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Publié le mercredi 21 mai 2003

Mercredi 21 mai 2003

SAMU


Le Monde
France, jeudi 22 mai 2003, p. 9

Les cadences infernales imposées aux médecins du SAMU de Versailles

reportage Ici, le tableau de permanence pour l'été semble impossible à boucler

La salle de régulation du SAMU des Yvelines (450 000 appels par an), à l'hôpital de Versailles, est en ébullition. Toutes les équipes du service médical d'urgence et de réanimation (SMUR) départemental sont en intervention. Depuis une heure, les médecins urgentistes du centre 15 ont fait face à une intoxication, un syndrome coronarien, une hémorragie digestive, une chute d'un échafaudage, une crise d'épilepsie... Officiellement, ces médecins sont en grève et réquisitionnés depuis fin avril. Ce mardi 20 mai est même une journée nationale d'action, mais il n'est pas question pour eux de lever le pied. Alors, pour exprimer leur mécontentement, ils alertent les médias et décrivent leur emploi du temps : 78 heures hebdomadaires le jour ou/et la nuit.

"La semaine dernière, j'ai travaillé 10 heures lundi, 24 heures mardi - avec un accouchement à domicile en pleine nuit -, 10 heures jeudi, 10 heures vendredi et 24 heures samedi", énumère Olivier Richard, praticien hospitalier (PH). Son cas n'est isolé. Depuis le 1er janvier, qui marque le début de l'application des textes sur la réduction du temps de travail des praticiens, "le fossé est total entre la théorie et ce que l'on peut faire en pratique", résume-t-il. En juin 2002, l'administration avait demandé aux services d'urgence d'évaluer les besoins induits par cette réforme. "J'avais réclamé neuf postes d'équivalent temps plein, raconte Yves Lambert, chef de service au SAMU des Yvelines. Depuis, j'ai eu, sur le papier, un poste d'assistant, qui n'est pas encore débloqué." Résultat pour les médecins : le nombre de gardes (la nuit, le week-end et les jours fériés) ne baisse pas, les heures supplémentaires s'accumulent et le tableau des permanences de l'été paraît impossible à boucler.

"Pendant des années, nous avons travaillé 70 heures par semaine. Puis, fin 2002, nous avons eu, avec l'intégration des gardes dans notre temps de travail, une avancée sociale importante, écrite noir sur blanc dans les textes. Aujourd'hui, le mirage des créations de poste s'éloigne et nous avons l'impression qu'il faudra continuer à effectuer du temps additionnel sans savoir comment il sera rémunéré", témoigne le docteur Françoise Boutot. Pour cette anesthésiste, qui travaille depuis dix ans en médecine d'urgence, le mouvement de grogne actuel correspond à "un ras-le-bol de médecins qui se donnent à fond, qui ont acquis des compétences et qui n'ont aucune reconnaissance".

Kolia Milojevic est de ceux-là. A 44 ans, ce praticien considère que le malaise des urgentistes est l'"aboutissement d'années de travail très lourdes. Les étudiants en médecine ne veulent plus faire nos horaires et c'est tant mieux, d'autant que notre profession est devenue plus difficile en termes de responsabilité. Nous ne sommes plus seulement là pour poser une perfusion et tenir la main du patient, grâce aux nouvelles techniques, nous sauvons des gens".

En quatre mois, le docteur Isabelle Chassagnol a accumulé 265 heures supplémentaires. Recrutée à temps partiel, cette jeune mère de trois enfants travaille, en réalité, de 50 à 60 heures par semaine et fait jusqu'à 7 gardes par mois. Son collègue, Ramon Ruiz, contractuel, n'a pas eu un week-end complet de repos depuis des mois. "Nous avons été encouragés par les avancées promises, mais, aujourd'hui, on n'en voit pas le bout." L'agence régionale d'hospitalisation d'Ile-de-France présentera, le 27 mai, la répartition, pour l'ensemble des disciplines hospitalières, des 300 créations ou transformations d'emplois médicaux promis au titre de l'aménagement-réduction du temps de travail. "Que fait-on si les structures d'urgence n'obtiennent pas un nombre de postes suffisant ?, s'interroge le docteur Boutot. Le risque est d'assister à la fermeture d'équipes de SMUR, ce qui constituerait un danger pour la population."

Ce mardi après-midi, en une demi-heure, les pompiers ont appelé le SAMU pour une défenestration, puis pour une soupçon de grossesse extra-utérine ; un médecin de ville a demandé de l'aide pour un patient victime d'un important malaise ; une femme a réclamé du secours pour son père en détresse respiratoire ; une clinique a sollicité un transfert en service de réanimation hospitalière pour un malade dont l'opération s'est mal passée.

Sandrine Blanchard

Catégorie : Politique nationale et internationale
Taille : Moyen, 521 mots

© 2003 SA Le Monde. Tous droits réservés.

Doc. : 20030522LM0Q2205_623535



ericjeanloicbreton | | 2003-05-21 12:21:32
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1 Commentaire :

Commentaire écrit le vendredi 4 février 2005 à 14:06:20 (lien)
KHAZZAKA RAYMOND - raykhaz@minero.net
je voudrais communiquer mon email a mon ami le dr yves lambert
j attends de ses nouvelles


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Mercredi 21 mai 2003

CANCER DU COLON


Le Figaro, n° 18282
Mardi 20 mai 2003, p. 14

SCIENCES ET MEDECINE; EN BREF

GÉNÉTIQUE
Des mutations liées au cancer du côlon

Une analyse génomique a permis de dresser une liste de mutations génétiques liées à plus de 30 % des cas de cancer du côlon, constituant de nouvelles cibles de recherche dans la lutte contre cette maladie, troisième cause de décès par cancer aux États-Unis, selon une étude des Johns Hopkins Kimmel Cancer Center et Howard Hughes Medical Institute (Science, 9 mai 2003).

Catégorie : Sciences et techniques
Type(s) d'article : BREVE
Taille : Court, 52 mots

© 2003 Le Figaro. Tous droits réservés.

Doc. : 20030520LF182821404


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-21 12:13:52
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Mercredi 21 mai 2003

ESSAIS THERAPEUTIQUES


Libération
SOCIETE, mercredi 21 mai 2003, p. 18

Elargissement du champ des essais thérapeutiques
Un projet de loi prévoit d'assouplir la législation, en autorisant des actes sur les personnes fragiles.

FAVEREAU Eric

C'est une petite révolution dans les essais thérapeutiques de nouveaux médicaments qui s'annonce, avec la fin d'une distinction historique. Jusqu'à présent, il y avait schématiquement deux types d'essais : ceux au cours desquels le patient pouvait espérer un bénéfice immédiat pour lui-même, et ceux dont le but était essentiellement d'améliorer les connaissances générales autour d'une maladie. Cette distinction avait pour conséquence de limiter les essais sans BID (bénéfice individuel direct), puisque très difficiles à entreprendre sur des personnes n'étant pas en mesure de donner un consentement «libre et éclairé». Directive européenne. Désormais, avec la suppression de cette séparation, les procédures seront plus simples. Ce changement s'est glissé à l'intérieur du vaste projet de loi sur la santé publique (voir Libération du 5 mai 2003) que présente, ce matin, Jean François Mattei, ministre de la Santé, au Conseil des ministres. «Il y avait urgence», explique le professeur François Lemaire (ancien chef de service de réanimation à l'hôpital Henri-Mondor), auteur d'un rapport sur cette question. «Il y avait nécessité d'adapter la loi Hurriet de 1988 sur la recherche médicale à une directive européenne. Des problèmes se posaient, comme celui du consentement en gériatrie ou en psychiatrie, comme l'obligation en pédiatrie d'obtenir le consentement des deux parents, mais aussi le manque de moyens voire de structures des lieux autorisés.» Aux dires d'un grand nombre de promoteurs d'essais, la législation française était même devenue un frein. Protection des personnes.

Avec ce nouveau texte, l'équilibre général des essais évolue. Certes, les premiers articles du projet se veulent très clairs : «L'intérêt des personnes qui se prêtent à une recherche biomédicale prime toujours les seuls intérêts de la science et de la société.» Certes encore, le texte explicite les rôles de chacun, en particulier celui du promoteur de l'essai et celui du chercheur : «Les recherches biomédicales portant sur des médicaments sont réalisées dans le respect des règles de bonnes pratiques cliniques fixées par arrêté du ministre chargé de la Santé.» Qui plus est, ces essais ne peuvent être mis en oeuvre qu'après avis favorable des comités de protection des personnes dans les hôpitaux.Il n'empêche : désormais, les recherches et les essais de médicaments sur l'homme seront plus faciles, en particulier sur les personnes «fragiles». Ainsi, par exemple, sur les femmes enceintes. Celles-ci, comme le stipule le texte, «ne peuvent être sollicitées pour se prêter à des recherches biomédicales que dans les conditions suivantes. Soit l'importance du bénéfice escompté pour elles-mêmes ou pour l'enfant est de nature à justifier le risque prévisible encouru. Soit ces recherches se justifient au regard du bénéfice escompté pour d'autres femmes se trouvant dans la même situation ou pour leur enfant et à la condition que des recherches d'efficacité comparables ne puissent être effectuées sur une autre catégorie de la population. Dans ce cas, les risques prévisibles et les contraintes que comporte la recherche doivent présenter un caractère minimal».Indemnisation. En clair, cela devient possible. Un article similaire est rédigé pour les mineurs, les prisonniers, les personnes démentes, sous tutelle, ou qui ne sont plus état de donner un consentement : pour tous, le consentement sera donné par le représentant, ou le tuteur, ou une personne de confiance. De plus, le système d'indemnisation des patients est modifié. Enfin, les comités de protection des personnes, qui n'avaient qu'un avis consultatif, pourront intervenir sur la méthodologie des essais.«Je ne suis pas contre a priori», réagit le sénateur Claude Hurriet, à l'origine de la loi précédente. «Mais, pour s'adapter à la directive européenne, il y avait besoin juste de quelques aménagements. Là, on va beaucoup plus loin. Je ne vois pas les avantages.» Il ne veut pas le dire clairement, mais Claude Hurriet estime qu'on fait la part un peu belle aux promoteurs d'essais (essentiellement l'industrie pharmaceutique ou les chercheurs). «Or, répète-t-il, il faut un équilibre avec les patients.» Et cet équilibre est souvent bien délicat à trouver, entre la pression du promoteur, la volonté de guérir du médecin, et la fragilité d'un malade dont le consentement est toujours problématique.

Catégorie : Anecdotes/Société
Sujet(s) uniforme(s) : Industries pharmaceutiques et biotechnologiques; Lois et règlements
Taille : Moyen, 520 mots

© 2003 SA Libération. Tous droits réservés.

Doc. : 20030521LI0LI20030521089


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-21 11:58:08
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Mercredi 21 mai 2003

SIDA
La politique antisida du Brésil servira de modèle à l'OMS

RIO DE JANEIRO, 20 mai (AFP) - La politique brésilienne de lutte contre le sida servira de base à la nouvelle politique de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui sera implantée au cours des cinq prochaines années, a rapporté mardi le quotidien Estado de Sao Paulo.

En 1997, le Brésil a lancé sa propre production de médicaments génériques antisida et a réussi à diminuer de 80% le prix de certains traitements contre le sida, réduisant de 50% les décès liés à cette maladie.

"C'est l'une des plus grandes reconnaissances du travail fait au Brésil dans ce domaine", a déclaré à Genève le ministre brésilien de la Santé Humberto Costa au journal Estado de Sao Paulo.

Le directeur élu de l'OMS, le Coréen Jong Wook Lee, qui prendra ses fonctions au 2ème semestre a rencontré lundi avec M. Costa pour lui demander que le chef du programme antisida du gouvernement brésilien, Paulo Texeira, travaille provisoirement à l'OMS pour aider à élaboration de la nouvelle politique de combat contre cette maladie dans le monde.

Ce qui a le plus impressionné M. Lee a été le fait que le Brésil, un pays en développement, ait réussi a adopter une politique qui garantisse un traitement gratuit aux personnes contaminées par le virus du sida.

M. Texeira a rappelé de son côté que l'OMS ne sera pas la première a adopter la politique brésilienne. En trois ans, 31 pays en développement l'ont adoptée et au Kenya et en Afrique du Sud, les gouvernements travaillent avec des médicaments donnés par le Brésil.

L'extension internationale de l'expérience brésilienne arrive à un moment crucial pour les négociations sur l'accès aux médicaments antisida. En septembre, des représentants commerciaux des pays du monde entier se réuniront à Cancun (Mexique) pour tenter de conclure un accord sur les brevets qui prévoit le droit d'importer des médicaments génériques.



ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-21 11:08:48
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Mercredi 21 mai 2003

Pneumocoque

Pneumocoque: une bactérie très dangereuse pour

l'enfant

PARIS (AP) - Alors que les infections bactériennes à pneumocoque représentent la première cause de décès chez l'enfant de moins de deux ans, le pneumocoque reste méconnu du grand public. Des spécialistes réunis mardi ont insisté sur l'importance de la vaccination, désormais prise en charge par l'assurance-maladie.

"Sur avis du Conseil supérieur d'hygiène publique (CSHP), cette vaccination est inscrite au calendrier vaccinal 2003", a déclaré à l'Associated Press le Pr Daniel Floret, chef de la réanimation et des urgences pédiatriques à l'hôpital Edouard Herriot de Lyon. "Elle est recommandée chez tous les enfants de moins de deux ans, à l'exclusion de l'enfant unique élevé par sa mère et élevé au sein pendant deux mois", a-t-il précisé.

Présent dans le nez et dans la gorge de pratiquement tous les enfants à un moment ou à un autre de l'année, le pneumocoque peut être à l'origine d'infections redoutables auxquelles les moins de deux ans sont cinq à dix fois plus exposés que leurs aînés.

En France, ce germe est par exemple la première cause de méningite bactérienne avant deux ans.

"Dans la première année de la vie, 60% des méningites lui sont dues", souligne le Pr Floret. "Ce sont les méningites les plus graves en matière de mortalité. Plus de 10% des moins de deux ans en meurent, et 30 à 50% présentent des séquelles graves": retard mental, épilepsie, paralysie... Le pneumocoque est aussi la première cause de surdité acquise de l'enfant.

Les symptômes d'une méningite à pneumocoque (forte poussée de fièvre, raideur de la nuque, céphalées, vomissements et troubles digestifs, photophobie...) ne sont pas toujours faciles à déceler chez le très jeune enfant et ne sont pas non plus toujours présents.

Outre le fait qu'il soit très agressif, ce germe "est de plus en plus résistant aux antibiotiques", souligne par ailleurs le spécialiste. "Avec des augmentations de dose et des associations d'antibiotiques, nous n'avons pas encore observé de surmortalité liée à cette résistance, mais celà pourrait arriver".

D'où l'importance de la vaccination par "Prevenar", un vaccin désormais remboursé par la Sécurité Sociale. Plus la vaccination est précoce, moins l'enfant court le risque de développer une infection.

Pour les nourrissons de deux à six mois: trois injections à un mois d'intervalle minimum (promovaccination), une quatrième dose recommandée au cours de la deuxième année de vie (rappel). Pour les bébés de sept à onze mois : deux injections à un mois d'intervalle minimum (primovaccination), une troisième injection recommandée au cours de la deuxième année de vie; enfin, pour les enfants de douze à 23 mois, deux injections à deux mois d'intervalle minimum. AP

fs/aa

Rubrique : Santé
  Article précédent : Pas de relève pour la médecine suisse (AP)
  Article suivant : Le secrétaire américain à la Santé ne "pense pas que le SRAS va partir" (AP)
Dossier : Yahoo! Bien-Être - Enfants - Santé
Dossier : Épidémie de pneumopathie

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-21 11:06:15
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Mercredi 21 mai 2003

TUBERCULOSE
Tuberculose : Paris lanterne rouge

Considérée comme une urgence mondiale par l’OMS, la tuberculose reste l’une des maladies contagieuses qui font le plus de victimes. Elle tue 2 millions de malades chaque année. Les pays développés ne sont pas épargnés, loin de là. Notamment la France.

C’est particulièrement vrai pour Paris intra muros, qui est devenue la lanterne rouge des capitales de pays industrialisés. En 2000, l’incidence de la tuberculose y a été de 50 cas pour 100 000 habitants, donc bien supérieure à la moyenne nationale, située à 11 pour 100 000. Et même à celle d’importantes mégapoles mondiales puisque New York par exemple, n’excède pas 16,6 pour 100 000 en dépit d’une densité peu commune de migrants !

Dans les pays en développement comme dans les pays développés, la tuberculose reste la maladie de l’exclusion et de la pauvreté. Elle touche en premier lieu les migrants et les plus défavorisés. Un malade sur quatre en France est un migrant. Aux Pays-Bas par exemple, la proportion de ces derniers est beaucoup plus importante : 60% !

Autre problème : si les médecins français sont convenablement formés sur le plan intellectuel, leur pratique médicale n’est pas à l’unisson. Ils voient si peu de tuberculeux par rapport à la masse de leurs patients que le diagnostic de tuberculose ne leur est pas naturel, en quelque sorte. C’est donc à chacun de nous d’apprendre à penser à la tuberculose. Si vous toussez ou crachez depuis plus de trois semaines, si vous transpirez sans motif, pensez à vous rendre chez votre médecin traitant.

Sources: Le Quotidien du Médecin, n°7329, p.7

(Destination Santé)
Rubrique : Santé
  Article précédent : THS : retour à la case départ en cas d’arrêt du traitement (Destination Santé)
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ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-21 11:05:01
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Mercredi 21 mai 2003

TABAC
L'Organisation mondiale de la santé adopte le premier traité anti-tabac

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GENEVE (AFP) - Les 192 Etats membres de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont adopté mercredi la première convention internationale de lutte contre le tabagisme, qui fait près de cinq millions de morts par an.

Il s'agit aussi du premier traité international jamais adopté en matière de santé publique.

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Le texte, mis au point en mars après trois ans d'âpres négociations, a été entériné à l'unanimité, par acclamations, par la 56ème assemblée générale annuelle de l'OMS réunie à Genève.

Il est désormais ouvert à la signature et à la ratification par les Etats. Il entrera en vigueur après la 40ème ratification.

"Nous agissons aujourd'hui pour sauver des milliards de vies et protéger la santé des générations à venir", a déclaré le directeur général sortant de l'OMS Gro Harlem Brundtland.

Mais "il reste du travail à faire", a-t-elle souligné: les pays membres doivent ratifier le texte et "s'en servir comme base pour leur propre législation nationale anti-tabac".

L'objectif de cette Convention-cadre de l'OMS est de faire diminuer la mortalité due au tabagisme (4,9 millions de morts par an en 2002) en limitant notamment la publicité sur les produits du tabac.

L'OMS estime que si rien n'est fait pour freiner le tabagisme, en particulier chez les jeunes et dans les pays en développement, le nombre de morts par an pourrait doubler d'ici à 2020.

Les pays signataires s'engagent à faire figurer sur les paquets de cigarettes des mises en garde, à interdire la vente aux mineurs, à combattre la contrebande et à traiter la dépendance à l'égard du tabac. Ils promettent aussi de mieux protéger la population de la fumée du tabac, dans les lieux et transports publics et au travail.

Lors des négociations, l'OMS s'était heurtée à de fortes résistances des cigarettiers, au point qu'elle avait dénoncé les "coups bas" de l'industrie.

Les Etats-Unis, l'Allemagne et le Japon avaient maintenu des réserves sur le texte jusqu'à la dernière minute.

Beaucoup d'Etats des Etats-Unis interdisent le tabac dans les lieux publics ou la vente aux mineurs mais certains des principaux fabricants de cigarettes sont américains.

"On ne peut pas mettre en doute l'engagement résolu des Etats-Unis à contrôler la menace pour la santé publique que constitue le tabagisme", a tenu à souligner le délégué américain à l'assemblée.

Le point le plus âprement discuté a été l'interdiction de la publicité. Plus d'une centaine d'Etats, notamment des pays d'Afrique et d'Asie du sud-est et une vingtaine de pays européens, souhaitaient une interdiction totale mais certains pays y étaient vivement opposés.

La Convention prévoit finalement que "chaque partie, dans le respect de sa constitution, instaure une interdiction totale de toute publicité en faveur du tabac, ainsi que de la promotion et du parrainage". Mais les pays qui, en raison de leur constitution, ne peuvent interdire la publicité pourront se contenter de la restreindre.

La responsabilité des industriels du tabac dans la dégradation de la santé des fumeurs a aussi donné lieu à un compromis. Le traité affirme qu'il s'agit d'un "aspect important de la lutte anti-tabac" mais laisse à chaque pays le soin de "prendre au besoin" des mesures.

Plusieurs fumeurs, aux Etats-Unis ou en France, ont attaqué en justice les fabricants de cigarettes, leur réclamant des millions de dollars ou d'euros.

Les signataires de la convention se disent "inquiets notamment de l'augmentation de la consommation de cigarettes chez les femmes et les jeunes fillee" et reconnaissent que la taxation du tabac est "un moyen efficace et important" de réduire la consommation.

Les cigarettiers avaient brandi la menace de pertes d'emploi massives mais les experts n'y croient pas. Selon un rapport de l'Organisation internationale du travail (OIT), quelque 100 millions de personnes sont employées dans les activités générées par le tabac, dont 90% dans le tiers-monde mais "aucune corrélation n'a été établie entre le déclin de la consommation et la réduction du niveau de l'emploi".

Rubrique : Santé
  Article précédent : L'OMS adopte une convention pour la lutte anti-tabac dans le monde (AP)
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Dossier : Santé publique
  Article précédent : Chirac veut "consolider" et "moderniser" le système de santé (Reuters)
Dossier : Tabac
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Médecine et santé

Traité international contre le tabac

 

Les 192 Etats membres de l’Organisation mondiale de la Santé ont approuvé aujourd’hui à Genève le premier traité international contre le tabac. Cette convention-cadre vise à réduire la mortalité due au tabagisme à travers le monde. Selon l’OMS, 5 millions de personnes meurent chaque année des conséquences du tabagisme. Un chiffre qui pourrait doubler d’ici 2020 si rien n’est fait pour stopper la consommation de tabac. En recul dans plusieurs pays riches, celle-ci augmente dans les pays en voie de développement, souligne l’OMS, qui estime que dans 20 ans 70% des victimes du tabac pourraient se compter dans ces pays.

La convention signée par la 56ème Assemblée mondiale de la Santé impose des restrictions sur la publicité pour le tabac ainsi que sur toute forme de parrainage et de promotion impliquant la cigarette. L’accord insiste aussi sur les messages devant être délivrés au public. Les mentions ‘’légères’’ seront interdites. Par ailleurs, la lutte contre la contrebande de tabac doit être intensifiée.

Ce traité est le fruit de quatre années de dures négociations au niveau international. La convention entrera en vigueur dès qu’elle aura été ratifiée par 40 pays.

La liste des cancers induits par le tabac ne cesse de s’allonger. Aux cancers des poumons, de la bouche ou de la gorge, le Centre de recherche international sur le cancer (CIRC) a ainsi ajouté l’année dernière les cancers de l’estomac, du foie, du col utérin, du rein ainsi que la leucémie myéloïde. Le CIRC a également classé le tabagisme passif dans la catégorie cancérogène.

(21/05/2003)

Mattéi relance la guerre
contre le tabac
Le ministre propose, outre une forte hausse des prix, l'interdiction des paquets de moins de 19 cigarettes et l'interdiction de vente aux - de 16 ans.

 
"Le gouvernement français a déclaré la guerre au tabac", a affirmé mardi à Genève le ministre français de la Santé Jean-François Mattei, qui a préconisé de fortes hausses des prix des cigarettes.
Le ministre a rappelé que les cigarettiers avaient en fait amorti les précédentes hausses en réduisant leur marge bénéficiaire.
Il a affirmé qu'il allait s'assurer que les prochaines hausses se traduiraient dans les faits. "Tant que je ne les conduirai pas à traduire dans les prix l'augmentation réelle qui est votée, a-t-il dit, je considère que la marge peut être encore réduite".
M. Mattei se trouvait à Genève pour participer à l'assemblée générale annuelle de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Celle-ci a adopté mercredi la première convention internationale antitabac, qui vise notamment à limiter la publicité sur les produits du tabac.
"C'est une avancée considérable même si cela ne suffit pas", a commenté le ministre.

Une série de mesures

Parmi les mesures que M. Mattei préconise en France, et qu'il a proposé mercredi au Conseil des ministres, figurent, outre la hausse de prix, une interdiction des conditionnements de moins de 19 cigarettes et une interdiction de la vente de tabac aux mineurs de moins de 16 ans.
Le ministre a affirmé qu'il était "très favorable" à cette dernière interdiction. "Je ne vois pas pourquoi l'interdiction serait valable pour l'alcool (..) et pas pour la distribution de tabac chez les buralistes", a-t-il fait valoir.
La proposition de loi sénatoriale interdisant la vente de tabac aux moins de 16 ans avait été votée au Sénat en première lecture le 11 février mais rejetée le 6 mai par la commission des Affaires sociales de l'assemblée.
Pour une majorité de députés de la commission, le texte comportait des sanctions trop lourdes à l'égard des buralistes.


ericjeanloicbreton | | 2003-05-21 11:04:23
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1 Commentaire :

Commentaire écrit le mardi 25 mai 2004 à 12:14:09 (lien)

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Mercredi 21 mai 2003

CANCER
Cancer colo-rectal : prenez des fibres, mais pas en boîtes !

Deux nouvelles études confirment l’intérêt d’une alimentation riche en fibres pour réduire les risques de cancer du côlon. Mais attention. Il s’agit des aliments naturellement riches en fibres et non des suppléments alimentaires.

Ulrike Peters, du National Cancer Institute américain, s’est intéressée au lien éventuel entre la consommation de fibres et la fréquence des cancers colorectaux. Comparant l’apport en fibres de 34 000 individus indemnes de cancer avec celui de 3 600 autres participants qui présentaient au moins un polype colo-rectal, elle a noté que le risque de cancer était abaissé de 25% parmi les consommateurs de fibres.

Ces résultats viennent d’être confirmés par une étude menée par Sheila Bingham et Nick Day du United Kingdom Medical Council, et Elio Riboli du Centre international de Recherche contre le Cancer (CIRC) de l’OMS à Lyon. Avec des collègues de l’European Prospective Investigation into Cancer, (EPIC) leur travail atteste également les avantages d’une alimentation riche en fibres. Sur une cohorte de près d’un demi million de sujets, ils ont en effet montré que ceux qui mangeaient davantage de fibres (35 g par jour) voyaient leur risque de cancer colorectal réduit de 25 % comparé à ceux qui en consommaient 15 g par jour en moyenne.

Deux conclusions rigoureusement superposables donc ! N’hésitez donc pas à consommer des fibres dans votre alimentation, sans oublier cette importante précision donnée par Sheila Bingham. « Nous n’avons pas évalué l’intérêt des suppléments alimentaires à base de fibres, ou des aliments enrichis en fibres alimentaires. Les résultats que nous avons observés s’appliquent uniquement aux aliments naturels, et le public ne doit pas s’imaginer que ces suppléments alimentaires présentent le même intérêt que les céréales, les fruits et les légumes. »

Sources: CIRC, 1er mai 2003

(Destination Santé)
Rubrique : Santé
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  Article suivant : Jean-François Mattei se donne 100 objectifs de santé publique (AP)
Dossier : Cancer
  Article suivant : Avant l’été : ne tombez pas dans le piège des caroténoïdes ! (Destination Santé)


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-21 11:03:47
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Mercredi 21 mai 2003

OBJECTIFS DE MATTEI
Jean-François Mattei se donne 100 objectifs de santé publique

PARIS (AP) - Le ministre de la Santé Jean-François Mattei a présenté mercredi en Conseil des ministres un projet de loi destiné à définir une véritable politique de santé publique, avec la fixation de 100 objectifs sur cinq ans.

Sur les 150 milliards d'euros consacrés chaque année à la santé en France, seuls trois milliards vont à la prévention et à la santé publique malgré la multiplication des crises sanitaires ces dernières années. Parallèlement, le taux de mortalité "évitable" -avant 60 ans- reste en France "anormalement élevé", a souligné M. Mattei lors d'une conférence de presse.

Face à ce constat, le texte défendu par le ministre réaffirme le rôle de l'Etat comme "chef d'orchestre" lors des crises sanitaires et précise les mesures qu'il est habilité à prendre. Le projet de loi stipule ainsi que la réparation des dommages imputables aux mesures prises dans des circonstances exceptionnelles est à la charge de l'Etat.

Il confie également aux préfets la définition de politiques régionales de santé publique afin de lutter contre les disparités, parfois criantes. Ainsi, l'écart d'espérance de vie entre le Nord et la région Midi-Pyrénées est de 2,5 ans pour les femmes et 4,6 pour les hommes, au profit de la seconde.

Mais le gouvernement se fixe surtout 100 objectifs de santé publique sur cinq ans, au premier rang desquels figurent la lutte contre le cancer, contre la consommation de tabac et d'alcool (avec l'interdiction de la vente de paquets de moins de 19 cigarettes), la prévention des comportements à risques, la santé environnementale ou les maladies rares.

Ces objectifs auront valeur d'engagement. Ils doivent donc donner lieu à la définition de plans stratégiques pluriannuels, sur lesquels le gouvernement rendra compte devant le Parlement tous les cinq ans.

"La France va pour la première fois se doter d'un plan de santé publique avec ce texte", s'est félicité mercredi le président Jacques Chirac, dont les propos étaient rapportés par le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé. "J'en approuve les priorités", a déclaré le chef de l'Etat.

Interrogé sur l'interdiction de la vente de tabac aux moins de 16 ans, M. Mattei a réaffirmé mercredi la volonté du gouvernement de soutenir cette mesure, malgré l'opposition des députés, qui ont rejeté une proposition de loi du Sénat en ce sens.

"Le gouvernement a un droit d'amendement et nous ferons le point le moment venu", a affirmé le ministre. Le texte doit être soumis aux députés en première lecture avant l'été ou à l'automne au plus tard. D'ici là, "ou le Parlement a trouvé sa solution, ou il ne l'a pas trouvée et le gouvernement la trouvera", a déclaré le ministre.

"Il vaut mieux prévenir que guérir. Cela coûte moins cher", a résumé mercredi Jean-François Mattei. Ces mesures, financées essentiellement par des redéploiements de crédits, ont effectivement l'avantage de ne pas coûter grand-chose, alors que les comptes de la Sécurité sociale sont dans le rouge depuis 2002.

Le "trou" du régime général devrait atteindre 7,9 milliards d'euros en 2003. A elle seule, la branche maladie devrait enregistrer un déficit cumulé de 16 milliards d'euros sur 2002 et 2003.

Pour l'heure, M. Mattei a renvoyé à décembre prochain le projet de loi sur la "gouvernance" de l'assurance-maladie, détaillant les réformes "structurelles". Les mesures sur le financement, qui s'annoncent douloureuses, seront quant à elles prises dans le cadre du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), examiné au Parlement à l'automne. AP

co/mw

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ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-21 11:03:23
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