple peut avoir un effet bénéfique en réduisant les comportements à risque et en augmentant l'attention portée à la santé ». Cela n'empêche pas la position sociale de jouer encore un rôle au sein même du couple : le risque de mortalité de la femme est ainsi influencé par la CSP de son mari. Là encore, mieux vaut épouser un cadre qu'un ouvrier.
Marianne GOMEZ
(1) «Les différences de mortalité par milieu social restent fortes», Données sociales, 1999.
(2) «L'inégalité sociale devant la mort», Données sociales
Catégorie : Anecdotes/Société Sujet(s) uniforme(s) : Maladies, traitement et prévention; Santé publique et condition physique Sujet(s) - La Croix : STATISTIQUE; FRANCAIS; MORTALITE; DEMOGRAPHIE; VIEILLESSE; INEGALITE SOCIALE Lieu(x) géographique(s) - La Croix : FRANCE Type(s) d'article : DOSSIER; INFOGRAPHIE Taille : Long, 764 mots
© 2003 la Croix. Tous droits réservés.
Doc. : 20030522LC0030522LC_inx020
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 La Croix SOCIETE, jeudi 22 mai 2003, p. 5
Dossier. Mortalité. Longévité. Les Français inégaux devant l'espérance de vie. Demain, peut-être, la vie jusqu'à 150 ans. La durée potentielle de la longévité humaine suscite toujours un débat parmi les scientifiques, certains expliquant que la vie a des limites indépassables, d'autres affirmant l'inverse.
BIENVAULT Pierre
EXPLICATION
« Dieu a dû m'oublier », avait-elle l'habitude de dire, en plaisantant. Décédée en août 1997 à l'âge de 122 ans, la Française Jeanne Calment détient toujours le record mondial de la longévité humaine. Ce record sera-t-il battu un jour ? « Je suis persuadé qu'il sera battu et même archi-battu. D'un point de vue mathématique, c'est certain. · partir du moment où de plus en plus de gens atteignent 100 ou 110 ans, il y a forcément de plus en plus de chances de voir l'un d'entre eux dépasser le seuil de 122 ans. Et je ne serais pas surpris outre mesure qu'au siècle prochain, certaines personnes atteignent même l'âge de 150 ans. Cela n'a rien d'invraisemblable », affirme le professeur Étienne-Émile Baulieu, président de l'Académie des sciences.
Aujourd'hui, on ne connaît pas les règles de l'allongement de la durée de vie humaine. Et « personne ne peut fixer un âge limite qu'il sera impossible de dépasser. Il est impossible d'affirmer qu'on ne dépassera pas un jour la barre des 150 ans », ajoute le professeur Alain Franco, chef du service de gériatrie du CHU de Grenoble.
L'âge limite moyen est aujourd'hui autour de 110 ans
Cancérologue et ancien directeur de l'Institut Gustave-Roussy de Villejuif (Val-de-Marne), le professeur Maurice Tubiana (1) se montre pour sa part nettement plus circonspect. « Je ne pense pas que beaucoup de gens dépasseront cet âge de 122 ans qui est quand même un âge extrême, explique-t-il. Aujourd'hui, l'âge limite moyen est aux environ de 110 ans. Il est possible qu'on arrive à aller jusqu'à 115, voire 120 ans. Mais, dans l'état actuel des connaissances, il me semble difficile d'imaginer qu'on puisse aller au-delà de 130 ans ».
La question des limites de la longévité humaine suscite un débat qui n'est pas encore tranché parmi les scientifiques. Les uns estiment que, pour des raisons physiologiques et génétiques, la vie a des limites qui ne pourront jamais être dépassées, quels que soient les progrès de la médecine et de la science. Pour d'autres, au contraire, il est impossible de fixer un âge qu'il serait exclu de pouvoir dépasser un jour. « On sait aujourd'hui que la durée de vie des êtres vivants varie selon les espèces. Certains ne vivent que durant quelques heures, d'autres pendant plusieurs milliers d'années. Cela n'est pas lié au hasard et la durée de vie de chaque espèce est déterminée par des facteurs génétiques », explique le professeur Tubiana, avant d'ajouter : « Aujourd'hui, le vieillissement de l'organisme humain est tel que dépasser l'âge de 100 ans reste quand même un phénomène exceptionnel. La vie d'un être humain dépend de toute une série de mécanismes, de fonctions cardiovasculaires, respiratoires, intellectuelles..Et arriver à tout prolonger de manière indéfinie me paraît aujourd'hui invraisemblable. »
Le professeur Franco affirme pour sa part « rester très méfiant » vis-à-vis de cet argument de la prédisposition génétique. « Par le passé, dans la littérature, plusieurs auteurs l'ont utilisé pour écrire que personne ne vivrait jamais au-delà de 110 ans, puis de 120 ans. Et on sait que Jeanne Calment leur a donné tort. Cela me fait penser à tous ces grands savants qui, au siècle dernier, affirmaient qu'un être humain ne pourrait jamais se trouver à bord d'un véhicule qui dépasserait les 100 kilomètres à l'heure, qu'il serait immédiatement désintégré », souligne-t-il.
Aucune certitude n'est encore acquise
« Aujourd'hui, personne n'a réussi à prouver qu'il y a une détermination génétique à la longévité humaine. Et personne ne peut dire avec certitude jusqu'à quel âge l'être humain pourra vivre », ajoute le professeur Baulieu qui précise, un peu amusé, que cette question « renvoie au vieux rêve de l'immortalité de l'homme. Autrefois, sur ce sujet, on avait plutôt l'habitude d'interroger des gens d'Église. Aujourd'hui, ce sont les scientifiques vers qui tout le monde se tourne ».
Pierre BIENVAULT
(1) Auteur de «Le Bien-Vieillir, la révolution de l'âge», Éditions de Fallois, 323 p., 18,50 Euro.
Sur www.la-Croix.com
Retrouvez l'intégralité du dossier sur les retraites.
Catégorie : Anecdotes/Société Sujet(s) uniforme(s) : Industries pharmaceutiques et biotechnologiques Sujet(s) - La Croix : MORTALITE; SCIENTIFIQUE; GENETIQUE; CENTENAIRE; DEMOGRAPHIE; VIEILLESSE Lieu(x) géographique(s) - La Croix : FRANCE Nom(s) propres(s) : TUBIANA Maurice; FRANCO Alain Type(s) d'article : DOSSIER Taille : Moyen, 520 mots
© 2003 la Croix. Tous droits réservés.
Doc. : 20030522LC0030522LC_inx021 | |
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-23 11:59:10
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Vendredi 23 mai 2003
BIOETHIQUE
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 La Croix MONDE, vendredi 23 mai 2003, p. 7
« La bioéthique dépasse les clivages politiques ». RECHERCHE. Avec le député français Yves Bur (UMP), Maria Böhmer, parlementaire des Chrétiens-Démocrates, a créé un groupe de travail franco-allemand sur la bioéthique. Il a tenu sa première réunion mardi dernier à Berlin. Interview: Maria Böhmer, vice-présidente du groupe CDU-CSU au Bundestag, responsable des questions de bioéthique au parti conservateur allemand.
MILCENT Blandine
D'où est venue l'idée de créer ce groupe de travail franco-allemand sur la bioéthique ?
Maria Böhmer : Dans le cadre du 40e anniversaire du traité de l'Élysée, nous avons senti la nécessité de nous rencontrer pour réfléchir à ces questions qui dépassent le champ des législations nationales. Il s'agit pour nous de préciser ensemble nos points de vue sur des questions fondamentales qui touchent aussi bien au commencement de la vie - quel statut donner à l'embryon ? - qu'à sa fin - comment mourir dans la dignité ? Nous souhaitons aussi réfléchir à d'autres questions, comme celles des transplantations d'organes ou de l'organisation de la recherche. Vous le voyez, le champ est vaste et dépasse les frontières d'un seul pays. Or, entre la France et l'Allemagne, les contacts sont étroits depuis des années, et les convergences de valeurs entre les conservateurs des deux pays sont importantes.
- Pensez-vous à terme intégrer les députés d'autres pays européens ?
- Nous n'en sommes qu'au début de la réflexion. Il vaut mieux commencer par bâtir le socle avant de passer à l'étape suivante, pour garder notre force d'impulsion.
- L'UMP est au pouvoir en France mais la CDU est dans l'opposition en Allemagne. Les conservateurs allemands peuvent-ils avoir la même force d'impulsion que leurs collègues français ?
- Les défis de la bioéthique posent de vrais problèmes de conscience. Nous sommes tous interpellés au niveau individuel par des questions qui dépassent les clivages politiques. Le vote d'une loi dans ce domaine n'échappe pas à la règle et a toujours donné lieu, en Allemagne, à une coopération interparlementaire.
- Quels sont maintenant vos objectifs, concrètement ?
- Une première initiative franco-allemande pour faire voter à l'ONU une interdiction internationale du clonage a échoué l'automne dernier et les négociations doivent reprendre en septembre. Nous souhaitons relancer ce dossier. Nous devons mieux préciser nos positions afin de mieux évaluer nos chances de succès.
- Quelle position allez-vous prendre sur le 6e programme de recherche européen ?
- Nous devons mieux préciser nos positions pour mieux évaluer nos chances de succès. Nous souhaitons que ses termes soient mieux définis. Ce programme a temporairement exclu de son financement la recherche sur les cellules souches d'embryons déjà existants, et ce, jusqu'à la fin de l'année. Alors que les négociations doivent reprendre bientôt sur ce dossier, nous estimons, nous les Allemands, qu'il faut prendre en considération, dans le cadre de programmes européens, les différentes législations nationales. Ainsi, en Allemagne, la recherche sur l'embryon n'est pas autorisée. Il ne serait pas imaginable qu'avec des fonds allemands, on finance dans d'autres pays européens, des projets de recherche interdits chez nous. Il faut respecter les différences de valeurs d'un pays à l'autre.
- Mais vous disiez que les défis de la bioéthique dépassent le champ des législations nationales. Ne vaut-il mieux pas tenter de légiférer directement au niveau européen ?
- C'est notre avis pour ce qui concerne la directive européenne sur la brevetabilité biotechnologique. Cette directive interdit en effet la brevetabilité du corps humain dans son ensemble mais l'autorise sur des gènes ou des parties de gènes. Nous sommes contraints par Bruxelles de la transposer maintenant au niveau national mais nous avons la volonté, par la suite, de la repréciser.
Recueilli par Blandine MILCENT (à Berlin)
Catégorie : Politique nationale et internationale Sujet(s) uniforme(s) : Industries pharmaceutiques et biotechnologiques; Religion, philosophie et éthique Sujet(s) - La Croix : BIOETHIQUE; RELATIONS SCIENTIFIQUES Lieu(x) géographique(s) - La Croix : FRANCE; ALLEMAGNE Nom(s) propres(s) : BOHMER Maria Société(s) : CDU Type(s) d'article : INTERVIEW Taille : Moyen, 453 mots
© 2003 la Croix. Tous droits réservés.
Doc. : 20030523LC0030523LC_inx076 | |
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-23 11:53:48
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Vendredi 23 mai 2003
GAZ A EFFET DE SERRE
Gaz à effet de serre : l’Europe peine à diminuer ses émissions
Les émissions de gaz à effet de serre (GES) des pays de l’Union européenne ont augmenté pour la seconde année consécutive. Ils s’éloignent donc davantage de leur engagement de réduire substantiellement ces dernières pour la période 2008-2012.
Le niveau total des émissions de l’UE pour les six gaz contribuant au changement climatique a augmenté de 1% en 2001. En dépit de cette progression par rapport à l’an 2000, les émissions mesurées en 2001 ont été inférieures de 2,3% à leur niveau de 1990. Cependant, en vertu du Protocole de Kyoto pour la lutte contre les changements climatiques, l’UE est tenue de réduire ses émissions à un niveau inférieur de 8% à celui de 1990 pendant les années 2008-2012. Nous sommes donc loin du compte !
Selon l’Agence européenne pour l’Environnement (AEE), « les principales raisons de cette augmentation tiennent à un hiver plus rude dans la plupart des pays de l’UE. Il serait à l’origine d’une consommation plus importante de combustibles de chauffage par les ménages ».
Nous connaissons pourtant les conséquences directes de ces gaz sur notre santé. Comme l’affirme le Dr Nino Künzli, de l’Institut de Médecine sociale et préventive de Bâle, la pollution atmosphérique est à l’origine de 6% des décès. Comme le souligne par ailleurs l’OMS, elle tue par conséquent davantage que les accidents de la route.
Sources: Agence européenne pour l’Environnement, 6 mai 2003
(Destination Santé)
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-23 09:38:44
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POLLUTION
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Vendredi 23 mai 2003
DIABETIQUES
Diabétiques : attention, association dangereuse
L’Agence française de Sécurité sanitaire des Produits de Santé (AFSSaPS) attire l’attention des médecins et des patients sur la contre-indication majeure que constitue l’association du NovoNorm et du Lipur.
Le premier médicament est un stimulant de la sécrétion d’insuline, d’action rapide et indiqué dans le diabète de type 2. Le second permet de réduire le taux de lipides dans le sang. « L’association de ces deux traitements peut conduire à une augmentation significative de l’action thérapeutique du répaglinide (NovoNorm, n.d.l.r.) avec pour conséquence un risque accru d’accident hypoglycémique sévère » précise le communiqué de l’AFSSaPS.
L’Agence rappelle donc « aux patients diabétiques traités par ce médicament et qui reçoivent également du gemfibrozil (Lipur, n.d.l.r) qu’ils doivent contacter rapidement leur médecin car une réévaluation de leur traitement peut être nécessaire. »
D’ailleurs la gravité potentielle de cette interaction a conduit l’Agence européenne pour l’évaluation des médicaments (EMEA) à d’importantes mesures restrictives. D’une part, elle contre-indique l’association des deux traitements. D’autre part, elle a modifié les rubriques « Contre-indications » et « Interactions médicamenteuses » sur la notice du repaglinide.
Sources: AFSSaPS, 22 mai 2003
(Destination Santé)
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-23 09:37:50
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Vendredi 23 mai 2003
CANNABIS
Cannabis : 30 000 morts britanniques chaque année !
« Tout comme le tabac, le cannabis peut avoir de sérieuses conséquences sur la santé. Or il n’existe pas de discours clair sur les risques liés à sa consommation. Pourtant, il serait à l’origine de 30 000 décès par an en Grande-Bretagne ».
Le dernier éditorial du British Medical Journal frappe fort. Pour le Pr John Henry de l’Imperial College School of Medicine de Londres, « entre 1999 et 2001 la proportion d’adolescents britanniques qui ont expérimenté le cannabis est passée de 19% à 29% chez les garçons, de 18% à 25% chez les filles. Or la consommation régulière de cannabis augmente le risque de maladies mentales telle que la schizophrénie et la dépression. »
Fait nouveau relevé dans cet éditorial le cannabis, même utilisé seul par un sujet qui ne fume pas de tabac, pourrait aussi être à l’origine de nombreux cancers « des poumons et de la langue. » Sans oublier bien sûr les risques de « bronchite chronique, d’emphysème et autres troubles pulmonaires ». Pour les maladies cardio-vasculaires, le Pr Henry ne peut pas se prononcer. Il souhaite cependant que des études soient menées sur les liens potentiels dans ce domaine.
Sources: British Medical Journal, , Vol 326, 5 mai 2003
(Destination Santé)
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-23 09:37:13
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Vendredi 23 mai 2003
MALADIES INFECTUEUSES
Une nouvelle alliance contre les maladies infectieuses
Jusqu’à 30 millions de dollars en 5 ans. C’est la promesse de dons faite par la Fondation Bill and Melinda Gates à la FIND, un acronyme pour Foundation for Innovative New Diagostics ou Fondation pour l’Innovation en Moyens diagnostiques.
L’objectif est ambitieux car il vise à favoriser la mise au point de nouveaux tests permettant la détection précoce des maladies infectieuses. Des tests à la fois fiables, économiques et faciles à mettre en oeuvre. Car dans ce domaine le retard s’accumule et obère considérablement nos capacités de lutte contre ces fléaux.
La tuberculose par exemple, qui fait une victime toutes les 15 secondes dans le monde. Qui est responsable de 5% de l’ensemble des décès enregistrés dans le monde et de 9,6% des décès d’adultes de 15 à 59 ans. Et qui tue plus de femmes dans le monde que toutes les causes de mortalité maternelle confondues. Alors certes, la tuberculose frappe électivement les plus pauvres. Mais elle est très présente aussi dans les pays développés. Paris – la capitale lumière… - détient ainsi le triste record de prévalence de la maladie parmi les capitales industrialisées…
C’est donc contre la tuberculose que va s’orienter d’abord la recherche. FIND travaillera sous l’égide du Programme spécial du PNUD, de la Banque mondiale et de l’OMS de recherche et de formation contre les maladies tropicales. Le but est d’accélérer la mise au point et l’évaluation de nouveaux tests de dépistage, y compris pour les formes multi-résistantes de la tuberculose qui deviennent de plus en plus fréquentes.
Sources: de notre envoyé spécial à Genève, 22 mai 2003
(Destination Santé)
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-23 09:36:39
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Vendredi 23 mai 2003
CANCER DU RECTUM
Cancer du rectum : préférez le vin à la bière
Selon une étude danoise, la consommation régulière d’alcool augmenterait le risque de cancer rectal. Mais de façon moins marquée si le vin constitue un tiers ou plus de l’alcool consommé. Mieux vaudrait donc boire du vin que de la bière…
La consommation hebdomadaire de bière, de vin et de spiritueux de 30 000 Danois - hommes et femmes confondus - a été évaluée par une équipe du Centre for Alcohol Research de Copenhague. D’autres facteurs de risque de cancer rectal, comme le tabagisme, l’excès pondéral et la sédentarité, ont également été pris en compte.
Pas de surprise ! Les plus gros buveurs se sont retrouvés parmi la population masculine. La majorité d’entre eux accumulaient d’ailleurs les facteurs de risque, puisqu’ils étaient également fumeurs et en surpoids. Au cours de l’étude qui s’est étalée sur 15 ans, 411 cancers du colon et 202 cancers de l’ampoule rectale ont été diagnostiqués. En ce qui concerne le risque de cancer du colon, il semble que l’alcool n’ait eu qu’une influence mineure. En revanche, les buveurs qui absorbaient plus de 41 verres par semaine se sont avérés présenter un risque de cancer rectal deux fois plus élevé que les abstinents.
Par ailleurs le type d’alcool consommé paraît jouer un rôle non négligeable dans la survenue de ce type de cancer. Avec 14 verres de bières et de spiritueux par semaine mais sans vin, le risque était multiplié par 3,5 comparés aux abstinents. En revanche pour ceux qui buvaient la même quantité d’alcool mais avec au moins 30% de vin, le risque était multiplié « seulement » par 1,8.
Selon les auteurs, les buveurs de vin ont un niveau d’étude plus élevé et font davantage de sport que les consommateurs de bières et spiritueux. Une explication qui paraît un peu courte…
Sources: Gut, 12 mai 2003
(Destination Santé)
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-23 09:35:43
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Vendredi 23 mai 2003
RESPONSABILITE
Santé publique : un projet de loi précise la responsabilité de l'Etat
«Faute d'un cadre clair, les multiples acteurs de la politique de la santé dispersent leurs efforts et ont une efficacité faible» : fort de ce constat, Jean-François Mattéi a présenté un projet de loi en conseil des ministres, qui devrait être débattu en juillet.
Prévention insuffisante
Alors que la France est considérée par l'Organisation Mondiale de la Santé, comme un pays disposant d'un des systèmes de santé les plus performants, «il reste que la mortalité et la morbidité évitables y restent parmi les plus fortes des pays développés». Cette situation «révèle un déséquilibre entre les moyens alloués aux approches curatives individuelles et ceux accordés à la prévention», estime le ministre. Le texte définit une stratégie pour y remédier et pour diminuer les disparités régionales en matière de santé. «Il n'est pas normal que l'espérance de vie dans le Nord-Pas-de-Calais soit de quatre années inférieur à ce qu'elle est en Midi-Pyrénées», a commenté Jean-François Mattéi devant la presse.
Cinq plans nationaux
Le texte propose de mettre en oeuvre cinq plans nationaux sur la période 2004-2008 : la lutte contre le cancer, contre la violence, les comportements à risques et les pratiques addictives; la santé et l'environnement; la qualité de vie des personnes atteintes de maladies chroniques et la prise en charge des maladies rares. Il prévoit notamment de créer l'Institut national du Cancer, renforce le lutte contre la tabagisme, la protection des ressources en eau et la prévention du saturnisme. Une Ecole des Hautes études en santé publique verra le jour et la formation médicale continue sera mise en place.
Marie-Josée Cougard
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-23 09:22:18
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Vendredi 23 mai 2003
ALZHEIMER
| Un vieux médicament pour traiter la maladie d'Alzheimer : le lithium (Nature)
PARIS, 21 mai (AFP) - Le lithium, utilisé depuis plus de cinquante ans pour soigner certains troubles psychiatriques, pourrait constituer un traitement potentiel de la maladie d'Alzheimer, suggère une équipe de chercheurs américains dans la revue Nature à paraître jeudi.
Le Dr Peter Klein et ses collègues de l'école de médecine de l'université de Pennsylvanie ont démontré que le lithium bloque la production des plaques amyloïdes (dépôts de protéines observés dans le cerveau des personnes atteintes, autrefois appelés plaques séniles), dans des cultures de cellules mais aussi "in vivo", chez les souris présentant une forme de la maladie.
Le lithium, ont observé les chercheurs, réduit la formation de ces plaques, et ceci à des concentrations de l'ordre des doses thérapeutiques habituellement utilisées chez l'homme pour traiter les troubles maniaques. Ainsi, expliquent Peter Klein et ses collaborateurs, ce remède "pourrait être envisagé dans la prévention de la maladie d'Alzheimer, en particulier chez les patients les plus jeunes".
Les scientifiques estiment en outre que de nouveaux agents, qui ciblent spécifiquement la GSK-3 (l'enzyme impliquée dans la formation des plaques amyloïdes) pourraient se révéler efficaces dans le traitement de la maladie, mais seuls des essais cliniques ciblés pourront démontrer leur efficacité sur ce type de démence.
Les traitements futurs de la maladie d'Alzheimer devraient peut-être se focaliser sur ces plaques, relèvent deux autres spécialistes, le Belge Bart De Strooper (Université catholique de Louvain) et le Canadien James Woodgett (Institut du cancer de l'Ontario, à Toronto), dans un commentaire publié dans le même numéro de la revue. Toutefois, font-ils remarquer, le lithium n'est pas dépourvu d'effets secondaires, et l'expérience clinique a montré qu'il était mal toléré par les personnes âgées.
Les sels de lithium sont utilisés comme régulateurs de l'humeur dans la psychose maniaco-dépressive, caractérisée par des alternances d'accès de dépression et d'excitation euphorique. Le traitement se prolonge sur plusieurs années et nécessite une surveillance étroite de l'état de santé du malade.
La maladie d'Alzheimer se manifeste par des troubles de la mémoire, du langage et du comportement, et aboutit à une démence grave. Rien qu'en France, cette maladie touche aujourd'hui 434.000 personnes de plus de 65 ans et, avec le vieillissement de la population, les experts prévoient que ce chiffre atteindra 600.000 vers 2020.
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ericjeanloicbreton |
| 2003-05-23 09:07:07
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Vendredi 23 mai 2003
ADN
| Des chercheurs strasbourgeois observent la réplication de l'ADN endommagé
STRASBOURG, 23 mai (AFP) - Des chercheurs strasbourgeois ont annoncé vendredi avoir réussi pour la première fois à avoir une vision en temps réel de la manière dont "la machinerie cellulaire arrive à répliquer son génome malgré la présence de dommages sur l'ADN".
Les chercheurs de l'équipe de Robert Fuchs, basée à l'Institut de recherche contre les cancers de l'appareil digestif (IRCAD) de Strasbourg, ont observé une pause "de l'ordre de 50 minutes" dans la réplication de la cellule lorsque le processus arrive au secteur d'ADN endommagé. Ensuite, "la réplication reprend son cours" après "l'intervention d'ADN polymérases spécialisées récemment découvertes".
En conséquence, "l'étude de ces ADN polymérases spécialisées constitue actuellement un enjeu majeur car elles représentent potentiellement de nouvelles cibles pharmacologiques", avancent les chercheurs.
Les cancers apparaissent lorsque les cellules se répliquent avant que les dommages causés à l'ADN par des agressions chimiques et physiques n'aient été réparés. Leur réplication fixe alors définitivement ces dommages "sous forme de mutations génétiques", rappelle le communiqué.
Pour donner une "vision en temps réel de ce qui se passe lorsque la machinerie réplicative rencontre un tel dommage" les chercheurs ont "construit une molécule d'ADN portant un dommage induit par un cancérogène chimique, introduit cette construction dans une cellule et analysé les intermédiaires de réplication en fonction du temps".
Les résultats de l'étude, "mettent en lumière le mécanisme de formation des mutations à l'origine de toutes formes de Cancer et sont publiés dans la revue Science du 23 mai 2003", indique un communiqué de l'IRCAD.
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ericjeanloicbreton |
| 2003-05-23 09:03:10
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CANCER
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Vendredi 23 mai 2003
SRAS
Médecine et santé
Le virus du SRAS trouvé chez une civette
 Un infirmier vérifie la température d’une hôtesse de l’air à l’aéroport de Pékin. (AP /Ng Han Guan) |
| Des chercheurs de Chine et de Hong Kong ont retrouvé chez un petit mammifère carnivore, la civette, le coronavirus responsable du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) qui sévit en Asie. Sont appelées civette plusieurs animaux carnivores ressemblant au chat ou à la martre, espèces appartenant à la famille des viverridés.
D’après le Pr Yuen Kwok-yung, chef du département de microbiologie de l’Université de Hong Kong, il est probable que le coronavirus soit passé de la civette à l’homme, la viande cet animal étant très appréciée dans le sud de la Chine. La consommation d’animaux sauvages est très répandue dans cette région mais cette pratique est de plus en plus surveillée à cause des risques de contamination par de nouveaux virus.
Découvrir le réservoir animal du virus et pouvoir ainsi retrouver la source de la contamination est essentiel pour contrôler l’épidémie à long terme.
A l’heure actuelle, l’Organisation mondiale de la Santé compte plus de 8.000 cas de SRAS dans le monde, dont plus de 680 ont été mortels. L’épidémie marque le pas à Hong Kong, à Singapour et dans le sud de la Chine. En revanche la flambée épidémique n’est pas encore maîtrisée à Taïwan.
(23/05/2003)
L'OMS a reçu notification de 8.046 cas de SRAS dont 682 mortels
GENEVE (AFP) - L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a reçu notification par 31 pays de 8.046 cas probables de pneumonie atypique, dont 682 patients morts et 4.210 malades qui ont pu être guéris, selon le dernier bilan publié mercredi par l'OMS.
Selon son décompte effectué jusqu'au 22 mai à 17h00 GMT, l'épidémie de pneumonie atypique ou syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) a touché 5.271 personnes en Chine continentale. 300 en sont mortes (soit 4 de plus que lors du précédent bilan).
A Hong Kong, le nombre de cas s'élève à 1.722, dont 258 mortels (soit 3 morts de plus).
A Taïwan 483 cas ont été recensés. Parmi eux, 60 en sont morts (huit décès de plus).
La maladie a touché 206 personnes à Singapour. Vingt-neuf d'entre elles en sont mortes (un décès de plus).
A Macao, deux cas non mortels ont été recensés.
Le bilan fait apparaître 63 malades au Vietnam dont cinq sont morts, et en Thaïlande huit malades, dont deux décédés.
Aux Philippines, ont été recensé 12 cas, dont deux mortels, et en Malaisie, huit, dont deux mortels.
Toujours en Asie, la Mongolie a enregistré neuf cas, l'Indonésie deux cas, l'Inde trois cas, la Corée du Sud trois cas, mais aucun cas mortel.
En dehors de l'Asie, le Canada reste le pays le plus affecté par le SRAS avec 140 malades et 23 morts.
Aux Etats-Unis, 65 cas ont été recensés, mais aucun décès.
Toujours selon les décomptes de l'OMS, la maladie affecte également l'Italie (neuf cas), l'Allemagne (neuf), la France (sept), le Royaume-Uni (quatre), la Suède (3), la Roumanie (un), la Suisse (un), l'Espagne (un), l'Irlande (un), la Finlande (un). Aucun des cas avérés en Europe n'a entraîné de décès.
Ailleurs dans le monde, six cas ont été signalés en Australie, deux autres au Brésil, un en Nouvelle-Zélande, un en Colombie, un au Koweit, mais aucun de ces cas n'a entraîné de décès.
Un cas mortel a été enregistré en Afrique du Sud. Il s'agit toutefois d'un décès suite à une crise cardiaque qui n'a pas jusqu'à présent été attribué au SRAS.
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-23 08:52:42
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