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Publié le vendredi 2 mai 2003

Vendredi 2 mai 2003

CONTRACEPTION
Les deux tiers des grossesses non désirées surviennent chez des femmes sous contraception
LE MONDE | 02.05.03 | 13h11

La large diffusion , en France, des méthodes contraceptives ne suffit pas, à elle seule, à garantir un parfait contrôle des naissances. Telle est la principale conclusion d'une étude de deux chercheuses de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), Nathalie Bajos et Nadine Job-Spira, à l'hôpital de Bicêtre (Val-de-Marne), publiée dans le prochain numéro de Human Reproduction, une revue de la Société européenne de reproduction et d'embryologie humaines. Selon cette étude, les deux tiers des grossesses non désirées surviennent, en France, chez des femmes qui ont habituellement recours à une méthode de contraception. Ce phénomène est lié au mauvais usage du contraceptif ou à l'inadaptation de la méthode à la vie sexuelle de la femme.

L'étude a été menée sur un groupe de 1 034 femmes qui venaient d'avoir recours à une interruption volontaire de grossesse ou qui n'avaient pas souhaité leur dernière grossesse. Elle s'est aussi intéressée à un groupe de 1 829 femmes choisies au hasard dans un échantillon représentatif de 14 704 foyers français. Au terme de ce travail sur les deux groupes, les deux spécialistes de santé publique concluent que les deux tiers des grossesses non désirées, qu'elles aient ou non donné lieu à un avortement, sont le fait de femmes qui déclaraient utiliser une méthode contraceptive au moment où elles ont eu un rapport sexuel fécondant.

Pour expliquer ce résultat, 60 % des femmes qui ont eu une grossesse non désirée et qui prenaient la pilule ont déclaré avoir omis, une ou plusieurs fois, de la prendre. Dans ce groupe, 18 % estiment qu'une maladie ou la prise de certains médicaments ont pu être à l'origine d'une réduction de l'efficacité de leur méthode contraceptive, tandis que 20 % déclarent ne pas comprendre.

Chez les femmes ayant choisi le port d'un stérilet intra-utérin, 57 % déclarent ne pas comprendre les raisons de leur grossesse, 30 % estiment que leur stérilet était dans une mauvaise position ou qu'il était "tombé", tandis que 10 % invoquent une maladie ou la prise de médicaments. La moitié des femmes dont le partenaire sexuel avait habituellement recours à un préservatif ont expliqué qu'il avait glissé ou s'était déchiré, 30 % ont déclaré que leur partenaire n'avait pas, cette fois, utilisé la capote et 20 % disent ne pas comprendre.

Chez les femmes ayant choisi des méthodes contraceptives "naturelles", 25 % estiment qu'elles se sont trompées dans le calcul de leur cycle, tandis que 66 % expliquent que leur partenaire n'est pas parvenu à réussir un coïtus interruptus. Enfin, la moitié des femmes ayant choisi d'avoir recours à des techniques contraceptives locales (comme les spermicides) disent avoir oublié de les utiliser, près d'un tiers estiment les avoir employées de manière incorrecte, tandis que 16 % ne comprennent pas.

MODE DE VIE

Au total, Mmes Bajos et Job-Spira considèrent qu'une grossesse non désirée sur trois est la conséquence d'une faille dans l'observance des règles de la contraception. "Ce que notre travail montre le plus clairement est qu'il y a souvent une discordance entre les besoins contraceptifs d'une femme et les méthodes auxquelles cette même femme a recours, note Mme Bajos. Il est impératif aujourd'hui de faire la différence entre les méthodes contraceptives qui sont théoriquement tenues pour être les plus efficaces et celles qui sont les plus faciles à mettre en œuvre à un moment donné de sa vie et des caractéristiques de ses relations sexuelles. Efficacité théorique et compatibilité pratique ne sont pas nécessairement synonymes."

Ainsi pour Mme Bajos, la pilule contraceptive, dont l'efficacité est bien établie, n'est pas la meilleure méthode pour des femmes qui ont des relations sexuelles irrégulières ou dont le mode de vie n'en permet pas aisément la prise quotidienne. De même, le stérilet est rarement utilisé par les femmes dans la décennie qui précède la ménopause, alors que cette méthode est adaptée à celles qui ont déjà eu des enfants, qui ont des partenaires stables et qui ne sont pas exposées au risque de maladies sexuellement transmissibles. Pour les auteurs de l'étude, les médecins, gynécologues et généralistes, devraient plus s'intéresser au mode de vie et aux besoins de leurs patientes qu'à l'efficacité théorique des méthodes aujourd'hui disponibles.

Jean-Yves Nau

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 03.05.03



ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-02 12:19:46
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Vendredi 2 mai 2003

MEDICAMENTS
PHARMACOPÉE La liste de spécialités désormais prises en charge à 35% seulement n'a pas été assez expliquée La liste des médicaments partiellement déremboursés résulte du travail mené par des groupes de spécialistes dans chaque discipline (cardiologie, gynécologie, dermatologie...), qui ont examiné l'efficacité et les effets secondaires de tous les médicaments. (Photo Aubert/Le Figaro.) Médicaments : les raisons scientifiques du déremboursement La publication dans le Journal officiel du 19 avril de la liste de 616 médicaments «à service médical modéré» et de ce fait déremboursés partiellement a soulevé un véritable tollé. Le manque d'information et de communication sur le sujet est en grande partie responsable des réactions épidermiques suscitées par cette annonce. En réalité, ces déremboursements partiels font partie d'un plan global de rationalisation de l'usage des médicaments qui vise non seulement à réduire les dépenses de santé, mais aussi à orienter les prescriptions des médecins vers les médicaments les plus efficaces et les mieux tolérés. Martine Perez [02 mai 2003] En 1999, Martine Aubry, alors ministre des Affaires sociales, consciente de l'explosion des dépenses de santé et notamment de celle des médicaments, demandait à la commission de transparence de l'Agence des produits de santé de réexaminer toutes les spécialités remboursées par la Sécurité sociale, afin de déterminer pour chacune d'elles, le service médical rendu (SMR). La Commission s'est attelée à cette tâche ardue : des groupes de spécialistes dans chaque discipline (cardiologie, gynécologie, dermatologie...) ont été constitués et ont examiné chacun dans leur domaine, l'efficacité et les effets secondaires de tous les médicaments. Ils ont été ensuite classés, selon le service médical rendu utile, modéré, ou insuffisant. Chaque laboratoire recevait le jugement sur ces produits et pouvait faire appel de la décision de la Commission. Il avait été décidé que les médicaments «utiles» resteraient remboursés à 65% ; que ceux dont le SMR était insuffisant seraient totalement déremboursés ; et ceux dits modérés, remboursés seulement à 35%. Martine Aubry, une fois ce travail bouclé, n'a pas pris les décisions de déremboursement qui s'imposaient. Des décisions pas forcément populaires même si rigoureuses, de surcroît combattues par l'industrie pharmaceutique qui pressentait dans cette affaire un manque à gagner. Parce qu'une rationalisation des dépenses de santé est aujourd'hui une obligation pour le gouvernement, Jean-François Mattei, actuel ministre de la Santé, a repris à son compte le projet de Martine Aubry, en décidant de le mener à terme. Pour des raisons obscures, la première liste de médicaments à passer au couperet du déremboursement est celle des molécules à service médical rendu modéré. Cette liste publiée en catimini dans le Journal officiel du 19 avril, sans explication, a déclenché une avalanche de questions, notamment par les médecins qui n'ont pas toujours compris pourquoi tel ou tel médicament voyait brutalement son remboursement rétrogradé de 35 à 65%. «Pendant longtemps la définition du service médical rendu pour les médicaments dépendait d'un seul critère : la gravité de la maladie, explique le professeur Jean-François Bergmann (hôpital Lariboisière) qui a travaillé au réexamen de tous les médicaments. Il a été décidé, après mûres réflexions, que seuls devaient rester remboursés à 65% les médicaments vraiment efficaces, dans des affections graves. Ceux qui n'étaient pas actifs dans les maladies graves, ceux qui étaient modérément actifs, mais dans des affections totalement bénignes, ou encore les médicaments pour lesquels existaient des meilleurs choix, ont fait l'objet d'une proposition de déremboursement partiel ou total, selon les cas.» Ainsi, le déremboursement partiel du Totapen, un antibiotique à large spectre utilisé depuis longtemps, a été considéré par certains médecins comme scandaleux. «S'il est sur cette liste, c'est parce qu'il est mal absorbé par voie orale, alors que d'autres antibiotiques ayant le même spectre d'action comme le Clamoxyl sont plus efficaces, poursuit le professeur Bergmann. Avec une telle démarche, on vise à pousser le praticien vers le meilleur choix thérapeutique.» De même le déremboursement partiel du Voltarène (un anti-inflammatoire) sous formes de suppositoire et d'injection (la forme orale garde le même remboursement), a fait pousser des hauts cris à certains. Alors qu'une telle mesure a pour but d'inciter les médecins à moins les prescrire, du fait des effets indésirables plus fréquents sous ces formes. Si le Voltarène en application locale fait aussi partie de la liste, c'est surtout à cause de son efficacité très limitée. Si l'Halcion, un somnifère d'action courte passe à 35%, c'est en raison de ses effets secondaires, et parce qu'il existe de meilleures solutions. En revanche, le déremboursement partiel d'un certain nombre de médicaments contre l'allergie, les mycoses, ou encore les diarrhées tient à leur efficacité limitée pour des maladies considérées comme bénignes ou encore au fait qu'il existerait des choix plus judicieux. «Je ne jurerais pas que nous n'avons pas fait quelques erreurs d'appréciation, précise le professeur Bergmann. Mais je crois que si cette liste n'a pas été comprise, c'est surtout parce qu'elle n'a pas été expliquée.» Les pharmacologues qui ont examiné la liste à notre demande n'ont pas été scanda lisés. «On ne peut pas dire que cette liste soit délirante, même si elle est complexe, estime le professeur Jean-Paul Giroud (professeur de pharmacologie, hôpital Cochin-Paris), auteur avec le docteur Hagège, d'un Guide de tous les médicaments. On y trouve beaucoup de mé dicaments dépassés ou inutiles. On se demande même, pour certains, pourquoi ne pas les avoir franchement déremboursés.» Le déremboursement de certaines classes de médicaments est cependant contesté par certains : «Je ne comprends pas pourquoi la majorité des corticoïdes oculaires, ou des dermocorticoïdes qui rendent de grands services passent à un remboursement de 35%, soutient le docteur Hagège. Mais en examinant plus attentivement cette liste, je suis moins sévère qu'au début.» Pour quelles raisons, se demandent aussi bon nombre d'experts, le gouvernement n'a-t-il pas présenté d'abord la liste des médicaments à SMR in suffisant, c'est-à-dire inutiles et voués à ne plus être remboursés du tout ? La seule explication est économique. Les médicaments totalement déremboursés risquent de n'être plus prescrits. C'est donc une menace majeure pour les laboratoires – souvent français – qui les commercialisent. Pour ceux déremboursés partiellement, les mutuelles financeront ce que l'assurance-maladie ne veut plus assumer.

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-02 12:14:52
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Vendredi 2 mai 2003

ANTHRAX

Sciences de la vie

Le charbon à découvert

Bacilles du charbon (bacillus_anthracis)

AP
 

 

Le bacille du charbon, également connu sous son appellation anglophone ‘’anthrax’’, a été entièrement séquencé par des chercheurs américains du TIGR (The Institute for Genomic Research, Maryland). Ils ont travaillé sur une souche isolée en 1981 sur une vache texane, souche très proche de celle retrouvée en 2001 aux Etats-Unis dans les enveloppes contenant la fameuse poudre blanche. Leurs résultats sont publiés dans la revue Nature du 1er mai.

Bacillus anthracis, qui nourrit les pires scénarios d’attaque bioterroriste, fait partie de la même famille que Bacillus cereus, bactérie du sol provoquant des intoxications alimentaires, ou que Bacillus thuringiensis, utilisé en agriculture pour ses toxines insecticides. Les chercheurs ont pu vérifier que ces bactéries étaient bien parentes et, selon Scott Peterson, B.anthracis a en partie acquis sa virulence en échangeant des gènes avec B. cereus.

Les bactéries disposent souvent de ces petits éléments extérieurs au chromosome mais également constitué d’ADN et de gènes : les plasmides. Chez B.anthracis, deux plasmides jouent un rôle crucial dans la production de la toxine et d’autres protéines qui rendent la bactérie très virulente. En séquençant son génome, les chercheurs ont découvert dans le chromosome lui-même des gènes impliqués dans cette virulence.

Toutes ces bactéries descendraient de microorganismes carnivores qui ne se contentaient pas des nourritures présentes dans le sol mais qui se nourrissaient grâce à des insectes ou des animaux –morts ou vivants. Voilà qui expliquerait le régime carnivore des bactéries actuelles.


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-02 11:59:31
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Vendredi 2 mai 2003

SANTE
Les objectifs de la santé publique pour les cinq ans à venir Dépêche reçue le 2/05/2003 à 12:01 [<>] Jean-François Matteï Le ministre de la Santé a défini en concertation avec la profession les objectifs de santé publique pour les cinq années à venir qui feront l'objet d'un projet de loi présenté prochainement en conseil des ministres et soumis avant l'été au Parlement. Un avant-projet a été mis au point qui met particulièrement l'accent sur la prévention et fixe des objectifs à atteindre d'ici 2008. Le quotidien La Croix de vendredi publie les 100 objectifs que fixe le gouvernement, qui concernent notamment le cancer, le sida, l'alcoolisme, la santé périnatale ou encore les affections neuropsychiatriques. Le projet de loi, indique-t-on de sources concordantes, a pour objectif de clarifier les rôles en affirmant clairement les responsabilités des pouvoirs publics dans la définition des axes de la politique de santé publique, et en chargeant les échelons locaux de la mise en oeuvre de cette politique. Le texte -qui circule sur internet- fait apparaître le souci de Jean-François Mattei, ministre de la Santé, de la Famille et des Personnes handicapées, de développer une véritable "culture" de la prévention. Conformément à l'engagement du président de la République de faire de la lutte contre le cancer l'un des grands chantiers de sa présidence, le projet prévoit la généralisation du dépistage du cancer du sein et du cancer colo-rectal. Le cancer est la première cause de mortalité prématurée en France, avec 700.000 personnes atteintes et 250.000 nouveaux cas par an, rappelle-t-on. Le projet prévoit un renforcement de la lutte contre le sida et un renforcement des programmes de prévention en direction des jeunes, des femmes et des sujets particulièrement exposés. Il donne également priorité à la lutte contre le tabagisme et la consommation d'alcool, tandis que l'accent est mis sur la lutte contre les risques sanitaires liés aux facteurs d'environnement (pesticides, qualité des eaux, mercure par exemple).

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-02 11:49:52
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Vendredi 2 mai 2003

SRAS

Le virus du SRAS mute, selon des chercheurs de Hong Kong


Une cellule infectée par le virus du SRAS vue au microscope par les chercheurs de Hongkong. (AP /Sub - Apple Daily)

 
Le virus du Sras
mute

Alors que la première séquence du génome du coronavirus responsable du SRAS a été publiée, des chercheurs de Hong Kong affirment que le virus mute.
 l'article

 Le bilan du Sras dans le monde  Onze morts de plus en Chine  Pas de championnats du monde de cyclisme sur piste en Chine  Galeries photos  Questions-réponses sur le SRAS

 

HONG KONG, 2 mai (AFP) - Des chercheurs de Hong Kong ont déclaré vendredi que le virus de la pneumonie atypique mutait rapidement, ce qui pouvait le rendre plus virulent ou au contraire moins dangereux.

Le Pr Dennis Law, de la faculté de médecine de la Chinese University, a expliqué que la structure du génome du virus du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) avait changé.

"Cela peut soit le rendre encore plus virulent ou d'un autre coté en faire un virus plus maitrisable", a-t-il dit sur une radio de Hong Kong.

Le territoire a enregistré vendredi huit morts de plus, soit un total de 170 depuis l'apparition de la maladie à la mi mars.

Les recherches ont également montré qu'il y avait plus d'un coronavirus du SRAS, le virus identifié comme la cause de l'épidémie, à Hong Kong.

Le Pr Law a expliqué que les études épidémiologiques avaient monté qu'en mars dernier "il y avait déjà au moins deux souches du coronavirus du SRAS à Hong Kong".

Ces conclusions surviennent alors que les experts s'inquiètent du taux de mortalité croissant dans l'ex-colonie, où plus de 10% des malades du SRAS succombent à la maladie, qui y a infecté 1.611 personnes.

Les récents décès comprennent notamment des patients jeunes sans passé de maladie chronique, ce qui pourrait laisser croire que le virus est devenu plus virulent.

Le nombre de personnes nouvellement contaminées chaque jour a en revanche fortement diminué, s'établissant à moins d'une vingtaine, contre trois à quatre fois plus il y a encore quelques semaines.


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-02 11:28:28
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Vendredi 2 mai 2003

OVOCYTES

Médecine et santé

Des gamètes obtenus à partir de cellules souches

Manipulation de cellules souches en laboratoire.

AP
 

 

Les cellules souches embryonnaires sont célèbres pour leur capacité à donner naissance à n’importe quel type de cellules somatiques, autrement dit celles qui composent tous les tissus de l’organisme exception faite des cellules reproductrices. Des chercheurs affirment avoir franchi ce cap en obtenant in vitro des ovocytes à partir de cellules souches embryonnaires (CSE) de souris.

Les chercheurs, de l’Université de Pennsylvanie (USA) et du CNRS de Strasbourg (France), ont utilisé des marqueurs fluorescents, attachés à des gènes particuliers, pour traquer le développement des ovocytes dans une culture de cellules souches.

Leurs travaux, publiés ce vendredi dans la revue Science, démontreraient que les cellules souches demeurent totipotentes en dehors de l’organisme, autrement dit qu’elles peuvent engendrer un être dans son entier, lignées germinales comprises.

Ces expériences devront cependant être reproduites pour être confirmées et n’ont pas encore été menées chez l’homme.


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-02 11:27:20
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Vendredi 2 mai 2003

EMBRYONS

WASHINGTON, 1er mai (AFP) - L'application à l'homme de la technique mise au point par une équipe de chercheurs franco-américaine pour créer en laboratoire des embryons de souris à partir de cellules souches ne poserait pas de problème éthique, selon l'avis de trois théologiens publié jeudi par la revue Science.

Les chercheurs, qui publient dans la même revue, ont estimé que leurs travaux avaient d'importantes implications éthiques puisque les ovocytes obtenus in vitro peuvent produire des cellules souches embryonnaires, dont la culture ne doit pas, selon eux, être considérée comme une atteinte à la vie au même titre que le prélèvement de cellules souches sur un embryon naturel.

Le professeur américain de religion et d'éthique Thomas Shannon a estimé que "l'utilisation de cellules souches embryonnaires pour produire des embryons dans le but de générer d'autres cellules souches embryonnaires dans un but thérapeutique ne présente par de problème éthique substantiel".

"L'organisme dérivé de cette méthode n'est pas, à mon avis, une personne humaine", a ajouté cet expert de la religion catholique et du statut théologique de l'embryon au Worcester Polytechnic Institute, dans un texte publié sur le site internet de la revue.

Ronald Cole-Turner, professeur de théologie et expert en éthique de la génétique et du clonage, estime pour sa part que le produit de la technique mise au point par ces chercheurs "peut susciter l'étonnement, mais difficilement le respect moral".

Pour ce professeur du Pittsburg Theological Seminary, "ces cellules pourraient être capables de fonctionner comme des embryons, mais ce ne sont pas des embryons au sens moral ou religieux, et ils ne devraient pas êtres protégés comme tels", car "ils sont dénués de la genèse normale et de la destiné normale de véritables embryons humains".

Ted Peters, professeur de théologie au Pacific Lutherian Theological Seminary de Berkeley, estime pour sa part que "cette recherche scientifique est comme un boulet de canon tiré dans l'étrave de la bioéthique du christianisme".

Il juge que les théologiens fondent désormais leur raisonnement "sur une image de plus en plus dépassée de la nature et de la façon dont elle fonctionne".

Laissant entendre sa perplexité, le théologien conclut que les théoriciens chrétiens de l'éthique "pourraient être obligés de s'en remettre à une révélation divine spéciale, interprétée par un raisonnement prudent et un jugement sûr" pour se faire un avis sur le résultat des travaux scientifiques les plus récents sur les cellules souches.

Selon les chercheurs franco-américains la production d'ovocytes in vitro qu'ils ont réussi pourrait fournir une nouvelle méthode de production de cellules souches embryonnaires qui contournerait les problèmes éthiques attachés au prélèvement de ces cellules sur des embryons, auquel est notamment opposé le président américain George W. Bush.



ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-02 11:26:50
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MEDECINE PAR ERIC JL BRETON