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Publié le mardi 25 mars 2003
Mardi 25 mars 2003
SECURITE ALIMENTAIRE
Discours d'Hervé GAYMARD devant l'Union des Métiers de l'Industrie de l'Hôtellerie
Monsieur le Président, cher André DAGUIN,
Messieurs les Présidents,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,
C’est avec un très grand plaisir que je viens à votre rencontre aujourd’hui à l’occasion des Etats généraux de la sécurité alimentaire que vous organisez.
Je le fais avec d’autant plus de plaisir que c’est la première fois qu’un Ministre chargé de l’Agriculture mais également de l’Alimentation intervient devant votre assemblée, qui rassemble tous les professionnels de la cuisine française
Vous avez consacré vos états généraux au thème de la sécurité alimentaire. Vous comprendrez que je veuille vous faire partager ma politique dans ce domaine, et plus largement dans celui de l’alimentation. Mais au-delà, j’aimerais insister sur la place éminente que vous occupez dans la promotion de notre modèle alimentaire et le développement de cet élément de notre patrimoine national qu’est notre alimentation. En alliant qualité, tradition et modernité, vous en exprimez toute la force au quotidien, et ce sont sur les mêmes fondements que j’entends conduire ma politique de l’agriculture et de l’alimentation
Notre pays est réputé pour la qualité de sa restauration. Il le doit autant à votre créativité culinaire qu’à votre capacité à en transmettre les traditions, à la mise en valeur des produits issus de nos agricultures, et à votre souci constant de proposer des produits sains aux consommateurs.
Vous évoquez, Monsieur le Président, le rôle de trait d’union que vous jouez, entre les consommateurs et les producteurs, j’adhère très spontanément à cette idée que l’un de nos cuisiniers parmi les plus accomplis, présent ici ce matin, résume en ces termes : " Nous cuisiniers, avons la chance d’être le dernier maillon d’une chaîne formidable de la semence au plaisir de goûter ".
Depuis les années 60, une coupure grandissante s’est installée entre notre agriculture et les consommateurs. Le développement de la civilisation urbaine, l’évolution vers une société de services ont pu affaiblir le rapport que les Français entretiennent avec le monde rural et leur alimentation.
Dans le même temps, l’accroissement de la productivité, l’industrialisation des productions alimentaires, le renforcement de l’offre de produits alimentaires, et l’évolution des modes de consommation ont profondément modifié le rapport à l’alimentation. Si la quête de nourriture n’est plus un problème de tous les instants, le paradoxe de l’abondance touche désormais nombre de consommateurs plongés dans l’incertitude des choix.
Que ce soit dans les domaines agricole et alimentaire, par nature très liés, ces changements n’ont fait l’objet d’une prise de conscience collective qu’à l’occasion des crises sanitaires récentes. Ces dernières années ont, en effet, été marquées par la survenance de plusieurs crises sanitaires, qui sont venues progressivement affecter la confiance des consommateurs, des agriculteurs et des acteurs de la chaîne alimentaire. Cette situation est d’autant plus paradoxale que nous disposons d’une alimentation de plus en plus sûre.
Les préoccupations des consommateurs ont ainsi glissé du domaine quantitatif au domaine qualitatif, et cette tendance lourde d’un basculement du " produire plus " vers le " produire mieux " s’inscrira probablement dans le temps, en pesant à la fois sur les orientations de la recherche, le contenu des politiques publiques et la concurrence entre opérateurs économiques.
Edgar MORIN écrivait qu’ " un aliment doit être non seulement bon à manger, mais aussi bon à penser ". Chaque individu a, en effet, sa propre représentation des aliments, selon son milieu et ses pratiques culturelles. S’il n’est ni possible, ni d’ailleurs même souhaitable de s’immiscer dans les choix individuels qui relève de la " libre jouissance de notre indépendance privée ", il est en revanche du ressort du Ministre de l’Alimentation de répondre aux préoccupations et aux attentes.
J’ai acquis, au cours de ces derniers mois d’action, la conviction que nous devons aborder ensemble les questions de la sécurité sanitaire, de la qualité de notre alimentation, et la préservation de notre modèle alimentaire. Car seule une approche intégrée de la politique alimentaire me semble pouvoir donner à l’action publique sa cohérence et sa pleine efficacité.
[Garantir la sécurité alimentaire]
Tout d’abord, le consommateur doit avoir accès à une production alimentaire saine, sûre et qualitativement optimale tant du point du vue organoleptique que nutritionnel. Cet objectif est l’affaire de tous, pouvoirs publics et professionnels.
Je tiens, à cet égard, à saluer le remarquable travail de votre profession dans l’élaboration, validée en 1999, du Guide de Bonnes Pratiques d’Hygiène Restaurateur, qui permet de satisfaire aux exigences sanitaires, tout en prenant en compte les contraintes liées aux pratiques professionnelles. Il s’inspire des principes de la " nouvelle approche ", qui laisse aux professionnels toute latitude sur les moyens de satisfaire à une obligation de résultat.
Ce guide doit être largement diffusé et mis en œuvre. Il favorisera la formation professionnelle que vous développez.
A l’occasion des négociations qui se sont déroulés à Bruxelles, sur le règlement Hygiène, mes services ont veillé à ce que la réglementation communautaire permette le maintien de méthodes traditionnelles à toutes les étapes de la production, de la transformation et de la distribution des denrées alimentaires
Ces exigences doivent pouvoir s’appliquer dans toutes les situations, y compris dans le secteur de l’artisanat et des plus petites entreprises.
Ainsi, le restaurateur, responsable des produits qu’il offre au consommateur, garde les moyens de maîtriser son savoir faire.
Un accent particulier doit, par ailleurs, être mis sur la traçabilité des denrées alimentaires. A cet égard, une démarche plus systématique d’étiquetage de la provenance, comme celle mise en œuvre pour la viande bovine, doit être envisagée. Comme vous le savez et le mettez en œuvre dans vos établissements, le décret relatif à l’étiquetage des viandes bovines dans les établissements de restauration est venu compléter le dispositif d’information des consommateurs sur l’origine des viandes bovines ; il me paraît de nature à renforcer leur confiance. Il répond à une demande forte exprimée par les associations de consommateurs et a, du reste, été largement soutenu par les professionnels de la filière bovine, déjà familiers des obligations de traçabilité et d’étiquetage.
Mon attention a été appelée sur certaines difficultés d’application de ce texte. Au-delà des contraintes pratiques de mise en œuvre, elles tiennent à la grande variabilité des approvisionnements et à l’impossibilité de garantir au consommateur l’origine exacte, au cours d’un même service, de la viande incorporée dans les plats.
Mes services et ceux du Secrétariat d’Etat à la Consommation ont précisé, au terme d’une démarche de concertation, ses conditions de mise en œuvre, de façon à répondre de manière pragmatique aux inquiétudes des professionnels. Il ressort des informations dont je dispose, un premier bilan d’application qui me paraît extrêmement positif.
J’entends, bien entendu, rester vigilant et ne manquerai pas de prendre, le cas échéant, les dispositions complémentaires qu’exigerait la situation.
La mise en œuvre réussie de la traçabilité suppose l’implication de tous. Le " contrat de confiance " que nous appelons tous de nos vœux et que je m’emploie à restaurer, ne pourra l’être, en effet, que si chacun assume pleinement ses responsabilités. Il ne le sera pas par la seule voie du règlement ou de la loi. Il ne sera rétabli que par le plein exercice par chaque maillon de la filière de sa responsabilité individuelle et collective.
En cette matière, la question des OGM occupe une place particulière. Elle suscite – je le sais – de profondes interrogations chez nos concitoyens sur les risques sanitaires et environnementaux mais aussi sur l’utilité et la pertinence des OGM. Elle vous préoccupe très légitimement, et sachez qu’elle retient également toute mon attention.
On observe une différence de perception fondamentale avec les pays où leur culture est largement répandue comme les Etats-Unis, où ils occupent plus de 30 millions d’hectares.
Depuis 1999, aucun nouvel Organisme Génétiquement Modifié n’a reçu d’autorisation de commercialisation dans l’Union Européenne. Ce moratoire répond au souhait de cinq Etats, dont la France, d’assurer, avant toute nouvelle autorisation, un étiquetage et une traçabilité des produits génétiquement modifiés, de façon à garantir le libre choix des consommateurs.
Comme vous le savez, je me suis pleinement investi dans les discussions au Conseil des ministres qui ont abouti à un accord politique fin 2002, sur deux projets de règlement.
Ces projets de règlements portent sur les denrées alimentaires, les aliments pour animaux, l’étiquetage et la traçabilité des OGM. Ils visent à mieux garantir la sécurité sanitaire, mais également, et peut être plus encore, à préserver la liberté de choix des consommateurs. Ainsi, l’huile issu de colza génétiquement modifié sera désormais étiquetée, tout comme des biscuits contenant de l’huile de mais obtenue à partir de mais ou de soja génétiquement modifiés, que nous importons largement des Etats-Unis et destinons à l’alimentation du bétail.
Ces accords constituent une avancée très importante pour rétablir la confiance des consommateurs. Ils témoignent de la volonté de prendre des mesures garantissant un niveau élevé de protection de l’environnement et préservant la santé publique et la liberté de choix du consommateur. Ces textes sont désormais en deuxième lecture au Parlement.
Dans l’attente de leur entrée en vigueur, nous devons accomplir un important travail pédagogique à l’égard des citoyens européens, afin qu’ils comprennent en quoi le dispositif que nous mettons en place permettra de garantir leur sécurité et de préserver leur liberté de choix. Seul cet effort est, à mon sens, de nature à apaiser les craintes qui perdurent.
Sachez que je suis opposé à toute reprise des autorisations d’OGM, avant que ce dispositif ne soit pleinement en place.
Je suis sensible au fait que, contrairement à une idée fausse trop largement répandue, la communauté scientifique a une vision positive de la question des biotechnologies, et j’ai, par ailleurs, le plus grand respect pour les scientifiques français, dont je connais la valeur.
Des efforts importants doivent encore être accomplis en matière d'éducation et d'information dans le domaine de la biologie, de la génétique et de l’agriculture, afin de mieux en comprendre les enjeux.
Nous devons adopter une approche raisonnable et responsable de façon à ce que la recherche dans ce domaine puisse se poursuivre sereinement en Europe.
[Encourager la qualité]
Les consommateurs sont, par ailleurs, demandeurs de produits d’une qualité accrue. Ils aspirent à connaître l’histoire du produits et leurs conditions de production. La demande de produits issus du terroir n’a également jamais été aussi forte. Mais revenir au terroir ne signifie pas qu’il faille se nourrir comme jadis.
Les signes officiels de la qualité et de l’origine auxquels je suis très attaché – consacrent des productions au savoir-faire parfois ancestral et entretenant un lien fort avec nos terroirs. J’observe qu’ils tendent, d’ailleurs, à se développer. Ces démarches reçoivent mon plus total soutien, mais je souhaite qu’une certaine cohérence soit recherchée entre ces différents sigles et appellations, afin que le consommateur dispose d’une information intelligible pour le guider dans ses choix. Cette démarche s’inscrit, par ailleurs, dans une stratégie de développement privilégiant la compétitivité assise sur la qualité plutôt que sur la productivité.
L’agriculture biologique quant à elle correspond à un mode de production qui fait partie des agricultures françaises et correspond à l’attente de certains consommateurs français et à une segmentation réelle du marché. Elle ne doit pas être opposée à toutes les autres formes d’agriculture, mais y trouver sa place.
En mettant en place le 4 mars dernier la Commission Nationale de l’Agriculture Raisonnée et de la Qualification des exploitants, j’ai engagé l’agriculture française dans la voie de l’agriculture raisonnée. L’agriculture raisonnée constitue une démarche globale d’exploitation qui sera sans doute demain le standard de l’agriculture française. Je crois en la pertinence pour la santé et l’environnement d’une agriculture qui maîtrise ainsi ses pratiques, contrôle ses intrants, assure la traçabilité de ses productions et s’adresse à une immense majorité des agriculteurs.
La coexistence de ces agricultures est le meilleur garant, de la diversité et de la qualité de nos produits.
Notre politique doit rechercher la meilleure synthèse entre exigence de tradition et souci de modernité, et nos dispositifs touchant aux modes de production demeurer toujours ouverts, évolutifs et exigeants.
[Préserver la diversité de notre modèle alimentaire]
Enfin, vous le savez mieux que quiconque, la France dispose d’une culture alimentaire spécifique, car cette question touche dans notre pays à ce qui fait nos valeurs et notre identité. Plus d’autres, nous sommes attachés à la diversité et l’originalité de nos produits.
BRILLAT-SAVARIN dont le nom résume notre idée de la gastronomie, écrivait que " la destinée des nations dépend de la façon dont elles se nourrissent ". Dans le mouvement de mondialisation, dont chacun perçoit plus chaque jour combien il affecte nos vies, il est de notre devoir de préserver notre modèle alimentaire des risques de l’uniformisation, et je sais pouvoir compter sur vous pour le défendre et le promouvoir.
J’entends que les prescriptions sanitaires - dont nous comprenons tous la nécessité et qui sont débattues dans les instances internationales - ne nous prive pas demain de plaisirs aussi simples qu’un bon camembert goûteux, un foie gras frais et savoureux ou un vin de qualité. L’expérience du ris de veau nous montre que cela est possible, en pratique.
[Conclusion]
Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,
" Faire de la nourriture un bonheur pour les hommes ", telle est la vocation selon Theodore ZELDIN, de la gastronomie et la grandeur de votre profession. Sa contribution à ce qui fait notre culture et notre identité mérite notre respect et notre considération. Je souhaite que nous puissions entretenir un dialogue étroit, et veux vous assurer, Mesdames, Messieurs, de mon écoute la plus vigilante aux préoccupations dont vous voudrez bien me faire part.
ericjeanloicbreton |
| 2003-03-25 12:54:43
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Mardi 25 mars 2003
DIOXINES
L’évolution récente des émissions de dioxines dans l’atmosphère
24 mars 2003 |
| accueil > lutte contre les pollutions > L’évolution récente des émissions de dioxines dans l’atmosphère |

| voir également:
les autres pages consacrées aux dioxines |
|
1) Les émissions de dioxines en 2001
Les rejets de dioxines proviennent essentiellement de combustions incomplètes :
- usines d’incinération d’ordures ménagères, différentes catégories d’installations de la métallurgie ;
- brûlage de câbles, combustion du bois ;
- feux de forêts, incendies de bâtiments.
Par ailleurs, le trafic routier est également à l’origine de tels rejets.
Les émissions de dioxines en France en 2001 pour les sources fixes se répartissent d’après les estimations du CITEPA (Centre Interprofessionnel Technique d’Etudes de la Pollution Atmosphérique) de la façon suivante :
Tableau 1 - Estimation des émissions de dioxines des principaux secteurs émetteurs en 2001 (source CITEPA)
|
ACTIVITES |
EMISSIONS en g I-TEQ/an |
|
Usines d’incinération d’ordures ménagères |
255 |
|
Combustion résidentielle du bois |
92 |
|
Brûlage de cables |
40 |
|
Agglomération du minerai de fer |
36 |
|
Aciéries électriques |
10 |
|
Aluminium de seconde fusion |
8 |
|
Incinération de boues de STEP |
6 |
|
Incinération de déchets industriels |
3 |
|
Total |
450 |
Les principales sources sont donc l’incinération de déchets, la combustion résidentielle du bois et le secteur de la métallurgie.
Les mesures ou les estimations réalisées dans les secteurs de la chimie, de la papeterie ou de l’industrie cimentière montrent que chacune de ces activités est à l’origine de l’émission de moins d’1 gramme par an de dioxines. De même, l’étude réalisée sur le brûlage de biogaz de décharge permet d’estimer un flux émis inférieur à 1 gramme par an.
2) Les évolutions
a) Historique
Plusieurs études menées en Europe ou aux Etats-Unis sur des sédiments de lacs ou sur des herbiers montrent que les émissions anthropogéniques significatives de dioxines sont apparues vers 1940. Les échantillons correspondant à des périodes antérieures présentent de très faibles teneurs en dioxines, qui pourraient avoir pour origine des sources mineures telles que les feux de forêts, le chauffage domestique ou de petites activités industrielles.
A partir de 1940, une augmentation notable de la concentration en dioxines dans les sédiments et les herbiers est observée, avec un pic entre la fin des années 50 et le début des années 1970. Puis un déclin rapide est observé à partir de ce moment, qui correspond au premier choc pétrolier. Des échantillons de sédiments prélevés dans des lacs isolés, et donc représentatifs du bruit de fond, montrent que cette diminution pourrait atteindre 80 % entre 1970 et le milieu de la décennie 1990.
b) Les évolutions récentes par grand secteur
Les inventaires réalisés par le CITEPA traduisent une forte baisse des émissions de dioxines. Celles-ci sont en effet passées de d’environ 1785 grammes en 1995 à environ 450 grammes en 2001. Cette diminution se répartit de la façon suivante :
Tableau 2 : Evolution des émissions de dioxines des principaux secteurs émetteurs entre 1995 et 2001 (source CITEPA)
|
ACTIVITES |
EMISSIONS 1995 en g I-TEQ/an |
EMISSIONS 2001 en g I-TEQ/an |
|
Usines d’incinération d’ordures ménagères |
1090 |
255 |
|
Combustion résidentielle du bois |
90 |
92 |
|
Brûlage de cables |
40 |
40 |
|
Agglomération du minerai de fer |
298 |
36 |
|
Aciéries électriques |
24 |
10 |
|
Aluminium de seconde fusion |
13 |
8 |
|
Incinération de boues de STEP |
6 |
6 |
|
Incinération de déchets industriels |
3 |
3 |
|
Incinération de déchets hospitaliers |
15 |
0,5 |
|
Recytech |
205 |
0,1 |
|
Total |
1784 |
450 |
De manière plus détaillée, les évolutions sont les suivantes dans les secteurs de l’incinération des ordures ménagères et de la métallurgie.
- L’incinération des ordures ménagères
Fin 1997, le flux de dioxines rejeté à l’atmosphère par les usines d’incinération d’ordures ménagères d’une capacité supérieure à 6 tonnes par heure était de 500 grammes par an. Fin 1998, le flux émis était de l’ordre de 300 grammes par an. Fin 2001, il était de l’ordre de 145 grammes par an. Une diminution d’environ 70 % est ainsi observée entre 1997 et 2001.
Tableau 3 - Evolution des rejets des incinérateurs de déchets municipaux d’une capacité supérieure à 6 tonnes par heure
|
ANNEES
|
REJETS EN g-TEQ/AN |
|
1995 |
estimation CITEPA : 820 |
|
1997 |
500 |
|
1998 |
300 |
|
1999 |
200 |
|
2000 |
160 |
|
2001 |
145 |
Les actions engagées pour la mise en conformité des usines d’incinération d’ordures ménagères d’une capacité inférieure à 6 tonnes par heure ont par ailleurs conduit à une forte diminution des rejets du parc concerné.
Tableau 4 - Evolution des rejets des incinérateurs de déchets municipaux d’une capacité inférieure à 6 tonnes par heure (estimation CITEPA)
ANNEES |
REJETS EN g-TEQ/AN |
|
1995 |
265 |
|
1997 |
210 |
|
1998 |
215 |
|
1999 |
165 |
|
2000 |
180 |
|
2001 |
110 |
Le niveau d’émission actuel a donc été très sensiblement réduit du fait de nombreuses fermetures d’installations polluantes, accélérées en 2001 et achevées pour la fin de l’année 2002. Il sera encore notablement abaissé du fait de l’entrée en vigueur des arrêtés du 20 septembre 2002, qui seront applicables à toutes les usines fin 2005.
- le secteur de la métallurgie
Une importante réduction des émissions est également observée dans le secteur de la métallurgie. Les émissions sont ainsi passées de 350 grammes en 1997, à 300 grammes en 1998 et à 66 grammes en 2001. L’usine Recytech, spécialisée dans le traitement des poussières d’aciérie, a diminué son flux de plus de 99 % entre 1998 et 1999 (de 141 grammes à 0,1 gramme).
Tableau 5 - Evolution des rejets de la sidérurgie-métallurgie des ferreux et non-ferreux
|
ANNEES
|
REJETS EN g-TEQ/AN |
|
1995 |
estimations : CITEPA : 540, Ademe : 550 |
|
1997 |
350 |
|
1998 |
300 |
|
1999 |
140 |
|
2000 |
80 |
|
2001 |
66 |
Les émissions des trois sites d’agglomération de minerai de fer représentent l’essentiel des flux du secteur de la métallurgie en 2001 (36 g).
c) Les actions engagées par l’administration
Cette diminution est le résultat d’actions engagées par l’administration :
- la mise en conformité et le suivi des installations d’incinération de déchets
L’arrêté du 25 janvier 1991 prévoyait que les installations en fonctionnement lors de sa signature devaient être mises en conformité avec ses dispositions au 1er décembre 1996 au plus tard pour les installations d’une capacité supérieure à 6 tonnes par heure et au 1er décembre 2000 pour les autres.
Constatant, début 1997, que, pour les usines d’une capacité supérieure à 6 tonnes par heure, seules 30 usines, sur un total de 70, respectaient la réglementation, le ministère en charge de l’environnement et les préfets ont initié une action vigoureuse pour la mise en conformité des incinérateurs.
Cette action a été renforcée quand la contamination entraînée par le fonctionnement non conforme de l’incinérateur de Gilly-sur-Isère (Savoie) a été mise en évidence.
En mai 2002, 36 usines non conformes demeuraient en fonctionnement. La ministre de l’écologie et du développement durable a écrit le 27 juin 2002 aux préfets concernés, pour leur demander de faire cesser rapidement les situations d’infraction et a écrit de nouveau le 5 novembre 2002 pour rappeler aux préfets concernés par les 20 dernières installations non conformes l’importance qu’elle attachait à voir tous les incinérateurs non conformes fermés à la fin de l’année au plus tard.
Début 2003, l’ensemble du parc respecte les dispositions de l’arrêté du 25 janvier 1991.
Il s’agit d’une évolution importante du parc qui est passé de 300 unités en 1998 à 123 début 2003, alors que la capacité d’incinération n’a pas diminué.
. Suivi
Le suivi des installations a été amélioré et les informations disponibles ont été mises à disposition du public. La circulaire du 30 mai 1997 a demandé des mesures de dioxines à l’émission pour toutes les unités d’une capacité supérieure à 6 tonnes par heure. Dès lors que les émissions de dioxines étaient importantes, des mesures de dioxines dans l’environnement ont été demandées. Ces informations sont mises à disposition du public sur le site internet du ministère de l’écologie et du développement durable.
Au cours de l’année 2002, la surveillance des usines non conformes encore en fonctionnement a été renforcée, avec la réalisation de mesures dans le lait produit aux environs.
Les arrêtés du 20 septembre 2002, qui s’appliquent dès maintenant aux nouvelles unités et s’appliqueront le 28 décembre 2005 aux installations existantes, prévoient notamment des mesures de dioxines à l’émission deux fois par an et un programme de suivi de l’impact de l’installation dans l’environnement, au moins pour les dioxines et les métaux lourds. Dans l’attente, la circulaire du 9 octobre 2002 demande de réaliser une fois par an une mesure de dioxine à l’émission de chaque four d’incinération, indépendamment de sa capacité et, dès lors que le flux total annuel de dioxines émis dépasse 0,5 g, des mesures dans l’environnement
- Le secteur de la métallurgie
Le ministère en charge de l’environnement a demandé aux préfets de poursuivre périodiquement les mesures à l’émission des 16 usines rejetant plus de 1 g/an en 1998 et de faire présenter par les exploitants un examen technico-économique des actions permettant de réduire les rejets. Parallèlement, les exploitants ont mis en place une surveillance des impacts de ces rejets en utilisant préférentiellement le lait comme indicateur.
voir également : les autres pages relatives aux dioxines |
haut de page
ericjeanloicbreton |
| 2003-03-25 12:53:45
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Mardi 25 mars 2003
LENTILLES THERAPEUTIQUES
Technologie
Lentilles thérapeutiques

|
| Des ingénieurs de l’université de Floride ont trouvé un nouveau moyen pour administrer un traitement via les lentilles de contact. Anuj Chauhan et Derya Gulsen ont emprisonné le médicament dans des particules ‘’nanoscopiques’’ qui sont ensuite incorporées à la lentille lors de sa fabrication. Le traitement peut ainsi être distillé peu à peu, à petites doses, alors que les gouttes de collyre délivrent une grande quantité de produit dont une partie se perd, diluée par les larmes.
Les deux chercheurs ont présenté leurs travaux lors du congrès de la Société Américaine de Chimie, qui se tient jusqu’à jeudi à la Nouvelle-Orléans, aux Etats-Unis. Ils espèrent notamment que leur procédé sera appliqué au traitement du glaucome, une affection caractérisée par une augmentation de la pression dans l’œil qui peut conduire à la cécité si elle n’est pas soignée.
Leur projet n’est qu’à un stade préliminaire, aucun test in vitro n’a été réalisé. De précédentes tentatives -consistant à imprégner la lentille ou à coincer le médicament entre deux couches- n’ont pas abouti, faute d’efficacité.
(24/03/2003)
ericjeanloicbreton |
| 2003-03-25 12:50:52
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Mardi 25 mars 2003
PNEUMONIE
- Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) : situation au 24 mars 
Médecine et santé
Singapour impose la quarantaine contre le SRAS
 A Hongkong, de plus en plus de gens portent un masque de protection au quotidien. (AP /Anat Givon) |
| En Asie, Singapour, Hongkong et le Vietnam se battent toujours pour maîtriser l’épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), tandis que les chercheurs de onze laboratoires tentent au plus vite d’identifier le virus responsable de l’infection. Les autorités singapouriennes ont imposé à 740 personnes qui auraient été en contact avec des patients atteints du SRAS de rester chez elles. Jusqu’à présent les personnes infectées appartenaient quasiment toutes au milieu médical ou à l’entourage des victimes. Cependant les autorités craignent un élargissement de l’épidémie.
Ce syndrome a contaminé 465 personnes, 17 en sont décédées, selon la comptabilité de l’OMS en date du 24 mars. Hongkong est le principal foyer infectieux, avec au moins 260 cas dont 10 morts. Le Vietnam compte 4 morts et le Canada trois (pour onze cas).
La nature exacte de l’agent infectieux reste encore à déterminer. Selon certains chercheurs, notamment ceux de l’université de Hongkong, il s’agit d’un paramyxovirus, une famille à laquelle appartiennent le virus de la rougeole et celui des oreillons. Une équipe du Centre de contrôle des maladies (CDC) d’Atlanta a de son côté isolé un coronavirus, connu pour être l’un des principaux responsables du rhume.
L’origine de cette épidémie pourrait se trouver en Chine du Sud, dans la province du Guangdong, où une mystérieuse pneumopathie aurait contaminé plus de 300 personnes entre novembre et février. Une équipe de l’OMS est arrivée à Pékin samedi dernier pour en savoir plus sur l’infection et vérifier le lien entre les deux flambées épidémiques.
Cécile Dumas (25/03/2003)
PNEUMOPATHIE Un médecin chinois serait à l'origine de certaines contaminations à Hongkong, puis en Asie et au Canada L'épidémie se serait bien propagée à partir de la Chine du Sud
 Cyrille Louis [21 mars 2003]
 La traque menée sans relâche par plusieurs équipes scientifiques internationales pour identifier l'origine de l'épidémie de Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) pourrait bien avoir enregistré hier une nouvelle avancée. Les autorités sanitaires de Hongkong assurent en effet avoir reconstitué le cheminement possible de la maladie jusqu'au coeur de l'ancienne colonie britannique. Puis vers Singapour, le Vietnam et le Canada.
Fraîchement débarqué de la province du Guangdong (Chine du sud), un médecin chinois de 64 ans présentant les symptômes du SRAS aurait contaminé, entre le 15 et le 27 févier dernier, sept personnes dans un hôtel de Hongkong où il séjournait. Décédé depuis, l'homme constitue le premier lien matériel entre l'épidémie qui a frappé 305 personnes dans la région du Guangdong depuis novembre 2002 et les 165 cas de SRAS enregistrés dans la ville ces dernières semaines. Les sept personnes contaminées dans ce foyer initial, dont une femme canadienne âgée de 78 ans qui est décédée depuis, résidaient apparemment au neuvième étage de l'hôtel Metropole au même moment que le médecin chinois. D'après Margaret Chan, directrice de la Santé de la ville de Hongkong, celui-ci éternuait fortement et s'est abondamment mouché lors de son séjour. Toutefois, l'ensemble des occupants de l'étage n'a pas été infecté.
C'est probablement au contact du malade qu'un homme d'affaires américain, également présent dans l'établissement fin février, a été contaminé par le SRAS. De passage au Vietnam quelques jours plus tard, ce dernier serait pour sa part le point de départ de l'épidémie qui a déjà touché 58 personnes à Hanoï. Il est mort peu après son retour à Hongkong, le 13 mars. Par ailleurs, des touristes singapouriens et canadiens qui résidaient aussi à l'hôtel Metropole ont développé la maladie de retour dans leur pays.
La mise en évidence de cette chaîne de contaminations tend à confirmer l'hypothèse, formulée dès le lancement de l'alerte par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) samedi dernier, selon laquelle l'épidémie de SRAS aurait démarré en Chine. Mais seule la mise en évidence du germe responsable de la maladie permettra, le cas échéant, de la valider. Mercredi, trois laboratoires de Hongkong, Hambourg et Francfort ont annoncé avoir repéré par microscopie électronique un agent de la famille des paramyxovirus dans des échantillons prélevés sur des malades. Mais d'autres tests sont encore nécessaires pour s'assurer que les 264 cas de pneumopathies atypiques – dont 14 mortels – recensés en Asie, en Amérique du Nord et en Europe depuis le 26 février sont attribuables à ce virus.
Plusieurs paramyxovirus sont connus de longue date, responsables pour la plupart de maladies respiratoires ou de pathologies enfantines, comme la rougeole ou les oreillons. Mais ceux-ci sont à la fois plus contagieux et moins virulents que le germe du SRAS. Aussi les virologues n'excluent-ils pas d'être confrontés à un virus humain dont certaines caractéristiques auraient muté.
A moins qu'il ne s'agisse d'un agent animal soudain devenu transmissible à l'homme. Ou encore que ces pneumopathies atypiques ne soient causées par l'un des deux paramyxovirus potentiellement mortels récemment mis en évidence : Nipah, qui a tué 105 personnes en Malaisie (1998) et Hendra, qui a causé deux décès en Australie (1994 et 1995). Aucune transmission interhumaine de ces germes n'avait jusqu'à présent été mise en évidence.
Pékin contrôle étroitement l'information sur la maladie
 Pékin : de notre correspondant François Hauter [21 mars 2003]
 Alors que deux personnes viennent de mourir de ce qui semble être la pneumonie atypique à Pékin, et que l'enquête épidémiologique tend à confirmer l'origine chinoise de cette flambée infectieuse, le ministre chinois de la Santé affirmait mercredi que l'épidémie était contrôlée dans le sud du pays, et qu'elle n'existait pas dans la capitale.
La presse chinoise a été muselée sur le sujet. L'épidémie est apparue à la mi-novembre dans plusieurs villes de la province du Guangdong : 305 personnes ont officiellement été affectées, et cinq ont été terrassées. Comme pour le sida, la technique de Pékin consiste à interdire l'information et à prétendre que le problème n'existe pas.
Les deux morts de Pékin venaient de la région pauvre du Shanxi, dans le centre du pays. L'homme et son épouse sont décédées les 7 et 15 mars dans la capitale, où ils étaient venus se faire soigner à l'hôpital militaire n° 302. «Nous ne savons pas s'ils ont contracté la maladie au Shanxi ou à Pékin», a affirmé mercredi un responsable du centre de prévention et de contrôle des maladies. Les médecins qui ont soigné les deux victimes ont été placés en quarantaine. «Il n'y a pas de cas de pneumonie atypique à Pékin», a cru ensuite devoir corriger un porte-parole du ministère de la Santé. Cette façon de ne pas reconnaître une difficulté avant de pouvoir annoncer qu'on a commencé à la surmonter est typique des méthodes de travail des apparatchiks de l'administration chinoise. Ce n'est que le 10 mars que Pékin a demandé de l'aide à l'OMS, alors cette épidémie s'est déclenchée quatre mois plus tôt, et qu'elle s'est vraisemblablement propagée dans le reste du pays, au rythme des déplacements des millions de gens qui vont travailler dans le Sud, et qui sont tous rentrés dans leurs régions natales à l'occasion du nouvel an chinois. La plupart des pandémies mortelles de grippes du siècle dernier (1918, 40 millions de morts ; 1957 et 1968, 1,5 million de morts) sont parties du sud de la Chine. «Avec 55 millions d'habitants dans la région du Guangdong et 35 millions dans la région voisine du Fujian, le système sanitaire de surveillance actuel de la Chine ne fera pas de grande différence», déclarait fin février Klaus Stohr, qui dirige le système d'alarme de l'OMS sur les pandémies.
Dimanche dernier, les Chinois ont commencé à confier à l'OMS leurs données recueillies depuis quatre mois. Mais cela ne va pas sans mal : «Nous voulons davantage d'informations», dit Alan Schnur, de l'OMS à Pékin, en révélant que le ministère de la Santé chinois n'avait toujours pas proposé pour analyse les prélèvements effectués sur les 305 malades de novembre 2002.
Pékin ne veut pas reconnaître, pour des raisons très chinoises, que cette épidémie puisse s'être propagée à partir du sud du pays. Il est clair malheureusement que l'administration chinoise porte une lourde responsabilité dans l'expansion de cette pneumonie atypique, pour avoir refusé d'alerter à temps non seulement les Chinois, mais aussi le reste du monde.
ericjeanloicbreton |
| 2003-03-25 12:49:46
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EPIDEMIES, EPIDEMIE
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Mardi 25 mars 2003
CACTUS
Sciences de la vie
Le cactus hoodia contre la biopiraterie
 Des cactus hoodia. |
| Les Bochimans d’Afrique australe ont réussi à faire valoir leurs droits sur l’exploitation médicale d’un cactus contre l’obésité. Le cactus hoodia est connu depuis des lustres par ces habitants ancestraux du désert de Kalahari, dans le nord-ouest de l'Afrique du Sud. Les chasseurs bochimans, ou San, consomment le jus de ce cactus lors de leurs longues excursions pour lutter contre la faim et la soif. Ils viennent de signer un contrat avec le Conseil sud-africain de la recherche scientifique et industrielle (CSIR) qui prévoit le versement de 1,5 million de dollars sur quatre ans au Conseil San en cas de réussite commerciale.
Le principe actif du cactus hoodia a été breveté en 1995 par le CSIR sous le nom de P-57. Les droits d’exploitation ont été revendus dès 1997 à une firme de biotechnologie britannique, Phytopharm. L’année suivante, celle-ci concède la licence au laboratoire américain Pfizer, qui veut développer un produit amaigrissant à partir du P-57. Informés de toute l’affaire par la presse en 2001, les Bochimans ont décidé de se battre pour ne pas être les laissés-pour-compte d’une prometteuse affaire.
Le hoodia n’est pas la seule plante médicinale bien connue d’un peuple indigène et convoitée par une firme pharmaceutique ou biotechnologique. Le yagé amazonien ou la quinoa de Bolivie ont mobilisé les défenseurs des droits des populations autochtones contre la biopiraterie. Les brevets déposés sur les semences de ces plantes menacent en effet leur utilisation locale et privent les pays en développement des retombées économiques.
Cécile Dumas (25/03/2003)
ericjeanloicbreton |
| 2003-03-25 12:47:35
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1 Commentaire :
Commentaire écrit le vendredi 14 mai 2004 à 16:54:29 (lien) Margot Helquist Bonjour Mesdames et Monsieurs,
Do you have any information on this subject in English or German? I would appreciate reading about it.
Recevez mes salutations sinceres,
Margot Helquist
Mardi 25 mars 2003
LE CANCER
70 mesures pour lutter contre le cancer Dernière mise à jour : 25-03-2003 | 12:45 |
Le Président de la République a lancé lundi 24 mars 2003 le "Plan cancer" (voir le discours du Président, sur le site de l'Elysée), en présence du Premier ministre, du ministre de la Santé et de la ministre de la Recherche. C'est le troisième et dernier des grands chantiers du quinquennat du Président de la République, après la sécurité routière et l'intégration des personnes handicapées dans la société.
Les propositions de ce plan vise à répondre aux besoins des patients, de leurs proches et des professionnels de cette maladie. Elles s'articulent autour de 70 mesures qui seront mises en œuvre d'ici 5 ans.
Voir le dossier de presse
Voir aussi le dépliant de la campagne de lutte contre le cancer
Le Premier ministre avait souligné le 31 janvier 2003 lors de la réunion de l'Association nationale pour la recherche technique la forte mobilisation à venir du Gouvernement sur le cancer. "Cette mobilisation est très forte. C'est un des moyens importants que nous allons mettre dans les années qui viennent". Le 16 janvier dernier, le ministre de la Santé, de la Famille et des Personnes Handicapées, Jean-François Mattei, et la ministre déléguée à la Recherche et aux Nouvelles Technologies, Claudie Haigneré avaient rendu publiques les propositions élaborées par la commission d'orientation sur le cancer (voir l'article du 9 septembre 2002 concernant la lutte contre la cancer).
Trois objectifs : mieux prévenir, humaniser le système, améliorer la recherche
La France a décidé de se mobiliser pour faire face au fléau que représente le cancer. En effet, la maladie touche 280 000 personnes chaque année, et en tue 150 000. Il est la première cause de mortalité avant l'âge de 65 ans. "J'ai voulu qu'une mobilisation nationale soit lancée contre le cancer et j'ai décidé de m'y engager personnellement", a dit Jacques Chirac. "Après avoir signé, ici même, le 4 février 2000, la Charte de Paris contre le cancer, j'ai fait de la lutte contre ce fléau un des grands chantiers de mon mandat, pour que tout soit mis en œuvre. J'en rendrai compte devant les Français", a-t-il ajouté. (Voir le dossier consacré au Plan de lutte contre le cancer sur le site de l'Elysée).
Le plan cancer se déroulera sur cinq et s'articule autour de 70 mesures. Il mobilisera un demi-milliard d'euros. Il visera 3 objectifs :
Rattraper le retard de la France en matière de prévention et de dépistage. Le dépistage de la maladie doit être systématique et plus rapide. "Le cancer plonge ses racines dans nos modes de vie : nous devrons les faire évoluer. Il est souvent pris trop tard : nous devrons le dépister systématiquement et plus tôt" a relevé le Président. Des campagnes de préventions seront organisées afin de stopper la progression du nombre de malades, notamment effectuées auprès des jeunes dans les écoles.
Offrir à chaque malade la qualité des soins et l'accompagnement humain auxquels il a droit, en accompagnement le malade et sa famille durant et après le traitement. "Cela nécessite que plusieurs médecins et professionnels de santé puissent travailler ensemble, en fonction des besoins du malade. Chaque malade doit bénéficier d'un programme personnalisé de soins établi en commun, par exemple par un cancérologue, un radiothérapeute, et un spécialiste de l'organe où la tumeur s'est développée", a précisé le Président de la République. Un effort important dans le domaine de l'imagerie médicale doit être notamment effectué.
"Soigner le cancer, ce n'est pas seulement traiter l'organe touché, c'est prendre en charge une situation humaine, aider le malade et ses proches dans un combat qui peut durer plusieurs années", a souligné le Président de la République.
Donner une impulsion décisive à la recherche. Trois domaines de la recherche sont prioritaires: l'épidémiologie, la génétique du cancer et la recherche clinique. Ils permettront de trouver de nouveaux remèdes L'épidémiologie représente déjà un outil essentiel à l'explication de la maladie. L'épidémiologie "nous renseigne sur les liens entre l'environnement, la nutrition, le milieu professionnel et la maladie, sur le rôle de certains agents infectieux, sur l'évolution des taux de survie et de guérison".
La génétique représente le deuxième axe de recherche. L'analyse des gènes permet de détecter et comprendre davantage l'évolution de la maladie en fonction des individus.
La recherche clinique est le troisième axe de mobilisation. "Pour guérir le cancer, il faut évaluer de nouvelles stratégies de recherche, apprécier les meilleurs traitements pour chaque malade, tester des molécules en collaboration avec l'industrie pharmaceutique, dont le rôle est essentiel".
Ces améliorations sont essentielles à l'augmentation du nombre de guérisons. "Grâce aux progrès de la recherche et à l'amélioration de la qualité des soins, nous avons déjà gagné beaucoup de terrain. On connaît mieux le cancer. Le taux de guérison est désormais en moyenne de 40% chez l'homme, 60% chez la femme et 75% chez l'enfant".
Déclarer la guerre au tabac
Le cancer du poumon est le plus ravageur. "Le cancer du poumon tue quatre fois plus que les accidents de la route", a souligné le Président. Or, le nombre de fumeurs est en augmentation, notamment les jeunes. Le plan répond à une urgence: "si rien n'est fait, le tabac pourrait tuer deux fois plus de personnes dans vingt ans", a déclaré le Président.
L'augmentation du prix du tabac devrait par ailleurs contribuer à faire diminuer la consommation. "Il faudra aussi continuer à agir sur les prix, qui influencent de manière déterminante la consommation des jeunes. Dans le cadre du plan cancer, la politique de hausse des prix engagée cette année sera poursuivie avec résolution. Elle a déjà fait reculer la consommation" a souhaité le Président. En outre, le résultat de l'augmentation sera consacré au financement du plan de lutte contre le cancer.
Des campagnes de prévention contre le tabac seront par ailleurs menées auprès des jeunes pour éviter ou stopper leur consommation de cigarettes.
La création d'un institut national du cancer
Un institut national du cancer sera créé, afin de mettre en application ces différentes mesures. Il sera constitué de chercheurs, de médecins, de représentants d'associations. Il permettra également d'apporter des avis, notamment dans le cadre de négociations internationales ou avec des entreprises de santé. "Il aura pour mission d'animer les politiques d'information et de prévention, d'élaborer et de diffuser les normes de qualité des soins. L'institut aura également pour mission de veiller à la nécessaire harmonisation de notre effort de recherche en proposant et en finançant des actions de recherches interdisciplinaires", a précisé le Président de la République.
Sur le plan européen, le Président entend proposer la création d'une agence européenne du cancer, "chargée de favoriser la coordination et la convergence de nos politiques".
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Les principaux chiffres du cancer
PARIS, 24 mars (AFP) - Le cancer tue 150.000 personnes par an, 800.000 personnes vivent actuellement avec cette maladie et 2 millions ont déjà été touchées.
En 2000, il y a eu 278.000 cas nouveaux de cancers, contre 160.000 en 1980. "Toutes les trois minutes, un homme ou une femme meurent dans notre pays du cancer et, toutes les deux minutes, une personne apprend qu'elle est atteinte de cette maladie", rappelle le cancérologue David Khayat.
Un cancer sur deux est guéri chez les femmes, et environ trois sur quatre chez les enfants.
58 % des nouveaux cancers affectent les hommes sur quatre localisations : prostate (40.000), voies aéro-digestives supérieures (21.000, cancers de la bouche, du pharynx, du larynx et de l'oesophage), poumon (23.000) et colo-rectum (19.000).
Chez la femme, deux localisations cancéreuses prédominent : seinet colon-rectum (19.000). Le cancer du poumon, au sixième rang en 1995 chez les femmes, est passé au quatrième rang en 2000 avec 4.500 nouveaux cas et un nombre de décès équivalent.
L'objectif principal du plan anti-cancer est de réduire de 30 % le tabagisme des jeunes, de 20 % celui des adultes, et de faire baisser de 20 % le nombre d'adultes dépendants de l'alcool.
A lui seul, le cancer du poumon tue 30.000 personnes par an, quatre fois plus que les accidents de la route. Actuellement, un jeune sur deux fume, un homme sur trois et une femme sur quatre.
Le dépistage du cancer du sein devrait concerner 80 % des femmes entre 50 et 74 ans. Celui du cancer du col de l'utérus, 80 % des femmes entre 25 et 69 ans.
Le plan propose d'accroître de 20 % le parc d'appareils de diagnostic et de suivi des cancers (IRM et scanners) et de passer à un tomographe à émissions de positons (TEP) par million d'habitants. Ces appareils, qui ne donnent pas d'image, renseignent avec une grande précision sur le fonctionnement des organes.
"Moins d'une dizaine de ces appareils sont effectivement en place", a déclaré à l'AFP le Dr Alain Pecking, spécialiste de médecine nucléaire et de cancérologie à l'Institut René Huguenin de Saint Cloud.
Chirac mobilise contre le cancer Le chef de l'Etat a dévoilé les grandes orientations du "plan cancer", dont les 70 mesures seront détaillées mardi. Il déclare la guerre au tabagisme.
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| En l'espace de vingt ans, le nombre de cancers a pratiquement doublé en France, passant de 160.000 en 1980 à 278.000 en 2000. Un constat alarmant qui a incité Jacques Chirac à faire de la lutte contre le cancer l'une des priorités de son quinquennat. C'est lundi à 11h00 que le chef de l'Etat a dévoilé les grandes orientations du "plan cancer", un plan de 500 millions d'euros sur cinq ans comprenant 70 mesures qui seront détaillées demain mardi par le ministre de la santé Jean-François Mattei. Présentées comme des "forces vives de la lutte contre le cancer", 500 à 600 personnes, notamment beaucoup de représentants d'associations de malades, assistaient au discours du président de la République à l'Elysée. De son côté, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a prévu de rendre visite à des malades du cancer dans la semaine.
Modes de vie
"Il va falloir redoubler d'efforts. Il nous faudra des moyens supplémentaires, une meilleure organisation, plus de coordination. Il nous faudra une volonté puissante, déterminée, inscrite dans la durée, une volonté prenant appui sur une prise de conscience nationale" a déclaré Jacques Chirac. "Le cancer plonge ses racines dans nos modes de vie. Nous devons les faire évoluer". "Nous devons le dépister systématiquement et plus tôt. L'accès aux soins reste insuffisant. Chacun en France pourra bénéficier des meilleurs soins", a-t-il poursuivi. "Le cancer nous concerne tous. Il cause de terribles ravages. Plus de 700.000 de nos concitoyens sont en cours de traitement et 300.000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année. Avec 150.000 décès par an le cancer est la première cause de mortalité avant l'âge de 65 ans", a souligné Jacques Chirac. "Si l'on n'agit pas, le nombre de cancers pourrait doubler au cours des 20 années qui viennent sous l'effet du vieillissement et l'augmentation des facteurs à risque, notamment le pire d'entre eux, le tabagisme chez les jeunes." Jacques Chirac a ensuite salué le travail des équipes qui entourent et accompagnent les malades du cancer. "C'est un acte magnifique d'humanité", a dit le président. Il a annoncé un plan d'un demi-milliard d'euros sur cinq ans, autour de trois axes: 1. Rattraper le retard en matière de prévention et de dépistage. 2. Offrir à chaque malade la qualité des soins et l'accompagnement humain. 3. Donner une impulsion décisive à la recherche.
Contre le tabac
Des dizaines de milliers de cancers peuvent être évités chaque année par des gestes simples, a dit Jacques Chirac: "Ne pas fumer, ne pas abuser de l'alcool, ne pas exposer les enfants sans protection au soleil, avoir une alimentation équilibrée." "Le cancer du poumon tue quatre fois plus que les accidents de la route", a souligné le chef de l'Etat. "Les cancers du sein provoquent en France la mort d'une femme par heure." "Si l'on ajoute au cancer du poumon le cancer des voies aéro-digestives, ce sont 30.000 décès qui sont chaque année liés directement au tabac. Aujourd'hui, une femme sur quatre, un homme sur trois, et surtout un jeune sur deux fume. Le cancer du poumon est l'un des plus dangereux. Le taux de guérison est faible." "La lutte contre la tabac est une urgence absolue. Les fabricants ne ménagent pas leurs efforts pour vendre des produits qui menacent la vie. Nous devons y opposer une détermination sans faille pour convaincre les jeunes de ne pas fumer. Il s'agit de tout mettre en œuvre pour faire évoluer les esprits et sauver des vies." "La loi Evin doit être appliquée sans exception dans les lieux publics" a dit Jacques Chirac. "A ce titre, il est essentiel de faire respecter le principe d'une école sans tabac". "Il faudra continuer à agir fortement sur les prix qui influencent de façon déterminante la consommation des jeunes", a poursuivi le président. "Dans le cadre du plan cancer, la politique de hausse des prix engagée cette année sera poursuivie avec résolution." "Enfin, il faudra renforcer les campagnes d'information sur les dangers du tabac et prendre des initiatives pour mieux assurer la diffusion des substituts nicotinés, notamment chez les jeunes. Le plan insiste sur le besoin d'améliorer le dépistage, notamment celui des cancers du sein et du colon. Autre priorité, l'humanisation des soins réclamée à cor et à cri par les associations, notamment la mise en place d'une "consultation d'annonce". Elle permettra de prendre le temps d'annoncer les choses aux personnes atteintes d'un cancer. La recherche sera mieux coordonnée, notamment à travers la création d'unités de recherche régionales, les "canceropôles" et celle d'un Institut national du cancer, financé par des fonds publics. "La France doit également consentir un effort important dans le domaine de l'imagerie médicale", a estimé Jacques Chirac. "L'objectif, c'est d'ici cinq ans au moins un pet-scan par million d'habitants, et l'augmentation de 20% du nombre de scanners et d'IRM".
Les réactions
A l'issue de la conférence de presse du chef de l'Etat à l'Elysée, le professeur Gérard Dubois, président du Comité national contre le tabagisme, a jugé «tout à fait intéressant de voir que le président de la République» ait souligné que «les cigarettiers ont mené des actions inacceptables, notamment auprès des jeunes pour maintenir le tabagisme à un niveau élevé». «C'est cela qu'il faut changer», a-t-il estimé, notamment par une application de la loi Evin en milieu scolaire. L'augmentation des prix est aussi quelque chose de tout à fait dissuasif auprès des enfants et des adolescents, a-t-il ajouté. «Il y a eu un retard à l'allumage, une permissivité, une acceptation du tabagisme en milieu scolaire qui n'est plus acceptable aujourd'hui». Satisfait aussi, le président de la Ligue nationale contre le cancer, Henri Pujol. «Pour nous, c'est un grand jour. La parole présidentielle change la dimension sociale, l'image sociale du cancer, le malade n'est plus seul», a-t-il jugé. «Le président a voulu que le chantier soit national, je crois que c'est très très important parce que c'est un autre jour. C'est beaucoup d'espoir pour les malades». Enfin, le Pr David Khayat, cancérologue à l'hôpital de la Pitié-Salpétrière, a salué l'initiative de Jacques Chirac. «Maintenir ce rendez-vous, malgré le calendrier international, est significatif des vraies valeurs de la France», a-t-il estimé. (N.O. avec AP)
DISCOURS
DE MONSIEUR JACQUES CHIRAC PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
A L'OCCASION DE LA SEMAINE NATIONALE DE LUTTE CONTRE LE CANCER
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PALAIS DE L'ELYSÉE
LUNDI 24 MARS 2003
Monsieur le Premier ministre, Madame et Monsieur les ministres, Mesdames, Messieurs,
J'ai souhaité qu'une mobilisation nationale soit lancée contre le cancer et j'ai décidé de m'y engager personnellement.
Parce que le cancer tue. Parce que la science, la médecine, l'éducation, la prévention font beaucoup, peuvent beaucoup, presque tout, mais qu'elles ne viendront pas à bout de ce fléau sans unir leurs forces. Parce qu'il va falloir redoubler d'efforts.
Il nous faudra des moyens supplémentaires, une meilleure organisation, plus de coordination. Il nous faudra une volonté puissante, déterminée, inscrite dans la durée, une volonté prenant appui sur une prise de conscience nationale.
Le cancer plonge ses racines dans nos modes de vie : nous devrons les faire évoluer. Il est souvent pris trop tard : nous devrons le dépister systématiquement et plus tôt. L'accès aux soins reste insuffisant : chacun en France devra pouvoir bénéficier des meilleurs soins, avec les meilleures chances de guérison.
Le cancer nous concerne tous. Il cause de terribles ravages. Pourtant, il demeure largement un tabou et, trop souvent, nous le regardons comme une fatalité.
Plus de 700 000 de nos concitoyens sont actuellement en cours de traitement. Près de 300 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année.
Avec 150 000 décès par an, le cancer est la première cause de mortalité avant l'âge de 65 ans. Au cours des dix dernières années, il a fait autant de victimes que le conflit le plus meurtrier de notre histoire, autant de victimes que la première guerre mondiale, un million et demi de personnes.
Voilà, en quelques chiffres qui ne disent rien de la souffrance des patients et de leurs proches, voilà le poids du cancer dans notre société. Et si l'on n'agit pas, le nombre de cancers pourrait doubler au cours des vingt années qui viennent, sous l'effet du vieillissement de la population et du développement de facteurs de risque, et notamment d'un des pires d'entre eux le tabagisme chez les jeunes.
Directement ou à travers un proche, chacun d'entre-nous sera probablement confronté au cancer à un moment de son existence.
Malgré cela, ou peut-être à cause de cela, la loi du silence recouvre encore la réalité de la maladie. On continue d'éviter d'appeler le cancer par son nom. On entend qu'un voisin, une connaissance, est décédé d'une "longue et douloureuse maladie". Cette souffrance si forte qu'elle éteint les mots, ces silences pudiques cachent les difficultés, les drames, les angoisses auxquels sont confrontés les malades, leurs proches mais aussi ceux qui les soignent.
Le cancer, c'est la vie menacée. C'est en quelque sorte le destin qui frappe. Ce sont des priorités que l'on relativise et des espérances qui s'éloignent. C'est la peur pour soi. C'est la peur de perdre ceux que l'on aime. De ne plus être là pour les aider, les protéger. Ce sont ces enfants frappés par la maladie qui, d'un coup, basculent de l'insouciance à la douleur et que leurs parents voudraient tant aider, soulager, sauver. C'est le travail que l'on doit interrompre et qu'il est trop souvent difficile de retrouver après le traitement. Ce sont ces regards qui se détournent. Ce sont des soins lourds, éprouvants, épuisants, qui bouleversent la vie d'une femme, la vie d'un homme, d'un enfant.
Le traitement du cancer met toujours à l'épreuve médecins, infirmiers et personnels médicaux. Il faut annoncer le diagnostic. Combattre la maladie, mais aussi le désarroi et le malheur. Aider, parfois porter affectivement, le malade et ses proches. Soigner, alors que l'on ne sait pas toujours comment. Essayer. Tenter. Faire mentir les probabilités. Aimer suffisamment la vie et les hommes pour transformer de minces progrès en grandes victoires. Affronter la mort de patients qui ont lutté, qui ont souffert, auxquels on s'est attaché. Avoir la force de recommencer jour après jour, malade après malade. Y croire encore. Y croire toujours.
Soigner le cancer, guérir le cancer, c'est une école d'humilité et de détermination. C'est un acte magnifique d'humanité.
Ce combat pour la vie doit tous nous mobiliser. Grâce aux progrès de la recherche et à l'amélioration de la qualité des soins, nous avons déjà gagné beaucoup de terrain. On connaît mieux le cancer. Le taux de guérison est désormais en moyenne de 40% chez l'homme, 60% chez la femme et 75% chez l'enfant.
Il faut changer notre regard sur le cancer, rendre la société plus humaine, plus solidaire face à cette maladie. Il faut aussi mobiliser toutes les énergies, ne pas s'en tenir à des discours et à des objectifs aux calendriers sans cesse décalés alors que, pour les malades et leurs familles, il y a naturellement urgence.
Nous avons besoin d'unir toutes les forces de notre pays. Je pense aux pouvoirs publics, bien sûr. Mais je pense surtout à l'action de ces médecins, de ces personnels médicaux, de ces chercheurs, de ces associations, de ces femmes et de ces hommes qui luttent contre le cancer et accompagnent les malades. Nous devons soutenir et fédérer ces engagements admirables.
Après avoir signé, ici même dans cette pièce, le 4 février 2000, la Charte de Paris contre le cancer, j'ai fait de la lutte contre ce fléau un des grands chantiers de mon mandat, pour que tout soit mis en oeuvre. J'en rendrai compte devant les Français. Le cancer est autant un problème de santé qu'un problème de société. Nous ne progresserons que si nous savons mettre au service de cette cause l'ensemble des politiques publiques : la recherche, la santé, mais aussi l'éducation ou la protection sociale.
Cette relance de la lutte contre le cancer, avec le Gouvernement, avec le Premier ministre, j'ai voulu qu'elle s'appuie sur l'expérience et la réflexion des acteurs de ce combat. Et je tiens à remercier la commission d'orientation installée par Jean-François MATTEI et Claudie HAIGNERE, qui a accompli un travail remarquable. Le plan national de lutte contre le cancer que je vous présente aujourd'hui dans ses grandes lignes lui doit beaucoup.
Ce plan se déroulera sur cinq ans. Il mobilisera un demi-milliard d'euros. Il est porté par trois ambitions : - rattraper notre retard en matière de prévention et de dépistage ; - offrir à chaque malade la qualité des soins et l'accompagnement humain auxquels il a droit ; - donner une impulsion décisive à la recherche. * * * Nous devons d'abord nous donner pour objectif de renforcer la prévention et le dépistage précoce. Des dizaines de milliers de cancers peuvent être évités chaque année grâce à des gestes simples : ne pas fumer, ne pas abuser de l'alcool, ne pas exposer sans protection les enfants au soleil, veiller à une alimentation équilibrée.
La prévention et le dépistage sont actuellement les armes les plus efficaces contre les cancers les plus répandus. Je pense aux cancers du poumon, du sein, du colon et de la prostate ainsi qu'au mélanome, un cancer de la peau particulièrement redoutable. Ils représentent la moitié des nouveaux cas et ils sont hélas en progression rapide. Le cancer du poumon tue quatre fois plus que les accidents de la route. Les cancers du sein, qui provoquent en France le décès d'au moins une femme par heure, ont vu leur nombre multiplié par deux en vingt ans. Les cas de mélanome connaissent une croissance très rapide, avec une multiplication par trois durant la même période.
Je n'aborderai pas l'ensemble des mesures de prévention qui seront mises en oeuvre dans les domaines de la consommation excessive d'alcool, de la nutrition et des cancers d'origine professionnelle. Mais je voudrais insister sur une priorité : la guerre au tabac.
Si l'on ajoute aux cancers du poumon les cancers des voies aéro-digestives, ce sont de l'ordre de trente mille décès qui sont chaque année liés directement au tabac. Or, aujourd'hui, une femme sur quatre, un homme sur trois mais surtout un jeune sur deux fume. Le cancer du poumon est l'un des plus dangereux. Le taux de guérison est faible. Si rien n'est fait, le tabac pourrait tuer deux fois plus de personnes dans moins de vingt ans.
La lutte contre le tabac est donc une exigence, une priorité absolue. Les fabricants ne ménagent pas leurs efforts pour rendre plus attractifs des produits qui menacent la vie. A leur imagination presque sans limite nous devons opposer une détermination sans faille, pour dissuader les jeunes de commencer à fumer et pour convaincre les adultes d'y renoncer.
Il ne s'agit pas bien sûr de porter atteinte à la liberté de chacun, mais de tout mettre en oeuvre pour faire évoluer les esprits et par là même pour sauver des vies.
La loi EVIN doit être appliquée sans exception, notamment dans les lieux publics. A ce titre, il est essentiel de faire respecter le principe d'une école sans tabac.
Pour lutter contre le tabagisme des jeunes, le Sénat vient de voter l'interdiction de la vente de tabac aux moins de 16 ans. Il faudra aussi continuer à agir fortement sur les prix, qui influencent de manière déterminante la consommation des jeunes. Dans le cadre du plan cancer, la politique de hausse des prix engagée cette année sera poursuivie avec résolution. Elle a déjà fait reculer un peu la consommation. Dans les prochaines semaines, la France prendra aussi des initiatives auprès de nos partenaires européens en vue de l'harmonisation par le haut de la fiscalité du tabac et du renforcement de la lutte contre la contrebande. La hausse du prix du tabac n'est pas un moyen de renflouer les caisses de l'Etat. C'est un instrument essentiel pour infléchir la consommation. Et les recettes supplémentaires, qui en découleront, financeront la lutte contre le cancer et les grandes actions de la santé publique.
Enfin, il faudra renforcer les campagnes d'information sur les dangers du tabac et prendre des initiatives pour mieux assurer la diffusion des substituts nicotinés, notamment chez les jeunes.
Lutter contre le cancer, c'est aussi favoriser le dépistage précoce pour accroître les chances de guérison.
Quelles sont nos priorités ?
D'abord, la généralisation du dépistage du cancer du sein. Maintes fois annoncée, elle est encore loin d'être mise en oeuvre. Sous l'impulsion du ministre de la santé, le dépistage du cancer du sein sera ouvert à toutes les femmes, dans tous les départements, avant la fin de l'année.
Nous devons aussi donner un élan décisif au dépistage organisé du cancer du colon.
Enfin, il faut améliorer l'accès au dépistage chez les personnes les plus défavorisées. La grande majorité du millier de jeunes femmes qui meurent chaque année d'un cancer du col de l'utérus est issue de milieux modestes, où le poids des soucis matériels fait parfois perdre de vue la nécessité de consulter, de veiller à sa santé. Pour remédier à cette inégalité, le système de santé doit aller avec plus d'imagination au devant de nos concitoyens défavorisés.
La France doit également consentir un effort important dans le domaine de l'imagerie médicale. Avec un délai moyen de près d'un mois pour avoir un scanner ou une IRM, notre pays est très en retard, notamment dans nos départements et territoires d'outre-mer. L'objectif, c'est d'ici cinq ans au moins un pet-scan par million d'habitants, et l'augmentation de 20 % du nombre de scanners et d'IRM. Rien ne sert d'avoir des médecins et des personnels compétents si ceux-ci ne disposent pas des techniques leur permettant d'arriver rapidement à un bon diagnostic. * * * La France est certes l'un des pays d'Europe où les chances de guérison sont les plus fortes. Mais soigner le cancer, ce n'est pas seulement traiter l'organe touché, c'est prendre en charge une situation humaine, aider le malade et ses proches dans un combat qui peut durer plusieurs années. Nous devons faire beaucoup mieux dans trois domaines : - l'annonce du diagnostic ; - la qualité et l'égalité des soins ; - l'accompagnement du malade et de sa famille durant et après le traitement.
Jean-François MATTEI rendra public dans les jours qui viennent l'ensemble des mesures, que le gouvernement sur l'impulsion du Premier ministre a décidé de prendre pour améliorer la qualité des soins. Les principales orientations sont maintenant fixées.
Pour le malade, pour ses proches, il faut d'abord affronter l'annonce d'un diagnostic qui bouleverse. Les conditions de cette annonce sont cruciales pour aider le patient et sa famille à se mobiliser et à agir contre la maladie. Or, cette annonce n'est pas toujours réalisée avec la psychologie nécessaire ni dans des conditions d'intimité satisfaisantes. Faute de temps, faute d'espace, de formation. Faute d'humanité, parfois.
Nous devons y remédier, en renforçant la formation psychologique des praticiens et en faisant reconnaître par l'assurance maladie la spécificité de la consultation d'annonce.
La qualité des soins doit être améliorée et elle peut l'être. Pour parvenir à cet objectif, une solution aurait été possible : celle de réserver le traitement des cancers à des structures spécialisées, implantées dans les plus grandes villes.
Tel n'a pas été le choix du gouvernement, à juste titre. Le cancer est une maladie comme une autre, qui doit relever du système de santé dans son ensemble. Il doit pouvoir être soigné ailleurs que dans de grandes unités impersonnelles, loin de sa famille ou de son domicile.
C'est possible, à condition de veiller à la coordination des soins et de garantir leur qualité partout et pour tout le monde.
Il ne saurait y avoir de prise en charge du cancer sans coordination des soins. Ce sera l'un des principes essentiels de ce plan.
Concrètement, cela nécessite que plusieurs médecins et professionnels de santé puissent travailler ensemble, en fonction des besoins du malade. Chaque malade doit bénéficier d'un programme personnalisé de soins établi en commun, par exemple par un cancérologue, un radiothérapeute, et un spécialiste de l'organe où la tumeur s'est développée.
L'expérience le montre : quand le diagnostic fait l'objet d'un examen par plusieurs spécialistes, et que ceux-ci décident ensemble du traitement à conduire, la guérison est beaucoup plus fréquente. Si nous voulons que tous les malades en bénéficient, il faut que chacun soit soigné dans un réseau de soins. Les réseaux, qui devront faire toute leur place aux praticiens libéraux et notamment aux médecins généralistes, seront régulièrement évalués et appliqueront des normes de qualité fixées au niveau régional et national. Cette prise en charge pluridisciplinaire concernera les établissements de santé publics et privés qui pratiqueront la cancérologie et l'oncopédiatrie. Des centres de coordination en cancérologie, réunissant tous les intervenants de la lutte contre le cancer seront créés en leur sein.
Pour les traitements les plus lourds, des pôles de référence seront identifiés au niveau régional. C'est indispensable pour favoriser la diffusion des bonnes pratiques ou mettre en commun des moyens nouveaux, par exemple dans le domaine de l'imagerie médicale. Il faut pour cela que s'instaure une collaboration nouvelle, notamment entre hôpitaux universitaires et centres régionaux de lutte contre le cancer. Dans l'intérêt des malades, il est en effet plus que temps de dépasser les cloisonnements artificiels et parfois les "esprits de chapelle" qui séparent encore trop souvent ces lieux d'excellence.
Garantir la qualité des soins, c'est bien sûr aussi disposer de suffisamment de professionnels compétents - médecins, infirmiers, aides soignants, kinésithérapeutes - et de structures adaptées aux besoins des malades. Davantage de cancérologues et de radiothérapeutes devront être formés et le seront. L'égal accès aux médicaments innovants sera garanti par l'harmonisation de leur financement. Il faudra aussi répondre aux besoins d'aide psychologique, qui sont considérables. On ne peut accepter que, parfois, des services qui traitent des milliers de personnes par an, ne disposent même pas d'un psychologue à temps plein.
Il faut également plus de souplesse dans les prises en charge. La chimiothérapie à domicile répond à l'aspiration des malades de continuer à vivre le plus normalement possible pendant leur traitement. Elle doit être développée, avec la création de nouvelles places d'hospitalisation de jour en petites unités et d'hospitalisation à domicile.
Quand la guérison n'est pas au bout du traitement, le droit le plus élémentaire du malade est de ne pas souffrir et de pouvoir traverser l'angoisse de la solitude et la peur de l'irréversible en étant accompagné dans un esprit d'humanité. Le développement des soins palliatifs sera donc amplifié par la création d'unités spécialisées. La culture des soins palliatifs devra irriguer tous les établissements de santé et chacun de leurs services. Notre société doit être aussi plus attentive à la souffrance des familles et de ceux qui ont été aux côtés du malade jusqu'à la fin. Comprendre le traumatisme qu'ils ont subi, le poids de l'absence aussi.
Mais combattre le cancer, ce n'est pas seulement se battre contre la maladie. C'est aider toutes celles et tous ceux qui en sont frappés à vivre avec. C'est aider toutes celles et tous ceux, sans cesse plus nombreux, qui guérissent, à vivre après le cancer.
Pour cela, il faut d'abord informer. Des lieux d'information destinés aux malades et à leurs proches seront mis en place.
Il faut aussi améliorer la vie quotidienne des malades, en combattant les discriminations au travail et les discriminations dans l'accès aux prêts et aux assurances. Les malades ne doivent plus s'épuiser dans les difficultés administratives et les attentes parfois interminables, par exemple, pour engager les prises en charge. Le retour à l'emploi doit également être favorisé en améliorant la réglementation des congés de maladie. Pour permettre aux parents d'être pleinement aux côtés de leur enfant malade, l'allocation de présence parentale doit être améliorée.
Bien sûr, tout cela ne pourra être réalisé sans l'apport du mouvement associatif, dont je salue ici les principaux responsables et notamment le président de la Ligue, le Professeur PUJOL. Grâce à l'incomparable dévouement des bénévoles, grâce à leurs compétences aussi, les malades et leurs proches sont mieux informés, mieux aidés dans leur vie quotidienne et dans leurs relations avec les soignants. La recherche leur doit beaucoup. Nous devons aider les bénévoles, nous devons soutenir les associations, dont l'action dans ce domaine comme dans bien d'autres est absolument irremplaçable. * * * Mais quels que soient nos efforts, nous ne savons pas encore guérir tous les cancers.
Grâce à la recherche, le cancer finira par être vaincu, comme beaucoup d'autres maladies. N'épargnons rien pour nous rapprocher de cet objectif. Peu de victoires compteront autant pour nous et pour les générations futures.
La France fait partie des nations qui ont les moyens scientifiques, humains et financiers de participer de manière décisive à ce combat. Elle doit le faire. Elle doit le faire maintenant. Il faut accroître notre effort de recherche et mettre en ordre de bataille notre potentiel scientifique. Et le faire tant au niveau national qu'en relation avec les grandes équipes de recherche internationales.
La recherche ne saurait se faire en ordre dispersé, sans priorités suffisamment affirmées. Il n'est certes pas de progrès scientifique sans liberté de la recherche. Mais il faut que celle-ci s'inscrive dans une véritable stratégie d'ensemble.
Pour assurer la coordination nécessaire et atteindre la masse critique indispensable, la constitution de cancéropoles de recherche sera encouragée. Aujourd'hui, d'excellents chercheurs travaillent, notamment dans les grands instituts et dans les centres hospitalo-universitaires. Il faut qu'ils puissent associer leurs compétences et leurs moyens sur une base régionale ou dans le cadre de grands projets nationaux.
Trois domaines sont prioritaires: l'épidémiologie, la génétique du cancer et la recherche clinique.
Grâce à l'épidémiologie, nous connaissons déjà les principales causes de certains cancers. Elle nous renseigne sur les liens entre l'environnement, la nutrition, le milieu professionnel et la maladie, sur le rôle de certains agents infectieux, sur l'évolution des taux de survie et de guérison.
Aujourd'hui, certains cancers progressent rapidement sans que nous sachions encore pourquoi. C'est le cas notamment des cancers de l'appareil nerveux central ou des lymphomes. Si nous voulons pouvoir les prévenir et les guérir, il faut d'abord développer largement les registres du cancer.
Deuxième axe de recherche : la génétique. Elle permet déjà de mieux comprendre comment les tumeurs se développent, à partir de l'altération de certains gènes. C'est la promesse d'une médecine nouvelle, qui pourra détecter les mutations génétiques prédisposant à la maladie et traiter celle-ci dès les premiers stades de son développement, de manière ciblée et personnalisée.
Pour progresser dans cette voie, notre pays doit constituer de vastes recueils de cellules et de tissus cancéreux. Ces réserves d'échantillons sont en quelque sorte les bibliothèques de la recherche contre le cancer : elles doivent être enrichies et exploitées en commun avec celles des grandes équipes internationales.
La recherche clinique est le troisième axe de mobilisation. Pour guérir le cancer, il faut évaluer de nouvelles stratégies de recherche, apprécier les meilleurs traitements pour chaque malade, tester des molécules en collaboration avec l'industrie pharmaceutique, dont le rôle est naturellement tout à fait essentiel. Notre pays a été à l'origine de la découverte de nombreuses molécules qui jouent un grand rôle dans le traitement des cancers. Mais, faute de coordination et de mobilisation, nous prenons du retard. Trop peu de malades ont accès aux essais cliniques. Trouver de nouvelles molécules, imaginer d'autres voies thérapeutiques, encourager la création d'entreprises de biotechnologies : voilà les actions à entreprendre si nous voulons que la France sache associer les intelligences et les savoir-faire et soit ainsi en pointe dans la recherche contre le cancer.
Et parce que notre priorité c'est la maladie, nous devons donner l'impulsion nécessaire pour que les sciences humaines et sociales ne soient plus le parent pauvre de la recherche sur le cancer. * Rattraper notre retard en matière de prévention et de dépistage. Soigner plus humainement. Donner une impulsion nouvelle à la recherche. Pour mettre en oeuvre ces priorités, il faut une structure d'impulsion et de pilotage stratégique. Ce sera le rôle de l'Institut national du cancer.
Il aura pour mission d'animer les politiques d'information et de prévention, d'élaborer et de diffuser les normes de qualité des soins. L'institut aura également pour mission de veiller à la nécessaire harmonisation de notre effort de recherche en proposant et en finançant des actions de recherches interdisciplinaires. Il associera à son fonctionnement des chercheurs, des médecins et des représentants des associations. Il facilitera les coopérations internationales et les partenariats avec les entreprises.
La création de cet institut doit s'inscrire, le Premier ministre l'a fortement souhaité, dans le cadre de la réflexion engagée par Jean- François MATTEI et Claudie HAIGNERE pour réduire le cloisonnement actuel entre recherche, prévention et soins.
Enfin, il faut placer notre combat contre le cancer dans le cadre européen. C'est pourquoi je proposerai prochainement à nos partenaires la création d'une agence européenne du cancer chargée de favoriser la coordination et la convergence de nos politiques. * * * Mesdames et messieurs,
A vous toutes et à vous tous, acteurs de la lutte contre le cancer, mais également à la Nation tout entière, je propose de nous mobiliser autour de cette ambition de progrès, de solidarité et d'humanité.
Comme vous, j'ai pleinement conscience de ce mal qui conduit trop de grands projets à se perdre dans la dilution des responsabilités et la résistance des conservatismes de toutes sortes.
Le plan national de lutte contre le cancer, ce sont des décisions, un calendrier, des financements, que Jean-François MATTEI vous présentera dans le détail. J'ai demandé au Premier ministre de mettre en place une instance de suivi et de coordination dont la mission sera de garantir le respect scrupuleux des engagements et du calendrier fixé pour chaque mesure. Les intervenants de la lutte contre le cancer, personnalités scientifiques et associations, y seront présents. Elle sera rattachée, à titre principal, au ministre de la Santé.
En donnant une absolue priorité à la lutte contre le cancer, nous ne voulons pas susciter d'espoirs irraisonnés. Le cancer ne sera pas vaincu en un jour. Mais, un jour, il le sera, parce que nous nous engageons et parce que tous les moyens nécessaires seront mis en oeuvre avec méthode et détermination.
Je vous remercie. .
ericjeanloicbreton |
| 2003-03-25 09:09:30
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CANCER
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