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Publié le jeudi 20 mars 2003

Jeudi 20 mars 2003

EPIDEMIE

Pneumopathie et Asie du Sud Est :

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Source: direction générale de la santé


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-20 11:17:48
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Jeudi 20 mars 2003

LES DERIVES DES LABORATOIRES
L'Express du 20/03/2003
Les dérives des laboratoires
par Gilbert Charles
 

L'historien Philippe Pignarre dresse un réquisitoire très documenté sur les professionnels du médicament
 

L'industrie pharmaceutique est malade et c'est toute la médecine qui tousse. Alors que les chercheurs des grands laboratoires en panne d'invention peinent à découvrir de nouvelles molécules, les experts en marketing tentent désespérément de compenser la baisse des profits avec des méthodes de plus en plus discutables, au mépris parfois de l'éthique et de la sécurité des malades. C'est la thèse soutenue par l'historien et éditeur Philippe Pignarre, qui, après avoir passé dix-sept ans à la direction de la communication d'un grand laboratoire français, vient de publier Le Grand Secret de l'industrie pharmaceutique (éd. La Découverte), un réquisitoire particulièrement bien documenté sur les dérives de la profession. «Celle-ci est en train de gâcher le capital de sympathie que lui avaient valu les grandes découvertes des trois décennies précédentes, explique le fondateur des éditions Les Empêcheurs de penser en rond. L'opinion publique est d'autant plus choquée aujourd'hui de voir les grands fabricants de médicaments résister à l'introduction des génériques, ou attaquer en justice les pays africains décimés par le sida.» Depuis la découverte des premiers antibiotiques, dans les années 1940, les laboratoires n'ont cessé de lancer de nouvelles molécules sur le marché, toujours plus efficaces et plus sûres, qui remplaçaient les anciennes au fur et à mesure des découvertes. Mais cette course à l'innovation, qui a assuré la fortune des laboratoires et permis de financer les énormes investissements de recherche, débouche aujourd'hui sur une impasse. A partir de la fin des années 1970, le rythme des découvertes s'est brusquement ralenti, alors que les brevets et les médicaments génériques commençaient à faire leur apparition. A présent, les véritables innovations sont devenues très rares, et coûtent de plus en plus cher à mettre au point. Toutes les tentatives pour donner un deuxième souffle à la révolution thérapeutique semblent vouées à l'échec, constate Philippe Pignarre. Dans les pathologies graves comme la maladie d'Alzheimer ou les cancers, les progrès sont infinitésimaux.» Résultat: les bénéfices ne cessent de plonger et les laboratoires tentent par tous les moyens d'élargir les indications pour lesquelles leurs produits peuvent être prescrits, «en influençant notamment les spécialistes chargés de définir les maladies et les traitements».

A partir de quel stade de la maladie un médecin doit-il prescrire un médicament à un patient atteint de cholestérol ou d'hypertension artérielle, plutôt que de l'inviter à changer de régime? Récemment, les experts ont décidé d'abaisser le seuil de triglycérides au-dessus duquel il est recommandé de prescrire. «On multiplie ainsi d'un coup le nombre de patients concernés, et donc de pilules vendues», note Philippe Pignarre. De la même façon, des médecins américains, poussés par certains laboratoires finançant leurs recherches, recommandent d'administrer de la testostérone aux hommes de plus de 50 ans, afin de les «dynamiser». Avec la possibilité, à terme, de voir se multiplier les cancers de la prostate, car cette hormone est connue pour favoriser ce type de tumeurs. «Devant un patient qui souffre d'hypertension artérielle, le médecin a le choix entre une cinquantaine de molécules, dont le prix varie de 5 à 100 euros, poursuit Philippe Pignarre. Pourquoi choisir celle-ci plutôt qu'une autre? Il n'y a aucun critère médical permettant véritablement de trancher.» Sinon qu'on connaît bien les effets secondaires du vieux médicament à 10 euros, utilisé depuis très longtemps sur des centaines de milliers de malades, tandis que celui qui vient juste d'être lancé sur le marché, à 100 euros, est aussi le plus risqué. On compte en France 18 000 morts par an provoqués par les effets secondaires des médicaments, deux fois plus que par les accidents de la route. Le monde pharmaceutique marche décidément sur la tête.


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-20 10:56:46
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Jeudi 20 mars 2003

LEIPZI
L'Express du 20/03/2003 Les ratés de la psy d'urgence par Gilbert Charles Plusieurs études tendent à démontrer que le débriefing systématique des victimes d'accident ou de traumatisme ne sert pas à grand-chose .  Ils débarquent après les tremblements de terre, les attentats, les carambolages meurtriers sur les autoroutes, et même chez les paysans après l'abattage des troupeaux de vaches folles. L'intervention des psys sur les lieux de catastrophe s'est banalisée partout dans le monde depuis une dizaine d'années. Elle est même devenue obligatoire dans les pays anglo-saxons, chez les pompiers, les policiers, les témoins de suicides et d'assassinats dans les écoles aux Etats-Unis. En général, l'intervention se résume à une séance de débriefing, censée aider le patient à surmonter la terreur de l'événement, et surtout à prévenir l'apparition de troubles mentaux durables, comme le syndrome post-traumatique (SPT) - cauchemars, hallucinations et crises de terreur perdurant des années après un événement traumatisant. Certains psys ont depuis longtemps émis des doutes sur l'efficacité de ces interventions, n'hésitant pas à parler de «harcèlement thérapeutique». N'en ferait-on pas un peu trop? Il semble bien que oui, si l'on en croit les études publiées récemment sur la question, qui s'accordent toutes à montrer que les séances de débriefing n'ont pas d'effet positif sur les victimes. «Elles peuvent même se révéler nocives, en incitant les gens à penser qu'ils sont mentalement malades», affirme Simon Wessely, professeur de psychiatrie au King's College, à Londres. L'Académie royale de médecine vient de publier un rapport sur d'anciens soldats de la guerre du Golfe de 1991: il montre que ceux qui ont reçu une assistance «psy» ne se portent pas mieux que les autres. Des chercheurs de l'université d'Amsterdam ont obtenu le même résultat dans sept enquêtes similaires réalisées auprès d'anciennes victimes de fausses couches, de crimes violents ou de scènes de guerre. Pis: une étude menée en Israël sur des patients ayant subi une crise cardiaque montre que 7% de ceux qui n'ont reçu aucun débriefing ont eu par la suite des problèmes psychologiques, pour 19% de ceux qui ont déballé leurs états d'âme au thérapeute. Une aide dont il vaut, apparemment, mieux se passer!

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-20 10:42:23
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Jeudi 20 mars 2003

TEMOIGNAGE

L'Express du 20/03/2003 Anxiété, stress, dépression Guérir sans médicaments par Jean-Sébastien Stehli Psychiatre, pionnier des sciences neurocognitives, David Servan-Schreiber publie chez Robert Laffont un ouvrage provocateur. Il y propose des méthodes pour apaiser les maux de l'âme sans passer par le cabinet du psy ni chez le pharmacien. Les voici --

© J.-C. Dupin pour L'Express

David Servan-Schreiber. Les grands principes de sa médecine des émotions reposent sur un mélange d'évidence oubliée et d'audace

 

 

 

 

 

 

 


 

- Le psychiatre David Servan-Schreiber n'est pas un poseur de bombes. Pourtant, le livre qu'il publiera, le 24 mars, aux éditions Robert Laffont risque de provoquer une certaine déflagration dans le monde médical ou, au moins, de sérieusement agacer. Son titre sonne comme un défi: Guérir le stress, l'anxiété et la dépression sans médicament ni psychanalyse. En clair, ni Freud ni Prozac. De quoi susciter quelques sourires, au pays de Descartes et de Lacan. De quoi faire réfléchir, aussi. «Un Français sur cinq consulte pour des troubles psychiques» Car David Servan-Schreiber n'est pas l'un de ces gourous adeptes des poudres de perlimpinpin et de la méthode Coué qui encombrent les étagères des librairies du New Age. Son livre capte l'attention parce tous les préceptes et les conseils qu'il y défend sont étayés de chiffres et lestés d'une somme d'études scientifiques dont il paraît difficile de mettre en doute le sérieux. La personnalité même de son auteur mérite qu'on s'y arrête: ce Français - il est le fils de Jean-Jacques, le fondateur de L'Express - est l'un des pionniers de la recherche en sciences neurocognitives, tout en ayant accumulé une longue expérience de praticien des maladies mentales. Récemment, la revue en ligne Hypermind l'a classé parmi les 12 chercheurs les plus remarquables au monde dans le domaine du cerveau, en compagnie du Nobel Herbert Simon et du Français Jean-Pierre Changeux (L'Homme neuronal, Odile Jacob). Il a reçu plusieurs distinctions: élu par ses pairs meilleur psychiatre de Pennsylvanie et meilleur médecin de Pittsburgh. Bref, ce chercheur aime ses patients. Et tient à les guérir. A tel point qu'il veut leur éviter les pièges de la surconsommation médicamenteuse et de la noyade sur le divan des psychanalystes. Lui propose une troisième voie: la médecine des émotions. Un ensemble de traitements visant à soulager stress et dépression, avec des méthodes qui font appel au corps plutôt qu'à la parole, quitte à court-circuiter cette dernière. «Le langage n'est pas la voie royale vers nos émotions», assure-t-il. Sept méthodes aux noms barbares, inspirées tantôt des médecines traditionnelles, tantôt des techniques de pointe: intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires (EMDR, Eye Movement Desensitization Reprocessing), régularisation du rythme cardiaque pour contrôler les émotions, synchronisation des horloges biologiques, acupuncture, exercice physique, apport d'acides gras oméga 3, techniques de «communication affective». © J.-C. Dupin pour L'Express David Servan-Schreiber. Les grands principes de sa médecine des émotions reposent sur un mélange d'évidence oubliée et d'audace. «Un Français sur cinq consulte pour des troubles psychiques», souligne David Servan-Schreiber. 11 000 Français se sont suicidés en 2002. Chaque année, en France, 6% des hommes et 10% des femmes sont atteints par un épisode dépressif, selon la Fondation pour la recherche médicale. Selon une toute récente enquête menée par le Pr Jean-Pierre Olié, chef de service à l'hôpital Sainte-Anne, à Paris, 1,5 million de Français absorbent quotidiennement des antidépresseurs. Les conclusions de l'étude suggèrent «une tendance continue à l'augmentation de la consommation d'antidépresseurs». La psychanalyse? Une perte de temps David Servan-Schreiber ne se déclare pas, par principe, hostile aux médicaments. Il en prescrit lui-même. «Ils sont importants, et prodigieusement utiles», précise-t-il. Mais autant les antibiotiques sont efficaces, puisqu'ils guérissent définitivement les infections, autant les bienfaits des médicaments psychiatriques sont relatifs: ils cessent, affirme-t-il, dès qu'on interrompt le traitement. Le taux de récidive d'un épisode dépressif sur deux ans est de 35%, et de 60% sur douze ans, selon la Fondation pour la recherche médicale. «Nous vivons sous la tyrannie du syndrome des antibiotiques, déplore Servan-Schreiber, qui ont constitué une révolution après la guerre. De même que l'on cherche le bon antibiotique pour la bonne bactérie, on voudrait la bonne pilule pour le bon trouble psychologique.» Et le réflexe de prescription est devenu à ce point généralisé que, «si une patiente pleure devant son médecin, écrit-il, elle est pratiquement sûre de se voir proposer une ordonnance pour un antidépresseur». Quant à la psychanalyse, c'est souvent une perte de temps, accuse David Servan-Schreiber. Selon lui, elle entraîne les patients dans la dépendance - une analyse dure, en moyenne, six ans. «Guérir n'est d'ailleurs pas le but de ce travail, dénonce-t-il. Les psychanalystes en conviennent: il s'agit seulement de s'accepter. Si, après ce travail sur soi, on se sent mieux, c'est du bonus.» Dans la salle à manger de David Servan-Schreiber, une photo en noir et blanc d'un JJSS tout jeune, flanqué de deux enfants, est posée sur une étagère. «L'esprit de mon père souffle à travers toutes les pages de mon livre», affirme-t-il. Il l'a en partie écrit sur le bureau où, il y a trente ans, il l'avait vu, tout un été, rédiger son best-seller, Le Défi américain. David vient seulement de rentrer en France, après vingt ans passés aux Etats-Unis. «Faire quelque chose de concret pour aider les gens» En 1980, après avoir commencé ses études de médecine au centre hospitalier universitaire Necker, à Paris, il était parti pour les Etats-Unis. Il se passionne pour l'informatique. «C'était alors le début de l'intelligence artificielle appliquée à la médecine, raconte-t-il. On commençait à se servir des ordinateurs pour l'étude du cerveau. Je m'y intéressais énormément. Je voulais étudier dans un département de pointe.» Le jeune Servan-Schreiber termine ses études de médecine à l'université Laval, au Québec. Il part ensuite pour l'université Carnegie Mellon, à Pittsburgh, aux Etats-Unis, campus le plus avancé dans les sciences de l'informatique. «Je leur ai alors proposé de faire un doctorat dans un domaine qui n'existait pas encore: les sciences neurocognitives, sous l'égide du Pr Herbert Simon et de James McLelland, l'un des pionniers de la simulation des réseaux de neurones par ordinateur», raconte-t-il. Sa thèse de doctorat est publiée en 1990 par la prestigieuse revue Science, puis il cofonde, avec Jonathan Cohen, le premier laboratoire de sciences neurocognitives appliquées à la psychiatrie. 20 personnes travaillent sous la direction des deux jeunes médecins. A l'aide d'ordinateurs, ils réalisent des simulations des réseaux de neurones pour comprendre leur rôle dans les émotions. «Nous avons senti qu'il y avait une révolution dans la chimie du cerveau,» raconte le Dr Jonathan Cohen, aujourd'hui directeur du Center for the Study of the Brain, Mind and Behavior, à Princeton, qui a le calibre, selon les spécialistes, d'un futur Prix Nobel. «La psychiatrie souffrait jusque-là d'un dédoublement de la personnalité, poursuit le chercheur. Une partie de cette discipline étudiait le comportement de l'esprit, l'autre, le cerveau. Nous avons réalisé des modèles informatiques pour comprendre comment fonctionnait le cerveau et quels étaient les mécanismes de ses dysfonctionnements.» Au bout de six ans, le contact avec les patients lui manquait. «Plus ça marchait en science pure, et moins j'en voyais, se souvient-il. Je n'avais plus le temps. Mais, quand je soignais des malades, à la fin de la journée, je me sentais bien. Savoir comment aider les individus qui souffraient était finalement plus intéressant que la recherche.» Servan-Schreiber retourne suivre trois ans de spécialisation en psychiatrie, toujours à Pittsburgh. A sa sortie, en 1997, il est engagé comme chef du département de psychiatrie de l'hôpital de Shadyside, qui dépend de l'université de Pittsburgh, l'une des plus importantes du pays. Le département reçoit plus de fonds de recherche du gouvernement que tous les autres - y compris le prestigieux département de transplantation hépatique et cardiaque. Servan-Schreiber, alors, enseigne et voit des patients. «J'ai adoré travailler là, confie-t-il. C'est l'année la plus heureuse de ma vie. J'étais confronté à la réalité et je pouvais faire quelque chose de concret pour aider les gens.» «Il est brillant, c'est un visionnaire, affirme le Dr David Blandino, son patron à Shadyside. C'est un formidable professeur qui allie un don pédagogique à une grande intensité.» Après sa formation scientifique dans le laboratoire, David Servan-Schreiber est déconcerté par la réalité de la pratique clinique. «Les médecins me semblaient trop imprécis dans leur démarche, explique-t-il. Ils étaient beaucoup plus intéressés par la pratique que par les fondements scientifiques de ce qu'ils enseignaient. J'avais l'impression de n'apprendre que des recettes. Je trouvais cela trop éloigné de l'esprit de questionnement permanent et de la précision mathématique qui m'était devenue familière.» «Chaque fois que je prescris du Prozac, il y a toute une chaîne de gens qui, derrière moi, gagnent de l'argent» En 1996, David Servan-Schreiber vit une expérience qui constitue un tournant dans sa carrière. Il a alors 34 ans, et part mener une évaluation des réfugiés tibétains à Dharamsala, où réside le dalaï-lama, pour Médecins sans frontières, dont il est l'un des cofondateurs aux Etats-Unis. «La médecine tibétaine, à base d'herbes, d'acupuncture et de méditation, avait l'air d'être un gag. Lorsque j'ai demandé à des gens pour lesquels j'avais une grande estime: “Qui allez-vous voir quand vous êtes malade? ” Tous m'ont répondu: “Si nous avons une fracture ou une appendicite, nous consultons la médecine occidentale. Mais si nous avons une maladie chronique, ses traitements ne marchent pas.”» C'était comme si, soudain, un voile se levait: ce que l'on traitait à Pittsburgh, c'étaient des maladies chroniques avec les moyens de la médecine aiguë. Quand les gens viennent nous voir pour l'asthme, nous leur donnons un produit pour traiter la crise d'asthme, pas pour guérir la maladie elle-même. Or, en psychiatrie, toute maladie est chronique.» Il ajoute: «Je n'ai rien contre la science, évidemment. Je suis sorti du terreau de la médecine occidentale.» Mais, parce que les études sur l'efficacité des méthodes alternatives commencent à s'accumuler depuis une vingtaine d'années, que les données sont publiées dans les revues scientifiques les plus sérieuses, Servan-Schreiber décide de s'y mettre: «Je n'avais plus d'excuses pour ne pas apprendre ces autres méthodes. J'ai alors découvert qu'en réalité elles n'étaient pas utilisées parce qu'elles exigent des consultations plus longues. L'acupuncture ou l'hypnose prennent du temps. Or il y a une pression fantastique pour remplacer ces remèdes par des interventions qui rapportent de l'argent.» Des techniques complémentaires Autre clef des résistances du milieu médical, selon lui: les traitements conventionnels font vivre quantité d'intermédiaires. «Chaque fois que je prescris du Prozac, il y a toute une chaîne de gens qui, derrière moi, gagnent de l'argent - du labo aux démarcheurs médicaux. Le système économique a tout à gagner à ce que je prescrive un médicament» (lire l'article sur Philippe Pignarre). Autre frein à l'adoption des techniques «complémentaires»: la plupart de ces interventions ne peuvent pas faire l'objet d'un brevet, il n'y a donc aucun intérêt financier à investir dans la recherche. Enfin - et c'est peut-être là le véritable verrou - on ne comprend pas encore les mécanismes d'action d'un grand nombre de ces pratiques. «Des études, comme celles de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ou du National Institute of Health, démontrent l'efficacité de certains traitements, telle l'acupuncture, qui combat la nausée pendant la grossesse - mais on ne peut pas expliquer pourquoi cela marche. De la même façon, il a fallu quinze ans pour que le lithium soit approuvé. On ne saisissait pas comment un sel naturel soignait les maladies maniaco-dépressives. La médecine occidentale - et je l'approuve - veut comprendre. C'est un obstacle à l'acceptation de certaines techniques.» D'aucuns déclarent qu'ils ne croient pas en ces traitements, déplore-t-il. «Mais croit-on aux antibiotiques? Non. On observe leur efficacité, et on les utilise!» En 1997, David Servan-Schreiber est l'un des cofondateurs du Center for Complementary Medecine (CCM), à l'université de Pittsburgh, l'un des tout premiers centres de médecine alternative rattaché à un hôpital universitaire. «Nous avons volontairement utilisé “complémentaire”plutôt qu'“alternative” parce que nous ne voulions pas nous livrer à du prosélytisme, explique le Dr Harold Pincus, vice-président du département de psychiatrie à l'université de Pittsburgh. Il s'agissait d'étudier ce que les expérimentations nous donnaient, de voir comment on pouvait appliquer ce que l'on trouvait et d'analyser quels étaient les mécanismes au travail.» Des ordonnances surprenantes A partir de 1997, pendant cinq ans, David Servan-Schreiber étudie et met en pratique la nouvelle médecine des émotions qu'il développe aujourd'hui. «C'était passionnant parce qu'il fallait se défendre et constamment rechercher des arguments pour préserver le centre», lance-t-il. Surtout, au CCM, il est obligé de soumettre ces techniques «complémentaires» aux critères draconiens de l'expérimentation scientifique, en partie pour calmer le scepticisme de certains médecins. «Les mandarins les plus académiques de l'hôpital voulaient d'abord être certains que ce qui était pratiqué sur les malades était absolument sans risque, explique le Dr Blandino. Ensuite, nous devions fournir les preuves que les traitements que nous proposions étaient véritablement efficaces. C'était la responsabilité de David.» «Quant à la dépression, le plus bénéfique pour ce patient serait de se procurer un chien» Les ordonnances de celui-ci ont parfois de quoi surprendre ceux qui fonctionnent encore dans l'ancien paradigme. A l'hôpital de Pittsburgh, avant de les laisser sortir, les médecins lui confiaient les patients souffrant de dépression après un pontage coronarien ou bien se remettant lentement d'une fracture du col du fémur. «Les collègues qui m'avaient précédé avaient déjà prescrit une longue liste de médicaments, raconte-t-il. Antiarythmiques, antihypertenseurs, anti-inflammatoires, antiacides, etc. On attendait que je joue mon rôle et que j'ajoute mon “anti” à moi.» Mais Servan-Schreiber trouve stérile de participer à cette course aux médicaments. Ses recommandations dans le dossier médical, alors, font parfois penser à la nouvelle de l'écrivain anglais Jerome K. Jerome dans laquelle le narrateur déclenche l'hilarité du pharmacien lorsque celui-ci découvre l'ordonnance prescrivant comme remède à son mal un steak et un verre de vin. «Quant à la dépression, le plus bénéfique pour ce patient serait de se procurer un chien, écrit David Servan-Schreiber. Si le patient soutient que ce sera trop de travail, un chat fera l'affaire, lequel n'a pas besoin d'être sorti. Si cela lui semble toujours trop, un oiseau, ou bien un poisson. Si le patient refuse toujours, alors, une belle plante d'appartement.» Au début, admet-il, il reçoit «des coups de fil un peu irrités» des internes des services de chirurgie orthopédique ou cardiovasculaire, «peu habitués à ce que l'on prescrive une ménagerie aux malades». A tort, souligne David Servan-Schreiber. Selon une étude publiée dans l'American Journal of Cardiology, les hommes et les femmes victimes d'un infarctus qui possèdent un animal de compagnie ont six fois moins de risque de mourir dans l'année suivant l'opération. Une autre enquête de Harvard démontre que le simple fait de s'occuper d'une plante «réduit de moitié la mortalité des pensionnaires des maisons de retraite». David Servan-Schreiber s'applique à lui-même ses propres remèdes. Il vit avec son chat, Titus, un magnifique abyssin, qui lui a été offert par son oncle, Jean-Louis Servan-Schreiber, directeur de la revue Psychologies Magazine, à laquelle David collabore régulièrement. Les grands principes de sa médecine des émotions reposent sur des observations à la fois simples et subtiles. A l'intérieur du cerveau se trouve un cerveau émotionnel, avec une architecture singulière et une organisation cellulaire différente du reste du néocortex, la partie la plus évoluée du cerveau, siège du langage et de la pensée. Or le cerveau émotionnel fonctionne souvent indépendamment du néocortex: on ne peut pas commander à une émotion d'augmenter, de la même manière qu'on ne peut commander à son esprit de parler ou de se taire. Le cerveau émotionnel contrôle tout ce qui régit le bien-être psychologique et une grande partie de la physiologie du corps: le fonctionnement du cœur, la tension artérielle, les hormones, le système digestif et même le système immunitaire. Les désordres émotionnels sont la conséquence de dysfonctionnements de ce cerveau émotionnel. Souvent, ils ont pour origine des expériences douloureuses sans rapport avec le présent, mais imprimées de façon indélébile dans ce cerveau émotionnel. «Ce sont ces expériences, expose David Servan-Schreiber, qui continuent souvent de contrôler notre comportement, parfois des dizaines d'années plus tard. La principale tâche du psychothérapeute est de «reprogrammer» le cerveau émotionnel afin qu'il soit adapté au présent, au lieu de continuer de réagir à des situations du passé. Il est souvent plus efficace d'utiliser des méthodes qui passent par le corps et influent directement sur le cerveau émotionnel, peu perméable à la raison.» Sept méthodes pour trois maux Les techniques de David Servan-Schreiber, qui, affirme-t-il, «ont été validées scientifiquement par des études offrant des garanties de rigueur et de crédibilité», peuvent parfois paraître simplettes - courir, mieux se nourrir, prendre soin d'un animal, voire bouger les yeux - afin de guérir d'un mal aussi sérieux que la dépression. Pour convaincre, David Servan-Schreiber aime raconter l'histoire de Keith. Ce jeune homme souffrait, depuis cinq ans, d'une grave dépression. Lorsqu'il a consulté le service de biologie psychiatrique du Hammersmith Hospital, à Londres, le psychiatre qui l'a examiné, le Dr Puri, a été consterné. Son score au test mesurant le degré de dépression était le plus élevé qu'il eût jamais vu. Le Dr Puri lui proposa un traitement à base d'huile de poisson purifiée, qui régénère les membranes des neurones. Il supprima tous les médicaments, sauf un antidépresseur. Neuf mois plus tard, tous les symptômes du mal s'étaient dissipés. «Le métabolisme du cerveau du jeune homme s'était modifié du tout au tout», raconte Servan-Schreiber. Le résultat est si étonnant que le Dr Puri en a publié la description dans les Archives of General Psychiatry. «C'est une preuve que cette approche est efficace même quand, comme dans ce cas, il ne s'agit pas de la petite pathologie de ville», souligne Servan-Schreiber. La maladie revient-elle si on interrompt le traitement? Les chiffres sont parlants: lorsqu'on enlève leurs antidépresseurs aux patients, 50% d'entre eux rechutent. Avec l'intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires, une étude de suivi montre que, quinze mois plus tard, les malades n'ont pas rechuté. «On peut donc parler de guérison», affirme le psychiatre. Des chercheurs de l'université Duke, en Caroline du Nord, ont récemment réalisé une étude comparative du traitement de la dépression par le jogging et par un antidépresseur reconnu, le Zoloft. Après quatre mois de traitement, les patients des deux groupes se portaient aussi bien. La prise de médicaments n'offrait aucun avantage particulier par rapport à la pratique régulière de la course à pied. Mais, un an plus tard, la différence était notable: plus d'un tiers des personnes soignées au Zoloft avaient rechuté, alors que 92% de celles qui avaient été soignées par le jogging allaient tout à fait bien. David Servan-Schreiber propose donc sept méthodes pour soigner la dépression, l'anxiété et le stress - trois maux qui font de plus en plus de ravages. Une étude publiée en 1995 montre que le stress est un facteur de risque plus important que la cigarette pour les maladies du cœur. «Les sept approches que j'utilise dans ma pratique, déclare-t-il, exploitent les mécanismes d'autoguérison présents dans le cerveau humain.» Et il ajoute qu'il ne s'agit surtout pas de croyances. Trois d'entre elles sont particulièrement originales et seront sûrement discutées. 1. La cohérence cardiaque. Le diagramme d'un cœur en bon état doit avoir une alternance régulière d'accélérations et de décélération du rythme cardiaque. Cette forte variabilité des battements du cœur correspond à ce que les médecins appellent la «cohérence». «Le cœur est alors comme un joueur de tennis qui passe d'un pied sur l'autre en attendant le service de son adversaire, explique David Servan-Schreiber. S'il est rigide, le joueur risque de rater le service, voire de tomber - ce qui, pour le cœur, serait une arythmie.» Cette variabilité est maximale à la naissance. Ensuite, nous en perdons 3% par an, jusqu'à notre mort. Or les émotions négatives - la colère, l'anxiété, la tristesse, les soucis banals, même - font chuter la variabilité cardiaque. «C'est précisément l'accumulation des passages chaotiques, qui, à la longue, drainent notre énergie», poursuit Servan-Schreiber. 6 000 cadres de plusieurs grandes entreprises britanniques - Shell, BP, Unilever, Hongkong Shanghai Banking Corp. - ont participé à des séminaires pour apprendre la cohérence cardiaque. David Servan-Schreiber analyse comment parvenir à la cohérence: «La meilleure façon est de prendre deux respirations lentes et profondes qui stimulent notre système parasympathique. Il faut laisser son attention accompagner le souffle tout au bout de l'expiration et faire une pause de quelques secondes.» Il faut ensuite reporter l'attention sur la région du cœur et imaginer que l'on respire à travers le cœur. Deux chercheurs du Heartmath Institute, en Californie, ont publié une étude dans l'American Journal of Cardiology. Selon ceux-ci, le simple fait d'évoquer une émotion positive, grâce à un souvenir, induit très rapidement une transition de la variabilité cardiaque vers une phase de cohérence. Après six mois d'entraînement, 80% des cadres, eux, ne se disaient plus épuisés, et ils étaient six fois moins nombreux à souffrir d'insomnie. «Si vous dites: “Faites de la méditation, du yoga”, les gens pensent New Age et ne vous entendent pas, remarque David Servan-Schreiber, qui a récemment animé un séminaire avec les cadres de la Caisse d'épargne. Au contraire, si vous montrez que vous pouvez apprendre à contrôler votre physiologie, à glisser à travers les difficultés de l'existence, et que vous constatez comment l'organisme réagit, alors là, ça change tout.» Avantage de la méthode, contrairement au yoga ou à la méditation, la cohérence se pratique dans toutes les situations de la vie courante. 2. L'intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires. C'est l'une des pratiques les plus déroutantes de David Servan-Schreiber - qui l'utilise surtout avec les grands traumatisés - bien qu'elle soit désormais largement utilisée en Europe: quelques séances, pendant lesquelles le patient suit des yeux les mouvements de droite à gauche d'un métronome ou d'une baguette, tout en évoquant le souvenir du traumatisme, et le patient est, de manière spectaculaire, remis sur pied. «Au début, raconte David Servan-Schreiber, j'étais extrêmement sceptique. L'idée que l'on pouvait résoudre des traumatismes émotionnels en bougeant les yeux rythmiquement me paraissait totalement saugrenue. Ce qui a fini par me convaincre, c'est une étude sur le traitement de 80 patients présentant des traumatismes émotionnels importants. Dans celle-ci, publiée par le Journal of Consulting and Clinical Psychology, 80% des malades ne montraient plus de symptômes de troubles post-traumatiques liés au stress après trois séances.» «C'est une méthode scientifiquement validée dans un secteur où peu de choses le sont», affirme le Pr Jean Cottraux, de l'hôpital neurologique de Lyon et auteur de La Répétition des scénarios de vie (Odile Jacob). Tout se passe, commente le psychiatre qui a travaillé au Kosovo avec des enfants victimes de viols ou de graves blessures, comme si les mouvements oculaires facilitaient un accès rapide à tous les canaux d'association connectés au souvenir traumatique ciblé par le traitement. Au fur et à mesure que ces canaux sont activés, ils peuvent se connecter aux réseaux cognitifs qui, eux, contiennent de l'information ancrée dans le présent. 3. Acides gras oméga 3. L'Occident a connu deux grandes révolutions, affirme David Servan-Schreiber: «Le jour où les historiens se pencheront sur l'histoire de la médecine du XXe siècle, je crois qu'ils décèleront deux tournants majeurs. Le premier est la découverte des antibiotiques; le second est une révolution en cours: la démonstration scientifique que la nutrition a un impact profond sur presque toutes les grandes maladies de la société occidentale. Les cardiologues commencent à peine à l'admettre. Les psychiatres en sont encore très loin.» Depuis une dizaine d'années, les chercheurs se sont rendu compte de l'importance pour le cerveau des acides gras essentiels dits oméga 3, qui font fonctionner le cerveau et que l'on trouve surtout dans le poisson (saumon sauvage, maquereaux, anchois, sardines et harengs, notamment), mais aussi dans la graine de lin, l'huile de colza, les noix et les haricots de soja. En Israël, le Dr Nemets a mené une expérience en soignant ses patients avec l'oméga 3. Plus de la moitié de ceux qui, jusque-là, n'avaient réagi à aucun traitement ont vu leur dépression disparaître en trois semaines. Une deuxième étude, publiée dans les Archives of General Psychiatry, rapporte des résultats analogues. Les autres méthodes préconisées par le psychiatre sont plus classiques: l'énergie de la lumière, qui réduirait la dépression, l'acupuncture, dont les aiguilles sont capables de bloquer les régions du cerveau émotionnel, sièges de la douleur et de l'anxiété, selon une étude menée à Harvard; l'exercice physique, qui produit, au bout de plusieurs mois, exactement le même effet que la prise d'un antidépresseur. Pourtant, ces traitements préconisés par David Servan-Schreiber ne valent rien sans ce qu'il appelle la «communication émotionnelle». «Quelle différence y a-t-il entre les gens qui sont heureux et ceux qui ne le sont pas? s'interroge-t-il. Ceux qui sont heureux sont en relation avec un être humain, en tout cas avec le vivant.» L'essentiel est d'être «en relation avec le vivant». Cœurs brisés, de Murray Parkes, étude statistique d'accroissement de la mortalité chez les veufs, publiée par le British Medical Journal, a montré que la survie moyenne des hommes âgés ayant perdu leur femme était de loin inférieure à celle d'hommes dont l'épouse était encore en vie. C'est peut-être avec ce mélange d'évidence oubliée et d'audace dans les interventions thérapeutiques que David Servan-Schreiber nous oblige à appréhender autrement nos problèmes psychologiques. Ses thèses ne sont pas inscrites dans les tables de la Loi, mais elles méritent d'être observées. Il est temps d'ouvrir notre champ d'investigation, dans un pays qui détient le record mondial de consommation d'antidépresseurs


ericjeanloicbreton | | 2003-03-20 10:24:45
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1 Commentaire :

Commentaire écrit le jeudi 11 novembre 2004 à 10:22:14 (lien)
Ysa Dupon
Depuis plus d'un an, j'avait des envie de dormir tout au long de la journée. J'ai fini par en parler à mon docteur de famille. D'après lui, cela devait être une dépression due à mes problèmes de santé (maladie de Ménière) et il m'a donner du prozac. Je ne les ai pas pris et à la place, j'ai commencé une cure d'Oméga-3. Cela fait un mois à présent et je ne dors plus tout au long de la journée. Je dors mieu la nuit, et je dors se qu'il me faut, pas plus. J'arrive mieux à me concentrer et à réflechir à ce que je fait.
Ceci dit, je suis heureuse d'avoir découvert les Oméga-3 grâce à internet et aux articles que j'ai pu lire.
Je trouve que l'on devrait en parler plus. Avertir le plus de gens possible. Faire une campagne publicitaire...


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Jeudi 20 mars 2003

FOETUS

Médecine et santé

Un nouveau diagnostic prénatal

 

Des chercheurs français de l’Inserm ont mis au point une méthode de diagnostic de l’amyotrophie spinale basée sur une simple prise de sang de la femme enceinte. Cette maladie génétique est transmise à l’enfant lorsque les deux parents sont porteurs de la mutation située sur le chromosome 5. elle se caractérise par une dégénérescence des neurones moteurs de la moelle épinière, qui entraîne une faiblesse des muscles squelettiques.

Pour remplacer l’amniocentèse, un prélèvement de cellules in utero, l’équipe de Patrizia Paterlini-Bréchot (hôpital Necker, Paris) a mis au point un dépistage sanguin basé sur le tri des cellules en fonction de leur taille. Les chercheurs isolent ainsi des cellules fœtales dans le sang de la mère. Une analyse moléculaire permet de confirmer la nature fœtale de ces cellules.

Ce test a été appliqué avec succès sur 12 femmes enceintes à risque, annoncent les chercheurs dans la revue médicale The Lancet datée du 22 mars. Les résultats du dépistage sanguin, qui a identifié la maladie chez trois fœtus, ont été confirmés par les méthodes invasives habituelles.

(20/03/2003)

 

 

Médecine et santé

L’ARN, messager du fœtus

 

Une simple analyse du sang de la femme enceinte permettra peut-être un jour de détecter des maladies génétiques du fœtus. Des chercheurs ont identifié dans le sang de la future mère des molécules issues des gènes du placenta. Il s’agit de l’acide ribonucléique messager (ARNm), qui fournit de précieux renseignements sur les gènes qui s’expriment.

Les maladies génétiques, comme la trisomie 21, sont vraisemblablement associées à des anomalies dans l’expression des gènes, expliquent les auteurs de l’étude, publiée cette semaine dans les PNAS. Analyser l’ARNm permettrait de les repérer.

A l’heure actuelle, un prélèvement de cellules fœtales est généralement nécessaire pour dépister une maladie génétique. Dans le cas de la trisomie 21, un test sanguin permet d’évaluer une fourchette de risque mais en cas de doute seule l’amniocentèse peut apporter une réponse précise. Cette procédure invasive peut provoquer une fausse couche.

(19/03/2003)


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-20 10:14:05
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Jeudi 20 mars 2003

SIDA
Sciences de la vie

Le bouclier sucré du virus du sida

Le VIH.
 
 

Le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), responsable du sida, est malheureusement bien connu pour ses qualités de stratège et sa capacité à s’adapter et à inventer de nouvelles tactiques pour échapper aux défenses immunitaires de l’organisme. Des chercheurs ont découvert l’une des ruses qui permet au VIH de jouer au chat et à la souris avec les anticorps dirigés contre lui.

Habituellement, les virus modifient leur épitope, une structure située sur leur enveloppe externe sur laquelle les anticorps se greffent. L’équipe de George M. Shaw (Howard Hughes Institute, Alabama) a constaté que le virus du sida ne changeait pas son épitope. En revanche, il réorganise sans cesse un ensemble de grosses molécules de sucre à la surface d’une protéine (gp120/41). C’est ainsi qu’il empêche les anticorps de s’accrocher à sa surface. Ce bouclier évolue trop vite pour que le système immunitaire ait le temps de réagir, précisent les chercheurs, qui publient leurs travaux aujourd’hui dans la revue Nature.

Il ne s’agit que d’un mécanisme parmi d’autres permettant au VIH de rester dans l’organisme sans être détecté par les agents du système immunitaire. «L’astuce serait de comprendre pleinement tous ces mécanismes et de trouver le talon d’Achille du virus» suggère George Shaw. «Mais nous en sommes encore loin».

(C.D.
(20/03/2003)


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-20 10:12:59
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Jeudi 20 mars 2003

SYNDROME RESPIRATOIRE EGG CUL
Médecine et santé

Syndrome respiratoire aigu : sur les traces d’un virus inconnu

Dans les hôpitaux de Hongkong, le port d’un masque est de mise pour se protéger du SRAS. (AP /Anat Givon)
 
 

Jean-Paul Gonzalez, spécialiste des maladies virales émergentes, en poste en Thaïlande pour l’IRD1, fait le point sur l’épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) qui s’est déclarée en Asie et contre laquelle l'OMS a lancé une alerte mondiale le 15 mars.

Quelle est la nature de l’agent infectieux responsable de ce syndrome ?
Il s’agirait d’un paramyxovirus, sous-groupe de la famille des Paramyxoviridae. Deux laboratoires, en Allemagne et à Hongkong, ont isolé un virus de ce type chez des patients. Par ailleurs le tableau clinique de la maladie et le mode de transmission correspondent bien à ces virus. La contamination se fait lors d’un contact proche avec un malade qui éternue, libérant ainsi des particules qui viennent des bronches. La durée d’incubation est en moyenne de 5 jours. C’est sans doute de cette façon que les médecins et les personnels soignants ont été contaminés au départ, lors des auscultations. Il semblerait également que plus la charge virale est importante plus la maladie est grave.

Comment se manifeste l’infection ?
Le tableau clinique dont on dispose actuellement est celui d’une pneumopathie classique. Tout commence par une forte fièvre, accompagnée de courbatures, suivie d’un syndrome pulmonaire, avec toux et maux de gorge. L’infiltration des poumons provoque ensuite une insuffisance respiratoire qui s’aggrave rapidement, nécessitant une oxygénation du patient. Sans cela, le manque d’oxygène entraîne une insuffisance cardiaque et un risque d’arrêt cardiaque. Mais il faudrait s’assurer qu’il n’y a pas d’autres manifestations cliniques de l’infection qui aideraient à son diagnostic.

Comment peut-on soigner ce syndrome respiratoire aigu ?
Il existe des traitements contre d’autres paramyxovirus, un groupe auxquels appartiennent les virus de la rougeole ou des oreillons. Mais on ne connaît pas leur efficacité contre ce virus-là, encore inconnu.

Y a –t-il un lien entre les cas de SRAS et l’épidémie qui a touché la province chinoise de Guangdong entre novembre et février ?
Il y a beaucoup de Chinois qui voyagent au Vietnam ou à Hongkong, le virus pourrait donc provenir de Chine. Les épidémiologistes sont sur cette piste mais les informations sur l’épidémie chinoise sont encore parcellaires. Ce qui est important c’est de retrouver le premier cas humain de l’infection pour remonter jusqu’au réservoir du virus. Dans le cas d’un paramyxovirus, il pourrait s’agir d’un oiseau, d’un rongeur ou d’un tout petit mammifère.

Propos recueillis par Cécile Dumas
(20/03/2003)

1/ Jean-Paul Gonzalez est directeur de l'unité de recherche "Maladies virales émergentes et systèmes d'information" de l’Institut de recherche pour le développement (IRD).


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-20 10:12:06
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MEDECINE PAR ERIC JL BRETON