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Publié le mardi 20 mai 2003

Mardi 20 mai 2003

ETHIQUE BIOMEDICALE
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RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
Ministère de la Santé, de la Famille et des Personnes handicapées  

Ministère de la santé, de la famille et des personnes handicapées

Le 19 mai 2003

COMMUNIQUE

Ethique biomédicale :
remise du rapport Cordier à Monsieur Mattei

Les professions de santé sont aujourd'hui confrontées à des questions de plus en plus lourdes soulevées par l'évolution des techniques d'investigation, les thérapeutiques et la confrontation entre les attentes nées du progrès médical et les impératifs d'égal accès aux soins.

Conscient de l'insuffisance des lois à traiter de l'éthique et des besoins exprimés par les professionnels, Jean-François Mattei, ministre de la santé, de la famille et des personnes handicapées, confiait, le 26 novembre dernier, à Alain Cordier le soin de mettre en place une commission de réflexion sur l'éthique biomédicale.

Formée de onze membres, cette commission était chargée d'analyser la nature des besoins des professions de santé, de proposer des organisations nouvelles facilitant l'exercice de la réflexion et le développement de la formation à l'éthique, de proposer de nouveaux cursus professionnels et universitaires aptes à répondre aux attentes en la matière.

Les propositions remises au Ministre visent à donner toute sa place à la réflexion éthique dans la formation initiale ainsi que dans l'exercice médical et soignant, mais également à prendre en compte la réflexion éthique pour réformer le système de santé.

Elles ouvrent donc la perspective de débats qui intéressent notre société et méritent d'être livrées à la connaissance du public. Leur mise en œuvre nécessite de prendre un certain nombre de dispositions, Jean-François Mattei a en conséquence décidé de saisir de cette question le Comité consultatif national d'éthique (CCNE), le Ministre chargé des universités, les ordres professionnels et l'ensemble des instances concernées.

Consultez le rapport

CONTACTS PRESSE :
Annick GARDIES : 01 40 56 66 24
Mathieu MONNET : 01 40 56 40 12

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ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-20 10:42:43
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Mardi 20 mai 2003

ALZHEIMER

Maladie d’Alzheimer :

un diagnostic simplifié

par ponction lombaire ?

Une équipe des National Institutes for Mental Health de Bethesda, dans le Maryland, vient de clore un travail qui laisse espérer un diagnostic plus aisé de la Maladie d’Alzheimer, par dosage de protéines dans le liquide céphalo-rachidien (LCR).

Après une simple ponction lombaire, qui consiste à prélever une petite quantité du liquide qui entoure la molle épinière aux fins d’analyse, Trey Sunderland et ses collaborateurs ont en effet dosé la concentration du LCR en protéine béta-amyloïde et protéine tau.

Impliquées dans la formation des plaques amyloïdes caractéristiques de la maladie d’Alzheimer, ces dernières sont en effet considérées comme des marqueurs spécifiques. La difficulté est toutefois de parvenir à en mesurer la présence dans l’organisme, du vivant même du patient. Le travail de Sunderland a porté sur 136 patients atteints de la maladie et 72 sujets indemnes, utilisés comme contrôles. Ses données ont été confirmées par la méta-analyse de 51 études déjà publiées qui incluaient plus de 3 000 patients dont 1 400 contrôles. Les patients atteints de Maladie d’Alzheimer ont dans le LCR moins de protéine béta-amyloïde, et davantage de protéine tau.

Sources: JAMA 2003 ; 289 : 2094-2103

(Destination Santé)
Rubrique : Santé
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ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-20 09:42:27
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Mardi 20 mai 2003

TABAC
lundi 19 mai 2003, 16h00
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La grosse pomme qui

ne fume plus…

Avec prise d’effet le 26 juillet 2003, tous les New-yorkais se verront garantir le droit à un environnement professionnel sans fumée. Un arrêté de George Pataki, gouverneur de l’état, fait de ce dernier le troisième état « sans tabac » de l’union.

Tous les espaces à usage professionnel sont visés par le nouveau texte, même s’ils sont destinés à un usage considéré comme « récréatif ». Les bureaux donc mais aussi les restaurants, les bars, les salles de bingo, les bowlings et autres boîtes de nuit deviendront alors des lieux non-fumeurs.

Une victoire importante pour les tenants des droits des non-fumeurs. L’état de New York figure en troisième position sur une liste qui comportait déjà la Californie et, région de moindre importance, le Delaware…Quatre états supplémentaires, tous situés sur la côte est des Etats-Unis, devraient les rejoindre très prochainement. Il s’agit du New Jersey voisin, du Connecticut, du Vermont et de l’état de Rhode Island. Avec sa loi Evin à peine respectée, notre bonne vieille France fait pâle figure…

Sources: www.smokefreeAir.org

(Destination Santé)
Rubrique : Santé
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Dossier : Tabac
  Article suivant : Altria : acquisition de Papastratos (Boursier.com)


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-20 09:41:56
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Mardi 20 mai 2003

SUCRERIES
lundi 19 mai 2003, 16h58
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Les dentistes finlandais

prônent un "impôt sur

le bonbon"

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HELSINKI (AFP) - Les dentistes finlandais proposent de réinstaurer une taxe spéciale sur les sucreries, supprimée en 1998, pour financer les surcoûts de soin dentaire qu'elles entraînent.

"La consommation de sucreries en Finlande a augmenté très rapidement (ces dernières années) et cela a des effets sur l'état des dents", a indiqué Matti Poeyry, directeur de l'Association des dentistes finlandais.

La consommation de bonbons est en effet passé de 8,2 kg par personne en 1995 à 12,5 kg en 2001, selon les statistiques de l'association.

Traditionnellement dans les pays nordiques, les enfants ne consomment des sucreries qu'un jour par semaine, le samedi, mais ils sont de plus en plus nombreux à le faire du lundi au dimanche.

Entre 1985 et 2001, le nombre d'enfants de 12 ans sans carie est resté stable. En revanche, les dents des enfants souffrant de caries étaient plus sévèrement atteintes, avec des trous plus profonds et plus nombreux, entraînant un renchérissement des traitements.

Les soins dentaires sont gratuits jusqu'à l'âge de 18 ans. Les assurés s'acquittent ensuite de un à deux tiers de la facture en fonction du traitement, le reste étant pris en charge.

Rubrique : Santé
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Dossier : Santé publique
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ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-20 09:41:10
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Mardi 20 mai 2003

AVC
mardi 20 mai 2003, 12h00
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L’hypertension, premier

facteur de risque d’AVC

« Chaque année en France, entre 130 000 et 150 000 accidents vasculaires cérébraux (AVC) sont diagnostiqués. Une personne sur quatre mourra dans le mois qui suit, 1 sur 2 survivront avec des séquelles souvent lourdes et 1 sur 4 seulement en sortira indemne.»

Des drames par dizaines de milliers, comme l’explique le Pr Jean-Marie Mallion, du CHU de Grenoble. Or la première cause de ces accidents, c’est une maladie trop banalisée, mésestimée, l’hypertension artérielle. « Un niveau de pression artérielle trop élevé favorise le processus d’athérosclérose. Avec le temps, les vaisseaux voient leur lumière (c’est-à-dire leur diamètre, n.d.l.r.) se rétrécir ou même s’obstruer. » explique Jean-Marie Mallion. D’où le risque d’AVC, « d’autant plus grand que la pression artérielle est élevée, et qu’il existe des facteurs de risque associés » tels que l’âge, l’existence d’un diabète ou d’une hypercholestérolémie.

Eviter le plus grand nombre d’AVC, c’est très important. Parlez-en autour de vous ! Et si vous comptez dans vos proches un hypertendu, veillez au respect scrupuleux de son traitement. Il permet de réduire le risque d’AVC. Et fait nouveau, il est prouvé que sur les quelque 300 médicaments contre la tension l’un d’entre eux, le losartan, permet une réduction du risque d’AVC de 25% supérieure à celle offerte par l’aténolol, jusque là considéré comme la référence ! Et cela, bien que les deux médicaments abaissent les chiffres de la tension au même niveau, ce qui démontre que la diminution des chiffres tensionnels n’est pas tout…

Et si malgré tout un accident survient, l’admission dans une unité d’urgences neuro-vasculaires – ce qu’en bon français on appelle un « stroke center… » - s’impose d’emblée. Il est vital d’agir dès les premiers symptômes. Car chaque heure perdue est un peu de fonction cérébrale en moins… Faute d’avoir su prévenir l’accident par un traitement adapté et bien suivi de l’ensemble des facteurs de risque, notez les coordonnées de ces unités, malheureusement trop rares et inégalement réparties sur le territoire !

A Paris

  • Bichat 01 40 25 87 72,

  • Lariboisière 01 49 95 65 12,

  • Sainte-Anne 01 45 65 82 95,

  • La Salpétrière 01 42 16 18 55,

  • Tenon 06 57 48 92 76.

En province


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-20 09:40:06
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Mardi 20 mai 2003

SPERMATOZOIDES

Les spermatozoïdes se comportent

comme des missiles guidés

par la chaleur

Photo
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JERUSALEM (AFP) - Les spermatozoïdes sont dotés de détecteurs des sources de chaleur émises par les ovules qui leur permettent de les atteindre opérant ainsi à la manière des missiles sol-air lancés contre des avions, selon des chercheurs israéliens de l'Intitut Weizman de Rehovot, près de Tel-Aviv.

Cette découverte pourrait révolutionner les techniques de fécondation artificielle rapporte "Interface", une publication de l'Institut Weizman, dans un article intitulé "La chasse à l'ovule des spermatozoïdes".

"Les spermatozoïdes ont beaucoup de choses en commun avec les missiles guidés par les sources de chaleur tirés contre des avions et autres cibles militaires", peut-on lire dans cet article.

Les recherches dirigées par le professeur Michael Eisenbach sur des spermatozoïdes de lapin ont montré que les spermatozoïdes trouvaient leur chemin vers l'ovule au moyen des sources de chaleur qu'elle émet.

Des expériences effectuées par la suite sur des spermatozoïdes humains ont confirmé cette découverte susceptible d'améliorer les techniques de fécondation in vitro.

Rubrique : Santé
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Dossier : Santé publique

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-20 09:39:09
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Mardi 20 mai 2003

POLIO


Le Figaro, n° 18281
Lundi 19 mai 2003, p. 14

SCIENCES ET MEDECINE

Les grandes campagnes de vaccination de l'organisation
Après la variole, offensive contre la polio

Jean-Michel BADER

Après la variole déclarée officiellement éradiquée en 1980, au terme de plus de treize années d'efforts et de campagnes globales de vaccination, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'est, en mai 1988, attaquée à la poliomyélite. En plus des campagnes nationales de vaccination, des journées d'immunisation de masse pays par pays, une tactique d'encerclement des poches régionales d'infections et une surveillance clinique et biologique accrue ont permis de limiter beaucoup l'infection.

Mardi 12 mai, l'OMS a annoncé un changement brusque de stratégie de lutte, du fait de l'évolution soudaine de l'épidémiologie de la maladie, responsable de paralysies flasques chez les enfants des pays pauvres.

Le poliovirus sauvage est toujours aussi redoutable dans les poches de résistance où il persiste, et d'où il jette des flambées épidémiques aussi meurtrières que par le passé. En 2002, 93 pays avaient organisé 266 campagnes de vaccination, mais, en 2003, « seulement » 51 de ces campagnes massives seront effectuées dans 13 pays cibles. Le nombre de cas a déjà fortement diminué : on est passé de 350 000 cas par an en 1988 dans 125 pays à 1 919 cas dans 7 pays en 2002. Les campagnes de vaccination de masse sont très efficaces dans ce contexte : en 2002, plus de 500 millions d'enfants ont été vaccinés et seront protégés. C'est que la poliomyélite est plus circonscrite géographiquement qu'elle ne l'a jamais été : seuls sept pays sont encore le siège d'une endémie. Par ordre décroissant de la charge de la morbidité (c'est-à-dire le rapport du nombre de malades sur le nombre de bien-portants), il s'agit de l'Inde, du Nigeria, du Pakistan (ces trois pays concentrent 99 % des cas), de l'Egypte, de l'Afghanistan, du Niger et de la Somalie. Dans ces sept pays, seules quelques zones géographiques concentrent les cas de poliomyélite.

En Inde, ce sont les régions du Nord qui sont concernées, mais ces poches se sont avérées extrêmement dangereuses. Le poliovirus est en effet « hautement transmissible », et donc effroyablement contagieux. Suite à la réduction du nombre de campagnes de vaccination en Inde, l'année dernière, les poches de transmission du nord du pays ont été à l'origine de la plus importante épidémie de l'histoire récente. Elle a vu le nombre de nouveaux cas multiplié par six et la transmission reprendre dans des zones précédemment libérées.

Cette année, 297 millions de doses supplémentaires de vaccin antipolio buccal seront distribuées dans la zone géographique resserrée, de même qu'environ 32 millions d'euros de ressources additionnelles. Mais une surveillance accrue est également nécessaire sur les autres pays du monde : à la fin de 2002, il manquait près de 250 millions d'euros supplémentaires pour réaliser les objectifs d'ici à 2005. Le Rotary International veut y contribuer par une collecte de fonds à hauteur de 72 millions d'euros d'ici à juin 2003.

Catégorie : Sciences et techniques
Sujet(s) uniforme(s) : Maladies, traitement et prévention; Santé publique et condition physique
Sujet(s) - Le Figaro : SANTE; ORGANISATION MONDIALE; OMS; PREVENTION; VACCIN
Lieu(x) géographique(s) - Le Figaro : MONDE
Type(s) d'article : ARTICLE
Taille : Moyen, 337 mots

© 2003 Le Figaro. Tous droits réservés.

Doc. : 20030519LF182811402


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-20 08:39:56
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Mardi 20 mai 2003

SIDA

Christine Katlama,

 infectiologue, revient

sur la découverte du

virus du sida, il y a vingt

 ans, et l'évolution du

combat contre la

maladie:


«L'arrivée du

 VIH? Comme

un Mai 68»

Par Eric FAVEREAU

lundi 19 mai 2003


 
 
 

 

'était il y a vingt ans. Le 20 mai 1983, un article décisif était publié dans la revue américaine Science. Il tendait à montrer que le sida avait pour origine un rétrovirus. Une publication historique signée par des équipes françaises, au nez et à la barbe du bataillon des chercheurs américains (en particulier le Pr Robert Gallo). A l'époque, Christine Katlama (hôpital la Pitié-Salpêtrière, à Paris) était une jeune interne. Aujourd'hui une des infectiologues les plus actives sur le front du sida, elle revient pour Libération sur cette découverte.

Vous souvenez-vous de la publication dans «Science» ? Et du choc de cette nouvelle épidémie ?

Ce n'était pas un jour particulier. Cela faisait plusieurs semaines qu'on savait qu'un virus était à l'origine du sida. Et puis, j'étais jeune interne. Je n'étais pas dans le premier cercle. Reste que l'arrivée du VIH a été pour nous comme un Mai 68. Un bouleversement complet. A l'époque, dans les services de maladies infectieuses, on n'était pas confronté à des malades chroniques. Certes, les patients sont très malades. On a une guerre à mener : il y a une bête, il faut la trouver, l'attaquer, mais ils pouvaient guérir. Avec le sida, on voit arriver tous ces jeunes. On avait leur âge. Dans nos sociétés, on ne meurt pas à 30 ans. Et là, ils mouraient, du sexe. Qu'est-ce qui pouvait les détruire comme ça ? Quand on a su que c'était un virus, un virus incroyable, fascinant, qui sait totalement s'adapter, on pouvait commencer à se battre.

C'étaient des années de peur ?

Non. Je n'ai jamais eu peur. On a su assez vite que les voies de contamination étaient le sang et le sexe.

Vous n'avez pas eu peur de perdre la guerre ?

Très vite, des choses se sont passées. La recherche clinique était omniprésente : il fallait trouver quelque chose. Avancer. Par exemple, au début, il y avait les rétinites à cytomégalovirus, qui rendaient aveugles. On ne pouvait pas sombrer avec les patients. Tout ce que l'on pouvait tester, on le faisait. On s'est battu pour avoir le Foscarnet, un antiviral. Je me souviens d'un week-end où j'étais de garde. J'ai eu jusqu'à cinq décès. Ici, quand je vais là où sont rassemblés tous les dossiers des patients, c'est un peu comme le cimetière d'une petite ville.

Durant ces vingt ans, quels sont vos moments clés ?

Il y a eu la découverte de l'HIV 2, en 1986. J'avais un patient qui venait du Cap-Vert. Il était malade, mais séronégatif. Il avait tous les symptômes. On ne comprenait pas. Et je dis à Françoise (Barré-Sinoussi, virologiste à l'Institut Pasteur, ndlr) de prendre de son sang et de tenter de faire de la culture virale. Et ça a poussé. C'était incroyable, un autre virus du même groupe que le VIH 1 !

Avec Françoise, on décide d'aller au Cap-Vert. On y découvre plein de malades. C'était un choc énorme. Après, on va dans d'autres pays. Au Mali, en 1989, on voit que 90 % des prostituées sont contaminées. A l'époque, c'était tabou. Mais il fallait être aveugle pour ne pas se rendre compte que l'on était face à une maladie pas comme les autres.

L'autre moment fort a été les résultats d'un essai de bithérapie, en 1993. Avec deux molécules : l'AZT et le 3TC. Le labo Glaxo ne croyait plus au 3TC qui n'avait pas d'effets sur les CD4 (les cellules de l'immunité, ndlr). Mais nous, on commençait à faire de la culture virologique, et on voyait bien que le 3TC agissait. On les convainc, on monte l'essai. Et on voit les résultats. La courbe de survie : pour la première fois, à six mois, les patients étaient moins mal qu'au départ. Quand je présente les résultats au congrès à Glasgow, je le vois dans le regard des gens. Comme un rideau noir qui s'entrouvre. On sait maintenant que c'est à partir de ces années-là que la courbe des décès va s'inverser.

On dit que, vingt ans plus tard, les services d'infectiologie se sont à nouveau normalisés...

Je ne trouve pas. Il nous reste d'autres combats. On a gagné le combat des complications, mais on a celui des alternatives thérapeutiques. Et puis, il y a l'Afrique. Comment se normaliser ? Un exemple : je rentre du Mali, on a développé des équipes hospitalières, on a mis au point un test simple et rapide pour faire la charge virale. Mais tout traîne. Comment accepter qu'ils ne s'en servent toujours pas depuis six mois? Comment supporter que, pendant trois semaines, les kits de test soient restés bloqués aux douanes. Au Kenya, avec le sida, les habitants ont perdu vingt-cinq ans d'espérance de vie .

 

25 millions de

morts

Par Eric FAVEREAU

lundi 19 mai 2003


 
 
 

 

out le travail de recherche a été effectué en un temps record. Les premiers cas de sida ont été signalés en 1981 aux Etats-Unis, chez des homosexuels. A peine deux ans plus tard, une équipe pluridisciplinaire, composée de virologistes (Luc Montagnier et Françoise Barré-Sinoussi, de l'Institut Pasteur) et de cliniciens comme Willy Rozenbaum, décelait dans le ganglion d'un patient des traces d'une activité rétrovirale. Lançant du même coup la possibilité de test de dépistage, puis de traitements.

Vingt ans plus tard, la situation est schizophrénique. Jamais l'épidémie n'a été aussi terrible : à ce jour, plus de 42 millions de personnes sont infectées dans le monde et plus de 25 millions sont mortes. Chaque année, on compte 3,5 millions de décès. En même temps, depuis 1997, des traitements ont bouleversé le déroulement de la maladie. On contrôle le virus, on le rend même indétectable, on vit avec le VIH : les taux de décès se sont effondrés dans les pays occidentaux. Mais, au Sud, 90 % des malades sont en attente de médicaments.

Le Laos doit réagir vite pour

éviter une épidémie de sida,

estime l'ONU

Photo
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HANOI (AFP) - Le Laos a eu beaucoup de chance jusqu'à maintenant en évitant une grave épidémie de sida et doit cesser de fermer les yeux sur le problème s'il veut éviter un drame, estime une responsable des Nations unies.

Au terme d'une visite de trois jours à Vientiane la semaine passée, le Dr. Nafis Sadik, conseillère spéciale de Kofi Annan sur le sida, a accusé les autorités de "bigoterie", a indiqué lundi le bureau des Nations unies à Vientiane.

Les préjugés mentaux et un engagement financier insuffisant retardent les efforts de prévention du sida et mettent en danger ceux qui ont contracté la maladie, a estimé en substance le Dr. Sadik.

"Vous avez eu beaucoup de chance au Laos jusqu'à maintenant. Le pays a été très isolé du monde extérieur pendant longtemps et le taux de contamination est faible. Mais cela ne durera pas si un engagement n'est pas pris au plus haut niveau", a-t-elle assuré.

En 2002, un rapport a établi que seuls 1.094 séropositifs avaient été répertoriés au Laos. Mais le pays connaît une augmentation constante de la circulation des biens et des personnes, qui accroit considérablement les risques.

Le Dr. Sadik a rappelé le cas de la Namibie, passée en 14 ans de zéro cas à 25 % de la population contaminée.

"L'étroitesse d'esprit" des autorités lao est responsable selon elle "d'une discrimination contre les travailleurs sexuels, les homosexuels, les migrants les femmes faibles et sous-payées et les adolescents", tous exposés à des risques importants.

"Ceux qui vivent avec la maladie ne peuvent en parler ni expliquer aux autres comment s'en protéger. Au premier abord, les malades souffrent d'une discrimination moindre que dans d'autres pays, mais en réalité ils ne recevront aucun traitement moderne au Laos", a-t-elle ajouté.

Nafis Sadik a notamment rencontré le Premier ministre Boungnang Vorachit et le ministre des Affaires étrangères Somsavad Lengsavat.

Le clergé bouddhiste a lui aussi été sollicité pour améliorer la prévention et s'occuper des malades.

Rubrique : Santé
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Dossier : Santé publique
Dossier : Actualité du sida
Dossier : ONU

Les pays pauvres toujours en attente de traitements
LE MONDE | 20.05.03 | 13h27

Bien qu'il ne soit pas particulièrement pessimiste de nature, le professeur Philippe Kourilsky, directeur général de l'Institut Pasteur, évoque à propos du sida "une situation extrêmement critique et qui peut s'aggraver". Cette vision pour le moins réaliste tient autant aux difficultés rencontrées sur le plan scientifique qu'à l'étendue du désastre actuel et à venir dans les pays les pauvres. Rares sont les médecins et scientifiques impliqués dans la lutte contre le sida qui ne soulignent pas à quel point les pays du Nord ne peuvent se désintéresser de ce qui se passe au Sud.

A la fin de l'année 2002, 42 millions de personnes dans le monde étaient infectées par le VIH, pour l'essentiel dans les pays du tiers-monde. Cinq millions de nouvelles infections ont eu lieu l'année écoulée et 3,2 millions de personnes sont décédées du sida en 2002. Toutes les projections indiquent que le pic de l'épidémie est encore largement devant nous. L'Onusida, qui coordonne l'action des agences des Nations unies, estime que l'épidémie pourrait devenir hors de contrôle en Asie et dans l'ensemble Europe orientale et Asie centrale.

La question de l'accès aux traitements est soulevée depuis plusieurs années, notamment par des organisations non gouvernementales, au Nord comme au Sud. L'Organisation mondiale de la santé s'apprête à rendre publique une étude montrant qu'il arrive que les médicaments soient vendus plus cher dans les pays en développement que dans les pays industrialisés. Même si les laboratoires pharmaceutiques ont réduit, parfois de manière spectaculaire, les prix des antirétroviraux en Afrique, le problème est loin d'être résolu.

Certains scientifiques s'inquiètent de la diffusion des traitements antirétroviraux en Afrique et dans le tiers-monde en général. Evoquant les risques de mauvais suivi du traitement par les malades, ils s'alarment de l'apparition d'éventuelles résistances. Outre les réserves éthiques qu'elles soulèvent, ces interrogations pourraient aussi bien s'appliquer aux pays occidentaux. Elles ne font que renforcer la nécessité d'"améliorer la simplicité des traitements, comme l'affirme le professeur Willy Rozenbaum (hôpital Tenon, Paris). Aujourd'hui on peut avoir un traitement combiné avec 2 comprimés par jour. Il faut rappeler qu'un traitement pris à 100 % marche à 100 %, mais qu'un traitement seulement pris à 70 % échoue dans 100 % des cas". Des innovations qu'il faudra bien apporter jusque dans les pays du Sud.

Pour l'essentiel, le seul acquis thérapeutique dans les pays pauvres repose sur les programmes de prévention de la transmission mère-enfant, même si le problème de l'allaitement maternel, source possible de contamination, reste posé. Cependant, des facteurs sociaux empêchent une partie des femmes séropositives de venir prendre un traitement gratuit.

"Le plus grand défi reste celui de l'épidémie dans les pays en développement. Nous sommes sous le regard de l'histoire et des générations futures", avertit le professeur Rozenbaum.

Paul Benkimoun

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 21.05.03

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-20 08:12:04
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Mardi 20 mai 2003

EUTHANASIE
Un médecin veut apprendre aux Australiens à fabriquer leur "machine de la mort"

SYDNEY, 19 mai (AFP) - Philip Nitschke, médecin australien qui milite pour le droit à l'euthanasie, veut apprendre à ses compatriotes à fabriquer eux mêmes un engin surnommé "machine de la mort", défiant la législation locale, rapporte lundi un journal australien.

La machine du Dr Nitschke est un appareil portatif qui permet de se suicider en inhalant par un tube de plastique du monoxyde de carbone, un gaz mortel.

Environ 40 personnes se sont déjà inscrites pour participer à des ateliers dans plusieurs villes australiennes pour apprendre à fabriquer cette machine, baptisée COGen, qui produit le monoxyde de carbone, a indiqué M. Nitschke au journal The Australian

En janvier dernier les douanes de Sydney avaient saisi un prototype de cette "machine de mort" au moment où le médecin partait pour San Diego (Californie) où il allait participer à une conférence sur l'euthanasie dans cette ville. Les douanes l'avaient informé que l'exportation d'appareils liés au suicide était interdite par une nouvelle législation.

Dans le courant du mois il a l'intention de montrer pour la première fois au public en Australie comment la machine fonctionne à l'occasion d'une réunion à Sydney "Killing me Softly: comment mourir en Australie". Il espère commercialiser moyennant 30 à 100 dollars son invention, qui procure une mort "paisible" en quatre à sept minutes.

Ce médecin généraliste s'était rendu célèbre en aidant quatre cancéreux à se suicider en 1996 après que l'Etat australien du Territoire du Nord eut été le premier dans le monde à légaliser l'euthanasie active. L'Etat fédéral a abrogé cette législation en 1997.



ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-20 07:50:37
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Mardi 20 mai 2003

RUBEOLE
La rubéole continue de sévir en France chez les femmes enceintes

PARIS, 19 mai (AFP) - La rubéole, une maladie virale contagieuse qui peut provoquer de graves malformations du foetus chez la femme enceinte, continue de sévir en France malgré l'existence d'un vaccin efficace, selon des données épidémiologiques publiées mardi.

En 2002, 38 cas d'infections rubéoleuses ont été détectés chez des femmes enceintes par le réseau Rénarub, qui collecte des données auprès des biologistes et des médecins traitants, indique le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEF).

Parmi ces 38 femmes, 6 ont donné naissance à un enfant atteint de malformations congénitales, 2 ont eu un avortement spontané et 8 ont subi une interruption de grossesse.

86% des femmes infectées avaient moins de 30 ans, "ce qui témoigne de la persistance de la circulation du virus chez les jeunes adultes, conséquence de l'insuffisance de la couverture vaccinale des enfants", remarque le BEH.

Parmi les 31 femmes en mesure de répondre à la question, aucune n'avait été vaccinée.

Le nombre de femmes infectées demeure faible dans l'absolu, mais la persistance de ces infections "reste difficilement acceptable dans le contexte français", écrit le BEH.

Des campagnes sont régulièrement menées en France pour promouvoir le vaccin "ROR" (rougeole-oreillons-rubéole), le taux de couverture vaccinale (84%) restant insuffisant.

"Outre la nécessité d'améliorer rapidement (...) la couverture vaccinale des nourrissons, le renforcement du rattrapage de la vaccination des jeunes filles et des femmes en âge de procréer non immunisées apparaît prioritaire", conclut la publication du ministère de la Santé.





ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-20 07:46:48
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Mardi 20 mai 2003

CANCER
Sciences de la vie

Laboratoire: le rat nouveau est arrivé

Des spécimens de Rattus norvegicus. (courtesy of N.Gantier)
 
 

Un rat génétiquement modifié a pour la première fois été créé par des scientifiques américains afin d’aider la recherche médicale sur le cancer, annonce aujourd’hui la revue Nature Biotechnology. Les souris transgéniques sont devenues des modèles de laboratoire indispensables pour étudier la fonction des gènes et les maladies génétiques. Un gène peut ainsi être supprimé (knockout) ou inséré (knock in) chez la souris. Mais le rat, modèle plus gros et plus proche de l’homme, résiste à ces manipulations.

Les souris knockout ou knock in sont généralement obtenues en modifiant l’ADN de cellules souches embryonnaires en culture qui sont ensuite agrégées à un embryon, porté par une souris. Eprouvée chez la souris, la technique échoue chez le rat.

Une équipe de l’université de Wisconsin-Madison a contourné l’obstacle en injectant directement chez le mâle un composant qui altère l’ADN du rat. Ces rats se sont reproduits et les chercheurs ont passé au crible le patrimoine génétique de leur descendance. Ils ont ainsi obtenu une lignée dont les gènes BRCA1 et BRCA2 sont mutés. Chez la femme, des mutations sur ces gènes sont impliquées dans les cancers du sein.

Cette technique a cependant ses limites : elle ne permet pas d’insérer ou de supprimer un gène mais seulement de les altérer au hasard. La souris transgénique a encore un bel avenir devant elle.

Cécile Dumas
(19/05/2003)


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-20 07:42:24
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MEDECINE PAR ERIC JL BRETON