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Publié le mercredi 16 avril 2003

Mercredi 16 avril 2003

NON-VOYANTS
Série/La « vraie » vie des handicapés (3/6)
« Pas facile de vieillir bigleux »
YVETTE ET ANDRÉ, 68 et 69 ans, non-voyants
PARIS, LE 27 MARS. « Ce n'est pas facile tous les jours, reconnaît André. Mais on a presque traversé le siècle alors on ne se plaint pas. » 

TOUS LES SOIRS, la lumière est allumée au septième étage. Tous les soirs aussi, André parcourt l'appartement à tâtons pour vérifier chaque interrupteur avant d'aller se coucher. « C'est une habitude étrange, c'est vrai, sourit cet élégant retraité. J'imagine que c'est pour se sentir comme tout le monde. » La voix est grave et agréable, une ancienne voix de standardiste. « C'est ce qui m'a séduit chez lui », sourit à son tour Yvette, une petite dame fluette aux montures fumées.

Dans leur salon impeccablement ordonné, meublé avec goût, le couple s'échange des regards invisibles, comme s'il communiquait par ultrasons. André et Yvette sont totalement aveugles. Et ils s'aiment depuis plus de quarante ans sans s'être jamais vus.

Elle est née avec un glaucome et a totalement perdu l'usage de ses yeux à 17 ans, de façon brutale. Lui, atteint d'une rétinite pigmentaire, n'a jamais distingué la moindre couleur et s'est retrouvé plongé dans le noir vers 10 ans. Elle rêve encore en image, pas lui. A part ça, à 68 et 69 ans, ces deux anciens standardistes - elle à l'hôpital Tenon, lui à la Caisse d'allocations familiales - partagent tout avec amour et discrétion. Une vieillesse tranquille et cette obscurité de chaque instant.

« Ce n'est pas facile tous les jours de vieillir bigleux, reconnaît André. Mais on a presque traversé le siècle, alors on ne se plaint pas. Il y a quand même plein de choses qui nous améliorent l'existence aujourd'hui ! » Un pèse-personne parlant, une machine à lire qui restitue vocalement - en ânonnant un peu - les articles ou les pages de livres... Mais finalement, aussi curieux que cela puisse paraître, le meilleur ami d'André et Yvette, c'est le minitel. Grâce à un appareil de transcription qui s'adapte au petit boîtier suranné, le couple a accès à une grande quantité d'informations.

« Comme nos relevés de compte bancaires par exemple, explique André. Ma grande crainte, c'est qu'on nous supprime le minitel. On est trop vieux pour se mettre à l'informatique. » Le couple n'est pas du genre à se plaindre. Ni à demander de l'aide aux voisins dans l'ascenseur. Pourtant, leurs visages alertes s'assombrissent quand ils évoquent un de leurs plus gros soucis : la disparition des petits commerçants dans leur quartier du XX e arrondissement.

« Les libre-services, c'est l'enfer pour nous. On ne peut y aller qu'accompagnés. » André et Yvette ont leur fierté. Et leur indépendance. Alors ils marchent, vont jusqu'à la rue d'Avron où subsiste encore un épicier, une boucherie et un crémier... « Heureusement qu'il y a encore des hommes comme notre crémier. Il nous livre même les courses du traiteur voisin. Et à Noël, il nous a décortiqué nos deux langoustes et ouvert nos huîtres ! »

Des étiquettes en braille sur les vêtements

Seul Picard, le spécialiste du surgelé , a édité son catalogue en braille. En dehors de ça, aucune entreprise de livraison à domicile ne s'est intéressée aux aveugles : pas assez nombreux, pas assez rentables...

Alors, bon an mal an, André et Yvette se résolvent à compter sur les autres. Ou sur la soeur d'Yvette, qui monte plusieurs fois par an à Paris pour faire l'inventaire de leurs besoins et leur acheter leurs vêtements. « Elle nous indique les couleurs pour qu'on puisse les assortir, et on colle des petites étiquettes en braille pour s'y retrouver. » Ils comptent aussi beaucoup sur leur gardienne, un « amour » qui leur lit tous les jours leur courrier. Et quand on s'étonne de trouver un miroir accroché au mur du salon, c'est Yvette et André qui sont tout étonnés. « Et pourquoi pas ? Nous avons pleins d'amis voyants, qu'est-ce que vous croyez ? »

Leur coup de gueule : « Circuler en ville c'est un cauchemar »

Florence Deguen

Le Parisien , mercredi 16 avril 2003

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-04-16 12:51:34
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Mercredi 16 avril 2003

CANCER
Dépistage
Le seul cancer sexuellement transmissible peut être évité

UN VIRUS MÉCONNU, appelé papillomavirus, sexuellement transmissible, est la cause unique chez les femmes de l'apparition de cancer du col de l'utérus, responsable de 1 600 décès par an en France et de 200 000 morts dans le monde. A l'occasion hier du congrès Eurogin 2003, à Paris, des gynécologues ont donné une description de l'état des connaissances sur ce sujet. « Deux millions de femmes sont porteuses du virus de façon persistante, sans le savoir, en France », révèle le professeur Joseph Monsonego, président du congrès scientifique d'Eurogin 2003. Dans la très grande majorité des cas, leur système immunitaire réussit à se débarrasser du virus. Mais il arrive aussi que ces papillomavirus donnent des infections plus ou moins graves, le stade le plus élevé étant le cancer du col de l'utérus, qui frappe 4 000 Françaises par an.
« L'importance de la prévention » Bonne nouvelle toutefois, « on a un bon espoir d'arriver à éradiquer dans un proche avenir ces cancers. Si le dépistage est bien fait, on repère la lésion, on opère et c'est fini. Mais il faut ancrer encore plus dans les têtes l'importance de la prévention », ajoute-t-il. Les chercheurs espèrent aussi qu'une nouvelle génération de tests dits HPV (nom du papillomavirus en anglais), permettant d'éviter « à 100 % » les risques d'erreur, va être de plus en plus utilisé. Ils coûtent 46 € et ne sont pas remboursés, mais la décision sur le sujet devrait être prise par le ministère de la Santé. Le frottis classique, lui, coûte 15 € et est remboursé à 100 %. Ajoutant un peu plus au mystère qui les entoure, les infections provoquées par les papillomavirus ne donnent aucun symptôme... avant d'être repéré par un frottis. Selon le docteur Christine Clavel, du CHU de Reims, qui suit 12 500 patientes, « le tabac, la contraception orale (pilule), la multiplicité des partenaires, la précocité des rapports sexuels sont des facteurs favorisant l'apparition de l'infection ». Chez les hommes, qui en sont aussi porteurs, le virus ne déclenche pas de pathologies, sauf chez quelques sujets immuno-déprimés. Plusieurs équipes de chercheurs travaillent sur la piste d'un vaccin préventif. Actuellement, les résultats ne montrent une protection réelle que dans 70 % des cas, ce qui est encore trop faible pour obtenir une autorisation de mise sur le marché. Mais les médecins ont bon espoir d'arriver à un vaccin plus performant dans les cinq ans à venir.

Marc Payet

Le Parisien , mercredi 16 avril 2003

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-04-16 12:50:42
Permalien SEXE, CANCER


Mercredi 16 avril 2003

SECURITE SOCIALE


SÉCURITÉ SOCIALE.
Les médecins multiplient les dépassements d'honoraires
La négociation d'aujourd'hui entre la Cnam et les médecins s'annonce houleuse. D'autant plus que, partout en France, les spécialistes conventionnés multiplient les dépassements de tarifs en toute illégalité.

LES DÉPASSEMENTS d'honoraires s'étendent à toute la France. Cette pratique - illégale - limitée à l'origine à quelques départements et à quelques spécialités fait en effet de plus en plus d'émules, laissant les patients totalement désarmés. La réunion d'aujourd'hui entre la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) et les syndicats de médecins spécialistes sur la revalorisation des tarifs de consultation risque, en outre, de jeter de l'huile sur le feu, chaque partie campant sur ses positions. Les hausses proposées par la Sécurité sociale (de 23 € à 26 € pour la plupart des praticiens et de 34,40 € à 45 € pour les psychiatres) sont, en effet, jugées notoirement insuffisantes par certaines organisations de médecins, avec en tête la puissante Confédération des syndicats médicaux français (CSMF). « Les revenus des spécialistes ont progressé de près de 40 % en vingt ans, contre 21 % pour les généralistes », avance-t-on à la Cnam pour motiver sa fermeté. Un argument que réfutent les intéressés qui soulignent, eux, le blocage de leurs honoraires depuis 1995 et justifient, par conséquent, les dépassements illégaux de la part de leurs confrères conventionnés. En Ile-de-France, relativement épargnée jusqu'à présent, près de 15 % des gynécologues et des gastro-entérologues se mettent ainsi hors la loi. Même attitude de la part de 30 % des gynécologues de Valence, en Rhône-Alpes (voir ci-dessous), de 60 % des rhumatologues corses, du tiers des spécialistes dans la région Centre, de la moitié des gynécologues et des ophtalmologues de Basse-Normandie... « Ces dépassements représentent une nécessité économique pour continuer à nous équiper et améliorer les services aux malades », clame un ophtalmologue du sud de la France.
Des sanctions dissuasives Inadmissible, rétorquent les caisses d'assurance maladie qui n'hésitent plus à sévir : déconventionnements - dont pâtissent surtout les patients qui ne sont remboursés que sur le montant légal de la consultation et non sur ce qu'ils ont payé réellement à leur médecin -, refus de prise en charge des cotisations maladie des spécialistes... Des sanctions qui peuvent s'avérer efficaces comme à Nantes, où l'opiniâtreté du directeur de la caisse locale a fait chuter le nombre de praticiens en contravention (voir ci-dessous). Pour s'informer de la réalité sur le terrain, la caisse primaire de Seine-et-Marne fera bientôt figurer sur ses décomptes de prestations un message incitant les assurés à lui signaler les dépassements. De quoi souffler sur les braises, alors que le CSMF a menacé de quitter la table des négociations aujourd'hui si ses propositions étaient rejetées, laissant l'Etat prendre ses responsabilités...

Jannick Alimi

Le Parisien , mercredi 16 avril 2003


 

SÉCURITÉ SOCIALE.

La Sécu ne cédera pas
Nantes (Loire-Atlantique) DE NOTRE CORRESPONDANT

LA SANCTION est rare, mais elle est à la mesure de l'enjeu : un ophtalmologiste de Châteaubriant, en Loire-Atlantique, a été déconventionné pour un an par la CPAM de Nantes. A compter du 1 e r mai, les patients qui franchiront la porte de son cabinet ne seront plus remboursés par la Sécu, autant dire qu'ils iront sûrement voir ailleurs, le temps de la sanction. « Cela revient à signer son arrêt de mort économique », estime l'un des confrères de l'ophtalmo. Sa faute ? Avoir abusé des dépassements d'honoraires, une pratique très encadrée par les textes.
Le conflit se durcit « En novembre 2001, ce médecin a décidé de prendre 30 € par consultation au lieu de 23 », assure Claude Frémont, le patron de la CPAM de Nantes. Sur son bureau, une bonne cinquantaine de témoignages rapportent la même histoire : au téléphone, la secrétaire explique que l'agenda est complet pour les six prochains mois, mais qu'il y a tout de même un moyen d'obtenir un rendez-vous dès le samedi suivant moyennant un supplément de prix. Certains ont accepté, d'autres non, et une dizaine de patients se sont plaints par écrit à la Sécu. « Une bonne trentaine de spécialistes se sont mis à dépasser leurs honoraires de manière abusive en même temps que cet ophtalmo, précise Claude Frémont. Après quelques avertissements, ils sont tous rentrés dans le rang, sauf celui-là qui a même fait passer ses honoraires à 35 € ! La sanction devenait inévitable. » Elle a été prise à l'unanimité du conseil d'administration de la caisse. Sur cette question des dépassements d'honoraires, la Sécu ne lâchera donc pas, ce qui provoque une escalade dans le conflit en Loire-Atlantique où les 92 ophtalmos du département ont décidé de se déconventionner en bloc à partir du 1 e r mai. Le bras de fer continue.

Rodolphe Landais
Le Parisien , mercredi 16 avril 2003

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-04-16 12:49:59
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Mercredi 16 avril 2003

SRAS
SANTE

Sras : la Chine
mise en cause

L'OMS affirme que Pékin ne rapporte pas tous les cas de pneumopathie atypique et estime entre 100 et 200 les personnes touchées dans la capitale.

 
Un Chinois couvre son visage d'un morceau de tissu en attendant son train à la gare de Beijing (AP)
 

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a affirmé mercredi que le gouvernement chinois ne rapportait pas tous les cas de pneumonie atypique. Il y a entre 100 et 200 cas probables de pneumonie atypique à Pékin, a indiqué l'OMS au cours d'une conférence de presse dans la capitale chinoise, soit beaucoup plus que les 37 officiellement répertoriés par les autorités chinoises.
L'OMS a par ailleurs confirmé mercredi à Genève "qu'un nouvel agent pathogène, un coronavirus encore jamais observé chez l'homme" était à l'origine du Sras. Un autre expert avait évoqué dans la matinée la possibilité que cette maladie devienne endémique.
Cinq personnes supplémentaires sont mortes après avoir contracté la pneumonie atypique à Hong Kong et 36 cas de plus ont été enregistrés, ont annoncé les autorités dans un communiqué.

La Chine accusée

Concernant la Chine, Alan Schnur, directeur du contrôle des maladies transmissibles de l'OMS à Pékin, a expliqué qu'il se basait sur des informations collectées par les employés des services sanitaires, d'autres sources et sur sa propre connaissance du système sanitaire de la capitale chinoise.
Mille personnes seraient en tout en observation à Pékin, toujours selon l'OMS.
Peu auparavant, l'OMS avait rapporté quatorze nouveaux cas de pneumonie atypique, dont un mortel, recensés en Chine. Le dernier décès enregistré est survenu dans la province du Guangdong (sud), la plus touchée par le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS).
Un cas probable de pneumonie atypique et trois autres cas considérés comme suspects ont également été recensés en Indonésie, a indiqué mercredi le ministère indonésien de la Santé. Un nouveau cas suspect a été enregistré mardi, a précisé un porte-parole.
Les autorités avaient annoncé, vendredi, l'existence d'un premier cas probable de SRAS dans ce pays de 212 millions d'habitants. Ce patient est un Britannique d'origine chinoise qui a voyagé à Hong Kong et Singapour, deux des principaux foyers de l'épidémie.

Endémique ?

Par ailleurs, un expert de l'OMS a indiqué mardi qu'il ne serait pas possible de savoir avant trois ou quatre semaines, si la pneumonie atypique deviendrait ou non, une maladie infectieuse endémique.
"Nous ne le savons pas encore et la réponse est liée à notre compréhension de ce qui se passe en Chine, a déclaré lors d'une conférence au siège de l'Onu le Docteur David Heymann, directeur exécutif des maladies contagieuses à l'OMS.
Plus des deux tiers des 3.530 cas de personnes victime du SRAS et 126 des 157 décès qui lui sont attribués sont survenus à Hong Kong et en Chine. Pékin a également été accusé de n'avoir pas réagi suffisamment rapidement au déclenchement de l'épidémie et d'avoir essayé de la dissimuler.

Partenaire

Le Dr. Heymann a noté que "des progrès assez incroyables" avaient été faits depuis l'alerte mondiale lancée le 12 mars dernier par l'OMS demandant que les patients soupçonnés d'être atteints du SRAS soient isolés de manière à protéger le personnel médical. L'OMS a également, le 2 avril, conseillé aux touristes comme aux hommes d'affaires de ne pas se rendre à Hong Kong et au Guangdong et recommandé la mise en place d'une surveillance dans les aéroports des pays touchés.
"Quand nous avons déclenché cette alerte, a expliqué Heymann, nous espérions que, si le virus n'était pas répandu dans le monde ou en Asie, nous pourrions le contrôler et qu'il ne deviendrait pas une autre maladie endémique comme la tuberculose ou la malaria".
"Quel est l'avenir de cette maladie?, Nous ne les saurons pas tant que nous n'aurons pas compris ce qui se passe en Chine", a poursuivi le responsable de l'OMS.
"Nous pensons que maintenant nous sommes un partenaire à part entière avec la Chine et nous pensons que nous pourrons avoir la réponde d'ici trois à quatre semaines", a-t-il ajouté.

Le bilan s'alourdit à Hong-Kong

Cinq personnes supplémentaires sont mortes après avoir contracté la pneumonie atypique à Hong Kong et 36 cas de plus ont été enregistrés, ont annoncé les autorités dans un communiqué.
Parmi les cinq nouveaux malades décédés figurent un homme de 44 ans et une femme de 62 ans qui ne présentaient pas de pathologie particulière avant d'être atteints par le SRAS. Les trois autres décédés sont une femme de 54 ans et deux hommes de 73 ans déjà chroniquement malades.
Le total des morts de l'épidémie s'élève à 61, selon les décomptes officiels de Hong Kong auxquels il faut ajouter la mort d'un Américain ayant succombé au cours de son transfert de Chine. Parmi les 36 nouvelles personnes atteintes par le SRAS se trouvent 7 personnels médicaux.
Le total des cas enregistrés à Hong Kong s'élève à 1.268. Parmi eux 257 ont été guéris de la pneumonie atypique et 14 sont sortis des hôpitaux mardi, précise le communiqué officiel

Singapour

Une 13ème personne atteinte de pneumonie atypique est morte à Singapour, ont annoncé mercredi les autorités singapouriennes. Cette victime est la mère d'un malade atteint par le SRAS.
Les autorités avaient annoncé auparavant que deux autres personnes étaient mortes après avoir été contaminées par la pneumonie atypique.

En France

Le chef du service des maladies infectieuses de l'Hôpital civil de Strasbourg (Bas-Rhin), le Pr Daniel Christmann, a autorisé la sortie des deux patients qui avaient été hospitalisés dans le cadre de l'épidémie de pneumopathie atypique, apprend-on auprès mercredi de l'hôpital.
Le premier a quitté l'hôpital mardi en début de soirée: il s'agit d'un médecin radiologue de Besançon âgé de 54 ans, hospitalisé à Strasbourg depuis le 2 avril. Il a regagné son domicile en Haute-Saône mais il lui a été demandé de ne pas sortir de chez lui pendant les dix prochains jours, par mesure de précaution. Ce patient avait voyagé depuis Hanoï dans le siège devant le médecin hospitalisé à Tourcoing. Il avait été hospitalisé une première fois à Besançon (Doubs).
Quant au second patient, une femme de 31 ans demeurant à Colmar (Haut-Rhin), elle a pu quitter le service, la mesure d'isolement ayant été levée et le diagnostic confirmait qu'elle n'était pas atteinte du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS). Elle n'a jamais souffert de fièvre et ses radios pulmonaires ont toujours été normales. Elle avait été hospitalisée la semaine dernière par mesure d'extrême précaution.
Depuis le début de l'épidémie de pneumopathie atypique, cinq cas probables sont toujours comptabilisés en France et neuf personnes font l'objet d'un suivi, a annoncé mardi la Direction générale de la Santé.
Du coronavirus a été retrouvé chez trois des cinq cas probables.
Sur les neuf cas possibles faisant l'objet d'un suivi, huit reviennent des zones géographiques les plus touchées par le SRAS et présentent des symptômes qui pourraient être ceux de la maladie. Deux d'entre elles revenaient du Vietnam et sont hospitalisées à Nantes.
Le neuvième cas "possible" est une personne symptomatique ayant été en contact avec l'un des cinq cas probables de SRAS.
Enfin, la Française travaillant à l'ambassade de France au Laos et considérée comme un cas suspect de pneumonie atypique est guérie, sans que l'on sache si elle avait effectivement contracté la maladie, a indiqué l'OMS mercredi.

Russie

La république russe de Bouriatie (Sibérie) a interdit les voyages touristiques et d'affaires vers des régions d'Asie du Sud-Est où sévit la pneumonie atypique, après des mesures similaires adoptées par la région de Primorié (Extrême-Orient russe), a rapporté l'agence Interfax mercredi.
Les autorités bouriates ont interdit aux agences de voyage et organisations touristiques de délivrer des billets vers le sud de la Chine, Singapour et le Vietnam.
Le premier vice-ministre de la Santé Guennadi Onichtchenko avait confirmé le 7 avril qu'aucun cas de pneumonie atypique n'avait encore été enregistré en Russie, tout en déconseillant aux Russes de se rendre en Asie du Sud-Est. (avec AP)

PNEUMOPATHIE

Le dernier bilan de l'OMS

Voici le décompte, au 16 avril à 16h00, des cas suspects ou probables de pneumonie atypique (SRAS - Syndrome respiratoire aigu sévère) à travers le monde et du nombre de décès confirmés dus au virus :

ASIE Cas Décès
Australie 7 0
Chine 1.435 64
Hong Kong 1.268 61
Indonésie 3 0
Kazakhstan 1 0
Laos 1 0
Malaisie 52 1
Philippines 1 0
Singapour 161 13
Taiwan 27 0
Thaïlande 8 2
Vietnam 63 5

EUROPE
Allemagne 6 0
Belgique 1 0
Espagne 3 0
France 14 0
Grande-Bretagne 6 0
Irlande 2 0
Italie 10 0
Roumanie 1 0
Russie 1 0
Suède 1 0
Suisse 6 0

AMERIQUE DU NORD
Canada 287 13
Etats-Unis 193 0

AMERIQUE CENTRALE
Mexique 1 0

AMERIQUE DU SUD
Brésil 1 0

PROCHE-ORIENT
Israël 1 0
Koweït 1 0

AFRIQUE
Afrique du Sud 1 0

Total: 3.525 152

Médecine et santé

SRAS : le coronavirus rend les primates malades

(AP)
 
 

Des singes infectés avec le coronavirus isolé chez les malades du SRAS développent à leur tour une maladie proche de ce syndrome respiratoire. Cette étude chez le primate est scientifiquement nécessaire pour prouver que le virus est bien la cause de la maladie chez l’homme. Ces résultats ont été obtenus par des chercheurs hollandais, a expliqué David Heymann, directeur exécutif de l’Organisation mondiale de la santé. Certains singes ont souffert d’une pneumopathie et l’étude de leurs poumons a révélé les mêmes dégâts que chez l’homme.

Ces résultats s’ajoutent à d’autres déjà obtenus rapidement depuis le déclenchement de l’alerte mondiale par l’OMS le 12 mars : le virus a été isolé, puis séquencé par deux laboratoires. Il est maintenant testé chez l’animal. L’OMS a par ailleurs fait savoir qu’un kit de diagnostic standardisé devrait être bientôt disponible. Toutes les équipes travaillant au sein du réseau de l’OMS doivent faire le point aujourd’hui au cours d’une téléconférence générale.

David Heymann a de nouveau souligné qu’il était crucial de savoir précisément ce qui s’était passé en Chine pour la suite des recherches scientifiques.

A Hongkong, neuf personnes atteintes du SRAS sont décédées dans la journée de mardi, dont des personnes jeunes. Jusqu’à présent, la majorité des décès concernait des patients relativement âgés ayant d’autres problèmes de santé. Mais ces derniers jours plusieurs personnes ayant entre 30 et 40 ans, ne souffrant pas d’autres maladies, ont succombé au SRAS, inquiétant les autorités de Hongkong.

Dans le monde, l’OMS recense plus de 3.200 cas probables ou suspects de SRAS. Le nombre des victimes atteint 154 (en date du 15 avril au soir).

(16/04/2003)


Pneumopathie
Le commissariat d'Ivry en quarantaine

EFFERVESCENCE, hier, au commissariat d'Ivry en vertu du principe de précaution lié à l'épidémie de pneumopathie atypique : 18 ressortissants de Hongkong, placés en garde à vue, ont entraîné la mise en quarantaine provisoire des fonctionnaires de police. Des clandestins susceptibles d'avoir apporté avec eux le virus du syndrome respiratoire aigu sévère (Sras). Tout a commencé, hier matin, avec l'exécution d'une commission rogatoire par la police de l'air et des frontières d'Hendaye (Pyrénées-Atlantiques). Les policiers doivent intervenir à une adresse d'Ivry où sont susceptibles d'être cachés trois passeurs de voyageurs clandestins. L'opération est montée et s'avère fructueuse puisque, outre les trois personnes recherchées, les policiers débusquent quinze autres hommes entrés illégalement en France. Tous sont interpellés et ramenés au commissariat d'Ivry, comme la procédure l'exige.
Désinfection des locaux Mais alors que les clandestins, originaires de Hongkong, sont placés en garde à vue, les soupçons s'abattent sur le commissariat : et s'ils étaient atteints du Sras ? Immédiatement, le commissaire alerte la Direction départementale de la sécurité publique, le parquet, la préfecture... Tous parlent d'une même voix : la priorité doit être donnée aux questions sanitaires. Le poste de police où les ressortissants ont été conduits est donc fermé. L'heure de la relève des policiers en service approche, et déjà, les premiers fonctionnaires de l'après-midi se présentent à l'entrée. Ils sont cantonnés à l'extérieur tandis que leurs collègues, eux, ont interdiction de sortir tant que les médecins du Samu n'ont pas fini de les examiner. En milieu d'après-midi, le Samu tient une mini-conférence pour informer les policiers de la situation : aucun des clandestins ne présente un quelconque symptôme du Sras, il n'y a donc pas de raison qu'ils aient contaminé qui que ce soit. Malgré tout, les médecins dispensent des conseils à la vingtaine de policiers présents au commissariat à l'arrivée des clandestins : en cas de température ou de toussotements suspects dans les dix jours, ils devront prendre contact avec la Samu de l'hôpital Henri-Mondor. Dans la foulée, les clandestins ont été conduits dans des hôpitaux de la région, préalablement prévenus, comme la Pitié-Salpêtrière à Paris, l'hôpital de Villeneuve-Saint-Georges, celui du Kremlin-Bicêtre, l'hôpital intercommunal de Créteil ou Henri-Mondor. Restait à désinfecter les locaux. C'est le Samu qui a pris en charge la totale désinfection des locaux concernés et des véhicules de police dans lesquels les étrangers avaient été transportés. « Les autorités concernées ont réagi rapidement et efficacement, notaient hier les syndicats policiers. Mais face à cette épidémie, peut-être faudra-t-il envisager à terme de doter les fonctionnaires de masques et de gants car, à n'importe quel moment, les policiers peuvent se trouver à nouveau confrontés à une situation similaire. »

Fabienne Huger

Le Parisien , mercredi 16 avril 2003

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-04-16 12:47:53
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