Une maîtresse d’école de Taipei aide une élève à mettre un masque de protection contre le SRAS. (AP Photo/Liao Ray-hsiang)
Le syndrome respiratoire aigu sévère affecte moins sévèrement les jeunes enfants que les adolescents et les adultes, ont constaté des médecins de Hongkong. Dans une lettre adressée à la revue médicale The Lancet, un groupe de médecins détaillent le suivi de dix enfants, âgés de 18 mois à 16 ans, chez lesquels un SRAS a été diagnostiqué. Les plus jeunes ont été atteints d’une forme atténuée de la maladie, constatent les médecins.
Quatre adolescents âgés de 13 à 16 ans ont eu besoin d’une assistance respiratoire, ce qui n’a été le cas d’aucun des petits. Ces derniers, âgés de 18 mois à 7 ans, ne souffraient pas non plus de douleurs musculaires ou de frissons. L’infection était moins sévère et plus courte chez ces enfants, expliquent les médecins, qui n’ont pas d’explication. Ils notent encore qu’aucun des huit enfants scolarisés n’a contaminé de camarades, alors qu’ils avaient eux-mêmes été en contact avec des adultes infectés.
L’échantillon reste modeste, ces observations ne portent que sur dix enfants hospitalisés entre le 13 et le 28 mars. Cependant, elles coïncident avec ce qui se passe dans toutes les zones affectées par le SRAS. Les victimes du SRAS sont essentiellement des adultes. Le personnel médical a été le premier touché et continue à payer un lourd tribut. Les personnes âgées ou souffrant déjà de maladies risque davantage de succomber à cette pneumopathie.
Selon le dernier décompte de l’OMS, 353 personnes sont décédées du SRAS depuis le mois de novembre (dont 148 en Chine et 150 à Hongkong) et 5.400 ont été contaminées. L’OMS déconseille aux voyageurs de se rendre dans les provinces chinoises de Guangdong, du Shanxi, ainsi qu’à Pékin et Hongkong. En revanche la restriction a été levée pour la région de Toronto, au Canada, qui avait vivement réagi à la recommandation de l’Organisation mondiale de la santé.
Pesticides dans la corbeille de fruits : le statu quo
L’utilisation des pesticides dans l’agriculture en Europe n’a pas diminué ces dernières années, malgré les recommandations officielles, constate la Commission européenne. Une étude de la Direction de la santé sur la présence de pesticides sur les fruits et légumes proposés à la consommation montre qu’aucune amélioration ne se dessine depuis six ans.
Plus de 40.000 échantillons de pommes, laitues, tomates, fraises et raisins ont été prélevés dans 18 pays d’Europe. 59% ne recèlent aucune trace de pesticides. Sur les 41% restants, 3,9% dépassent la limite maximale retenue (LMR) pour les résidus de pesticides, 37% sont en dessous.
La France, grande consommatrice de pesticides, se situe au-dessus de cette moyenne européenne. Sur la moitié des échantillons de fruits et légumes contenant des résidus, 6,1% dépassent la LMR.
La Commission européenne s’inquiète des effets des pesticides sur la santé, notamment sur le système hormonal (perturbateur endocrinien), et s’est lancée dans la révision de tous les produits autorisés en Europe. Un grand nombre devrait être retiré du marché d’ici la fin de l’année.
Que coûte l'épidémie de pneumonie atypique au Sud-Est asiatique? Rencontre avec Andy Xie (Morgan Stanley Hongkong)
1 point de croissance
Ignorant l'avis de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui déconseille de se rendre à Pékin en raison de l'épidémie de pneumonie atypique, le Premier ministre a effectué les 25 et 26 avril un voyage éclair en Chine, pour remplir sa hotte de contrats. Difficile pour autant d'en conclure que c'est business as usual en Asie, où l'épidémie a déjà touché plus de 4 500 personnes et fait plus de 250 victimes. Au contraire, les conséquences économiques du syndrome respiratoire aigu sévère (Sras) ne cessent de s'alourdir. Investisseurs étrangers et touristes fuient la région, attendant des jours meilleurs. Résultat, les avions restent cloués au sol, faute de passagers (Cathay Pacific a annulé 45% de ses vols hebdomadaires) et l'industrie touristique régionale accuse une chute de son chiffre d'affaires de l'ordre de 60%. Les restaurants sont vides, les grandes surfaces commerciales trinquent aussi, tandis que les entreprises occidentales bannissent tout déplacement dans la région, préférant les réunions par téléconférence et les messageries électroniques. Conséquence, les moteurs de la croissance asiatique montrent des signes de faiblesse: la Banque mondiale a revu à la baisse ses estimations, supprimant 1 point de croissance à l'Asie pour l'année 2003 (5% contre 5,8% initialement). L'inquiétude gagne aussi les sièges des grandes multinationales. Le géant américain de la photo Eastman Kodak a par exemple prévenu que l'épidémie de pneumopathie allait peser sur ses résultats du deuxième trimestre.
Quelle est la facture de la pneumomie atypique?
Déjà plus de 15 milliards de dollars uniquement pour les trois derniers mois, pour l'ensemble des pays d'Asie du Sud-Est (excepté le Japon). Naturellement, le premier secteur touché est le tourisme, et donc les activités de transport, restauration et hôtels. Hongkong et Singapour arrivent en tête des économies les plus affectées, les deux territoires dépendant largement des services, et notamment des recettes du tourisme international. Nous-mêmes avons revu nos prévisions à la baisse, de 5,1 à 4,5%. Pour certains pays, la correction est plus sévère: 2,1% à Hongkong au lieu des 2,7% prévus. Nous estimons cependant que le pic de l'épidémie devrait être atteint au mois de mai. Mais la facture risque de s'alourdir: chaque mois supplémentaire d'épidémie coûte un minimum de 5 milliards de dollars.
L'épidémie risque-t-elle de faire fuir les investisseurs étrangers de Chine?
Certainement pas! Ce que l'on constate pour l'instant, ce sont des retards dans certains projets. Il faut comprendre que, pour beaucoup d'industriels, en particulier dans la filière électronique, produire en Chine est devenu une nécessité pour rester compétitif, grâce à ses coûts très bas. Surtout, les coûts chinois continuent à baisser, et donc l'écart de compétitivité avec le reste du monde, loin de se rétrécir, ne cesse de s'élargir. Il est vrai que depuis le début de l'épidémie, on a entendu parler de projets de diversification géographique, par exemple du transfert d'usines chinoises de chaussures vers le Mexique. Mais, économiquement, c'est un pari impossible, car les coûts au Mexique sont trois fois plus élevés qu'en Chine!
Avec six mois de retard, la France impose aux fabricants de cigarettes d'indiquer sur leurs paquets l'un des 14 risques recensés par la Commission de Bruxelles. Une décision fondée sur de très alarmantes études
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Fini, les «Nuit gravement...» en lettres minuscules! Bientôt, la face la plus visible des paquets de cigarettes portera en blanc sur fond noir l'une des deux inscriptions: «Fumer tue» ou «Fumer nuit gravement à votre santé et à celle de votre entourage». Cette mention devra occuper au moins 30% de la surface concernée. Sur l'autre côté devra figurer l'un des 14 avertissements précisant les effets nocifs du tabac sur la santé. Avec près de six mois de retard, la France se met ainsi en conformité avec la directive européenne «Byrne», du nom de son rapporteur.
Il était temps. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), 4,6 millions de personnes sont mortes l'année dernière d'une consommation excessive de cigarettes. En France, 60 000 décès par an sont attribués à ce produit. Les risques du tabagisme sont maintenant avérés par de nombreuses études scientifiques. Voici celles que la Commission de Bruxelles a retenues pour étayer ses avertissements.
Cette assertion a été prouvée, pour la première fois, par une étude menée entre 1945 et 1985, grâce à l'armée américaine. Après guerre, celle-ci a fourni un échantillon de 1 515 vrais et faux jumeaux, l'un fumant et l'autre pas. Ils ont été suivis sur une période de quarante ans. Conclusion: qu'il soit mono ou hétérozygote, le fumeur a une longévité deux fois moindre que celle de l'abstinent. Une étude épidémiologique britannique montre que 80% des gens n'ayant jamais fumé atteignent 70 ans. La proportion est de 50% chez ceux qui consomment plus de 25 cigarettes par jour. A 85 ans, un tiers des non-fumeurs sont toujours vivants, contre 8% des fumeurs.
Fumer provoque le cancer mortel du poumon
L'étude la plus ancienne a été effectuée en 1943 dans l'Allemagne nazie. L'autopsie de dizaines de personnes, fumeurs et non-fumeurs, a permis d'établir un lien certain entre le tabagisme et l'augmentation des risques du cancer du poumon. En 1950, le médecin anglais Richard Dole quantifie ce lien de cause à effet: le tabac multiplie par 10 les risques de cancer du poumon.
Fumer bouche les artères et provoque des crises cardiaques et des attaques cérébrales
L'enquête sur les jumeaux américains a révélé que la moitié des décès des fumeurs est d'origine cardio-vasculaire. Véhiculée par le sang, la nicotine se dépose sur les artères coronaires. Des caillots se forment, provoquant un phénomène de thrombose: «La victime classique, c'est l'homme de 50 ans qui disparaît en quinze minutes d'un infarctus du myocarde», assure Gérard Dubois, professeur de santé publique et président du Comité national contre le tabagisme.
Fumer pendant la grossesse nuit à la santé de votre enfant
Le risque de grossesse extra-utérine augmente de 30 à 150% chez les fumeuses. La cigarette est également cause d'avortements spontanés. Les grosses consommatrices ont par ailleurs plus de mal à concevoir un bébé après avoir cessé de prendre un moyen contraceptif. A la naissance, les enfants pèsent, en moyenne, 200 grammes de moins que le poids normal attendu.
Protégez les enfants: ne leur faites pas respirer votre fumée
En France, selon un rapport de l'Académie de médecine publié en 1999, le tabagisme passif a provoqué annuellement 2 500 décès par maladie cardio-vasculaire, 100 cancers du poumon chez les adultes et 100 chez des enfants. Le risque d'asthme pour l'enfant est multiplié par 1,5 quand les deux parents fument. Lorsque la mère est seule consommatrice, les risques d'otite récidivante sont multipliés par 2. La probabilité d'apparition d'une bronchite s'accroît de 70%. Selon le ministère de la Santé américain, chaque année, 225 000 enfants atteints de cette maladie la doivent au tabagisme de leur entourage.
Arrêter de fumer réduit les risques de maladies cardiaques et pulmonaires mortelles
Le tabac accélère le vieillissement de l'organisme. A 70 ans, un fumeur invétéré a en réalité un corps de 79 ans. Plus il arrête tôt le tabac, plus vite il retrouve sa courbe normale de vieillissement et moins il a de risques de développer un cancer du poumon. Selon une étude britannique, 16% des fumeurs qui ont atteint les 75 ans risquent de développer un cancer. Cette éventualité ne concerne que 6% de ceux qui ont arrêté de fumer à 50 ans, 2% de ceux qui ont arrêté à 30 ans et 1% de ceux qui n'ont jamais commencé. Une étude sur l'incidence de l'infarctus du myocarde chez les hommes de 40 à 50 ans, publiée en 1996 dans l'American Journal of Cardiology, conclut elle aussi à une diminution du risque d'autant plus importante qu'on a cessé très tôt de consommer.
Fumer crée une forte dépendance, ne commencez pas
Une enquête effectuée sur 332 adolescents français ayant commencé à fumer montre que, dès le premier mois, 10% des garçons et 20% des filles ne peuvent déjà plus se passer de cigarettes. Dans l'Hexagone, l'âge moyen d'initiation au tabagisme est de 15 ans. Il faut environ deux ans pour passer de la première cigarette à une consommation journalière. 80% des fumeurs échouent dans leur première tentative d'arrêt.
Fumer peut diminuer l'afflux sanguin et provoque l'impuissance
Le groupe de recherche en santé publique de l'université de Californie a compilé vingt ans de travaux scientifiques sur les liens entre tabac et impuissance. Les chercheurs ont identifié 19 études relatant les habitudes tabagiques de 3 819 hommes impuissants. Les six enquêtes rassemblant le plus grand nombre de personnes arrivent toutes à la même conclusion: on rencontre plus d'impuissants parmi les fumeurs. Le tabac agit à la fois sur le système nerveux central et sur le cœur et les vaisseaux qui pompent le sang dans les corps caverneux impliqués dans l'érection. Une étude publiée en 1994 démontre que les fumeurs ont deux fois plus de risques de connaître une panne sexuelle que les non-fumeurs.
Fumer provoque un vieillissement de la peau
Le tabac contracte les vaisseaux sanguins. L'apport du sang est diminué, la peau est moins bien nourrie. Elle se flétrit plus vite et devient fragile. Les rides et ridules du pourtour de la bouche et du contour de l'œil apparaissent plus rapidement chez les fumeuses. Le tabac favorise également la production de radicaux libres, ce qui altère les fibres de collagène et d'élastine. La nicotine diminue par ailleurs la vitesse de cicatrisation de la peau.
Faites-vous aider pour arrêter de fumer
Le numéro de téléphone de Tabac Info Service (0-825-309-310) figurera bientôt sur les paquets. Aux Pays-Bas, où cette mesure existe depuis janvier 2002, les appels au centre antitabac sont passés de 200 à 1 000 par jour. Selon le Comité national contre le tabagisme, les aides pharmaceutiques (médicaments, patch) doublent les chances de succès.
Les fabricants de cigarettes ont jusqu'au 1er octobre pour se conformer aux exigences de l'arrêté de mars 2003. Mais, dès juillet prochain, les premiers exemplaires des paquets new-look devraient être dans les rayons des buralistes. A plus long terme, les emballages, en plus des avertissements, comporteront une illustration édifiante. Comme cela se pratique déjà au Canada.
Dans son communiqué du 24 avril 2003, l'Organisation mondiale de la santé a rapporté la survenue, depuis le début de l'épidémie de grippe aviaire aux Pays-Bas, de 83 cas d'infection humaine à virus influenza A H7 N7. Dans soixante-dix neuf (79) cas existait une conjonctivite, dans 13 cas, un syndrome grippal mineur ; un vétérinaire est décédé récemment de syndrome grippal. On remarque, par ailleurs, que trois (3) membres de la famille de 2 des personnes atteintes (professionnellement exposées) ont développé un syndrome respiratoire mineur, suggérant une possible transmission inter - humaine.
Le virus grippal aviaire A H7 N7 ne se transmet qu'exceptionnellement à l'homme et, si ces données étaient confirmées, il s'agirait de la première contamination interhumaine de ce type. Le mode de contamination pour la transmission des virus grippaux aviaires à l'homme s'effectue par le contact fréquent et important avec des sécrétions respiratoires ou digestives d'oiseaux infectées.
Le réseau de surveillance de la grippe a été mis en alerte au niveau européen. Les centres nationaux de référence de la grippe (Paris, Institut Pasteur et Lyon, faculté de médecine) font partie de ce réseau. L'Institut de veille sanitaire a été chargé du suivi épidémiologique de cette question pour le Ministère de la santé. La Direction générale de la santé réunira lundi 28 avril le groupe d'experts de la Cellule de lutte contre la grippe. Les autorités sanitaires néerlandaises ont préconisé le recours aux antigrippaux (oseltamivir), puis la vaccination des personnes exposées, afin d'éviter une recombinaison avec un virus grippal humain.
Dans son avis du 10 juillet 2002 relatif à la transmission à l'homme des virus influenza aviaires, l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) considère qu'il est très improbable que des volailles contaminées par un virus influenza aviaire donnent lieu à la production de viandes contaminées.