 Image extraite du spot télévisé de la campagne anti-tabac du Comité national contre le tabagisme (CNCT) © AFP/CNCT |
PARIS (AFP) - Jacques Chirac, qui présentera lundi les grandes orientations du plan anti-cancer, devrait engager la "guerre" contre le tabac, dans le cadre d'une politique mettant l'accent sur la prévention, la coordination de la recherche et l'humanisation des soins.
Dans l'entourage du président de la République, on souligne l'importance de ce combat contre le cancer, dont il a fait un des grands chantiers de son quinquennat avec la sécurité routière et l'insertion des handicapés.
En France, près de 150.000 personnes par an meurent du cancer et, directement ou indirectement, tout le monde peut être concerné.
A l'Elysée, on estime qu'il est temps d'affirmer une volonté politique pour changer de regard sur cette maladie, qui pose à la fois une question de santé et de société.
Le plan anti-cancer, qui sera mis en oeuvre sur cinq ans, a été élaboré à partir des travaux de la commission présidée par le directeur général de la santé Lucien Abenhaïm. Celui-ci a remis son rapport en janvier aux ministres de la Santé Jean-François Mattei et de la Recherche Claudie Haigneré. Ce rapport énonçant 11 propositions a été enrichi de nombreuses contributions de la part des acteurs de terrain.
Lundi à l'Elysée, devant quelque 5 à 600 invités, médecins, responsables de centres anti-cancer, associations, Jacques Chirac livrera la philosophie du plan et ses grandes orientations. C'est à Jean-François Mattei qu'il reviendra de détailler, tout au long de la semaine nationale de lutte contre le cancer, les 70 mesures concrètes.
Le dispositif préconise l'amélioration de la prévention en ce qui concerne la nutrition, la consommation d'alcool, les maladies professionnelles. Mais le chef de l'Etat devrait centrer son propos sur les méfaits du tabac qui, souligne-t-on à l'Elysée, représente un danger de santé publique considérable.
Répondant aux préoccupations de la commission Abenhaïm, il devrait selon son entourage déclarer la "guerre au tabac" : stricte application de la loi Evin, harmonisation européenne, hausse du prix des cigarettes, promotion des substituts nicotiniques, campagne d'information notamment à destination des jeunes.
Autre axe du plan, la systématisation du dépistage, notamment pour le cancer du sein, de l'utérus et du colon. Le plan prévoit également d'engager sur cinq ans un programme de rattrapage en matière d'imagerie médicale. Il entend renforcer l'égalité d'accès aux soins de qualité.
En matière de soins, Jacques Chirac insistera sur la nécessaire humanisation du système. Il devrait proposer la mise en place d'une véritable consultation d'annonce du diagnostic, afin d'offrir aux patients un accompagnement psychologique et personnalisé au moment où ils apprennent leur maladie.
Il défendra la prise en charge en réseau des malades et des programmes personnalisés de traitement.
En ce qui concerne la recherche, Jacques Chirac plaidera pour une meilleure coordination. La commission Abenhaïm suggérait la création en région de "cancéropôles", "ensembles cohérents de recherche" de dimension européenne.
Jacques Chirac reprendra une autre proposition, la création d'un Institut national du cancer. Structure d'impulsion et de pilotage stratégique du secteur, cet institut sera chargé notamment de coordonner la recherche, de veiller à la qualité des soins et d'évaluer les pratiques.
Une instance de suivi et de coordination sera installée pour une durée temporaire avec pour mission de veiller à la mise en oeuvre du plan.