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Publié le mardi 11 mars 2003

Mardi 11 mars 2003

ARACHIDE
Médecine et santé

Guerre préventive contre l’arachide

 

Lorsque la moindre trace de beurre d’arachide dans un plat peut déclencher une réaction potentiellement mortelle, la vie devient un enfer. La cacahuète, très utilisée en cuisine et dans l’agroalimentaire, avant souvent masquée. Un traitement de désensibilisation testé par des chercheurs américains pourrait soulager des milliers de personnes allergiques à l’arachide.

L’étude, publiée cette semaine dans le New England Journal of Medicine, a été menée sur 84 patients souffrant d’hypersensibilité immédiate à l’arachide. Certains ont reçu des injections de TNX-901, d’autres d’un placebo. Le TNX-901 est un anticorps qui empêche des acteurs clefs de la réaction allergique –les Immunoglobulines E (IgE)- de se mettre en place. Après quatre injections en quatre semaines, les patients traités par le TNX-901 étaient beaucoup moins sensibles. Certains ont pu manger l’équivalent de neuf cacahuètes avant de manifester des signes d’allergies, contre une moitié auparavant. Ce traitement ne guérit pas de l’allergie mais peut éviter des accidents graves, des oedèmes de Quincke ou des chocs anaphylactiques provoqués par des traces non détectées d’arachide dans un aliment.

Les chercheurs, qui présentaient leurs travaux au congrès de Denver sur l’asthme et les allergies, souhaitent mener d’autres essais sur un plus grand nombre de patients. Malheureusement, une bataille judiciaire entre trois laboratoires bloque pour l’instant toute décision.


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-11 13:26:45
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Mardi 11 mars 2003

IVG

Après des réticences, les médecins s'adaptent à la prolongation du délai de recours à l'IVG

Plus d'un an après le passage du délai légal de l'avortement de dix à douze semaines, un groupe de travail fait de nouvelles recommandations à Jean-François Mattei.

Deux semaines de plus pour avorter : les Françaises en ont profité, les médecins se sont adaptés. Un rapport remis le 9 janvier à Jean-François Mattei dresse un bilan plutôt positif de la nouvelle loi sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG), du 4 juillet 2001. Ce document, qui devrait être rendu public d'ici à quelques jours et que Le Mondes'est procuré, peut paraître encombrant pour le ministre de la santé. Fin 2000, M. Mattei, alors simple député, s'était opposé à l'allongement du délai de recours à l'IVG. Il avait prédit des difficultés "techniques", dénoncé une "fuite en avant" et "une sélection des enfants à naître". Le rapport, rédigé par un groupe de travail composé de médecins, de représentants de l'administration et d'associations, lui fait une dizaine de recommandations.

Faciliter les IVG entre 10 et 12 semaines de grossesse.

Chaque année, 5 000 femmes, hors délai, partaient avorter à l'étranger ; la réforme de 2001 leur était principalement destinée. Selon les membres du groupe de travail, leur nombre semble avoir diminué. "Entre 2000 et 2002, j'ai accueilli 24 % de Françaises en moins", témoigne Maria Francès, responsable d'un centre IVG aux Pays-Bas. Mais faute de statistiques à jour, le nombre d'avortements pratiqués durant les onzième et douzième semaines de grossesse reste dans l'ombre. Le rapport rappelle que nombre de médecins ont d'abord refusé de réaliser des "IVG tardives", moins pour des raisons éthiques que par peur des complications. "Aujourd'hui, leur connaissance technique s'est améliorée, leurs angoisses sont majoritairement levées", estime Danielle Gaudry, représentante du Planning familial et membre du groupe de travail. Selon le rapport, le recours à la clause de conscience, qui permet aux praticiens de refuser de pratiquer une IVG, n'a guère augmenté depuis la fin 2001. Mais dans plusieurs départements, les avortements ne sont toujours pas pratiqués au-delà de dix semaines de grossesse. Le rapport demande donc à M. Mattei de prendre "des mesures pour améliorer la situation" et former les praticiens encore réticents.

Réduire les délais d'attente.

Le document dénonce des "délais d'attente parfois trop élevés". En Ile-de-France ou en région lyonnaise, des femmes patientent plus de trois semaines pour un rendez-vous. Le groupe de travail exhorte le ministre à signer les derniers textes nécessaires à la mise en œuvre de l'IVG médicamenteuse en ville, prévue dans la loi de 2001 : les médecins pourraient délivrer la pilule abortive dans leur cabinet, plutôt qu'en milieu hospitalier. Les femmes avorteraient chez elles sans grand délai, ce qui permettrait de désengorger les centres IVG.

Aider les mineures.

La loi de 2001 les autorise à recourir à l'IVG sans autorisation parentale. Si les médecins, surtout anesthésistes, se sont d'abord inquiétés des risques qu'ils pensaient courir en termes de responsabilité, le rapport explique que "suite aux éclaircissements apportés sur ce sujet", ces "difficultés d'application apparaissent en cours de résolution". Il regrette toutefois que les proviseurs soient contraints de prévenir les parents lorsqu'une élève s'absente pour avorter, portant ainsi "atteinte au droit au secret". Le groupe de travail demande au ministre de s'entendre avec son collègue de l'éducation nationale pour "résoudre ces problèmes (...) le plus rapidement possible".

Stopper le désengagement du privé.

"De nombreuses cliniques (...) menacent de se désengager", selon le rapport. "Elles ont déjà bien commencé", assurent les membres du groupe de travail. Depuis 1991, le forfait IVG n'a plus été augmenté. "Aujourd'hui, c'est une activité déficitaire, affirme Sabine Guiné, de la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP). Le rapport "préconise l'ouverture rapide d'une négociation tarifaire entre l'Etat, la Caisse nationale d'assurance-maladie et la FHP" : une hausse des prix servirait d'aiguillon.

Autoriser les sages-femmes à pratiquer des avortements.

Il est possible de "confier les IVG médicamenteuses à d'autres professionnels -que les médecins-, notamment les sages-femmes", dit le rapport. Cette solution permettrait peut-être aux hôpitaux de faire face au manque de gynécologues.

Mathilde Mathieu


Prise en charge par la Sécurité sociale

Nombre. Selon le ministère de la santé, 213 900 interruptions de grossesse (volontaires et thérapeutiques) ont été déclarées en 2000 (derniers chiffres disponibles). 33 % ont été pratiquées dans des établissements privés.

L'IVG instrumentale. Elle est réalisée sous anesthésie et nécessite une hospitalisation de quelques heures. L'embryon est aspiré grâce à un petit tube introduit dans l'utérus dilaté. L'intervention dure une dizaine de minutes. En France, elle est autorisée jusqu'à la fin de la douzième semaine de grossesse.

L'IVG médicamenteuse. Elle n'est possible que durant les cinq premières semaines. Aucune anesthésie n'est nécessaire, les femmes absorbant une simple pilule, le RU 486 (ou Mifégyne). Celle-ci empêche la nidation de l'œuf et favorise l'ouverture du col, ce qui permet l'expulsion (moins de 5 % d'échecs). Cette technique n'est pour l'instant autorisée qu'en milieu hospitalier. En progression depuis son lancement en 1992, elle est utilisée dans 27 % des cas (chiffres 2000).

Les prix. Une IVG médicamenteuse coûte 200 euros, une instrumentale entre 140 et 250 euros. Elles sont prises en charge par la Sécurité sociale, à hauteur, au minimum, de 80 %.

• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 12.03.03

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-11 12:45:02
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Mardi 11 mars 2003

RAPPORT
Un pré rapport propose la création d'une "assurance maladie généralisée"

PARIS, 10 mars (AFP) - L'inspecteur général des affaires sociales Jean-François Chadelat, qui doit rendre un rapport au ministre de la Santé sur le rôles des assurances maladie obligatoire (AMO) et complémentaire (AMC), propose de les réunir dans une "assurance maladie généralisée" (AMG).

Cette nouvelle assurance rembourserait davantage d'actes médicaux et de médicaments que l'actuel "panier de soins" de la Sécurité sociale car elle y ajouterait des "garanties offertes par les contrats d'assurance complémentaire les plus standards", écrit M. Chadelat dans un document d'étape dont l'AFP a eu connaissance lundi.

L'assurance complémentaire dite "de base" donnant accès à la totalité de ce nouveau "panier de soins" resterait facultative, mais un dispositif d'aide à son achat pourrait être mis en place. Cette aide pourrait être dégressive en fonction du revenu et concerner 18 millions de personnes, le "tiers le moins aisé de la population française".

Pour M. Chadelat, l'Etat devra "définir en dernier ressort le panier de soins" de la nouvelle assurance, car il s'agit d'"un choix politique au plus haut niveau, entre les dépenses dont la prise en charge doit être effectuée ou soutenue par la collectivité (AMG) et celles qui, moins prioritaires en termes de santé publique, peuvent rester à charge des ménages".

Ces derniers "sont libres par la suite de s'assurer pour ce qui reste à charge, mais sans aide de la collectivité", précise M. Chadelat dont le rapport final du groupe de travail qu'il préside n'aura aucun caractère contraignant pour Jean-François Mattei.

Le texte propose aussi des "mécanismes de corégulation". Ainsi, "on peut concevoir que la régulation de certaines prestations serait pilotée par les assurances maladie obligatoires ou par les complémentaires".

"Le pilotage signifie un dialogue privilégié avec les prescripteurs dans la mesure ou le remboursement garanti par l'AMG peut par exemple ne concerner que certaines affections", indique-t-il.


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-11 12:44:25
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Mardi 11 mars 2003

PERINATALITE

::
M. Mattei annonce un "plan de soutien à la périnatalité"

TROYES, 10 mars (AFP) - Le ministre de la Santé Jean-François Mattei a annoncé lundi à Troyes (Aube) un "plan de soutien à la périnatalité", confirmant notamment l'idée de créer des "maisons périnatales" accueillant la mère et son enfant "au minimum 24 heures après l'accouchement".

Il s'agit de "mesures immédiates" destinées à répondre à "l'urgence de la situation", a souligné le ministre, évoquant des "recompositions hospitalières" pour pallier le manque de personnels dans les établissements.

Le ministre souhaite tout d'abord regrouper les accouchements dans des grands centres, qui seraient "rapprochés" via des regroupements de plateaux techniques.

Des "maisons périnatales" ou encore "centres de maternité" seraient créés à côté, pour accueillir les femmes, à la fois avant l'accouchement, pour un "suivi rigoureux de la grossesse" et "24 heures après l'accouchement, pour les "suites de couches".

"Au minimum 24 heures après l'accouchement, pour les femmes qui le souhaitent, les +maisons périnatales+ pourront offrir une hospitalisation et un accompagnement en suites de couches, où elles pourront être bichonnées par une sage-femme, un kiné, une puéricultrice, et ce en étant plus proche de leur famille", a expliqué M. Mattei, lors d'un point presse, après avoir visité le service de gynécologie-obstétrique du Dr Robinet au centre hospitalier de Troyes.

"Le seuil réglementaire de 300 accouchements par an, en-deçà duquel les maternités ne peuvent être autorisées, ne sera pas modifié", a assuré le ministre qui souhaite plutôt passer "d'une logique de seuil à une logique de compétences disponibles" (personnel, plateaux techniques...).

L'objectif est un impératif de "santé publique", dans la mesure où il s'agit "d'assurer la qualité et la sécurité des soins pour les mamans et leurs enfants", a-t-il déclaré.

Par ailleurs, regrettant la "pénurie des professionnels, renforcée par l'application des 35 heures et la directive européenne (sur le temps de garde des médecins, ndlr), M. Mattei a annoncé qu'il avait décidé de "relever le nombre de postes à l'internat de 10% pour toutes les disciplines de la périnatalité - obstétriciens, anesthésistes et pédiatres dès le concours prochain".

"Je ferai de même pour les écoles de sages-femmes", a-t-il lancé.

Deuxième mesure immédiate, le ministre veut "assurer la mise aux normes des maternités", un "impératif sanitaire".

La visite des services de M. Robinet était symbolique: ce dernier, vice-président du collège national des gynécologues-obstétriciens français (CNGOF) avait en effet menacé, avec des confrères, en décembre et janvier, de démissionner pour dénoncer "les graves difficultés" de ses services et le manque de personnels.


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-11 12:43:49
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Mardi 11 mars 2003

PRION
CREUTZFELDT-JAKOB
La propagation du prion stoppée chez la souris


Jean-Michel Bader
[10 mars 2003]

Grâce à une batterie d'anticorps monoclonaux spécifiquement dirigés contre la protéine prion (PrP), le professeur John Collinge et des chercheurs de l'Imperial College de Londres sont également parvenus à empêcher, sur des souris, le développement de la maladie à prions (maladie de la vache folle, tremblante du mouton, ou nouveau variant de Creutzfeldt-Jakob, chez l'homme) (1). S'il est impossible à ces anticorps de discriminer entre le prion pathogène (PrPSc) et la protéine prion normale du cerveau (PrPC), ils sont capables de se fixer sur les deux protéines, ce qui les empêche de se fixer l'une à l'autre. Or c'est par «moulage» du prion PrPSc sur le prion normal que le premier infecte le second.

L'accumulation progressive de la protéine prion pathogène est mesurable facilement dans la rate des souris : lors de la maladie naturelle, elle débute au septième jour et monte jusqu'à atteindre un plateau de concentration entre le trentième et le quarantième jour. Les animaux traités depuis le septième jour par anticorps ont vu quasiment disparaître le prion pathogène détectable dans la rate, tandis qu'une petite concentration de prion restait détectable dans la rate des souris traitées à partir du trentième jour. Ce résultat a été obtenu quand les souris mangent du cerveau infecté par l'agent de la tremblante ou quand l'agent transmissible leur était directement injecté dans le cerveau.

Bien que le traitement soit inefficace s'il est commencé après l'apparition des premiers signes cliniques chez l'animal, un traitement précoce dès le septième jour améliore considérablement l'espérance de vie des animaux : celle-ci passe de 197 jours chez les souris encéphalopathes à plus de 500 jours chez les souris ayant reçu les anticorps. Ceci représente une augmentation de la durée d'incubation de 153% et aucun signe de tremblante n'a encore été noté chez elles.

Pour Dominique Dormont (CEA), ce résultat s'inscrit dans la lignée d'expériences faites par Charles Weissmann qui avait montré in vitro qu'un anticorps monoclonal peut ralentir ou interrompre l'accumulation des prions, et de Franck Heppner qui a fait des souris transgéniques exprimant un anticorps anti-PrP, et devenues insensibles à l'infection par le prion. Chez la souris normale, il a fallu vérifier que des anticorps dirigés contre la protéine prion ne provoquent pas de trouble de l'immunité. John Collinge montre que la souris peut être protégée mais elle n'est pas stérilisée. «Avant d'envisager d'aller faire des essais chez l'homme, il faut confirmer avec d'autres souches de souris et d'autres souches de prions qu'il s'agit d'un mécanisme général. Et si dans le modèle de la vache folle adaptée à la souris, c'était efficace, il serait licite de promouvoir des essais cliniques chez l'homme», explique Dominique Dormont.

On en est loin aujourd'hui, comme le confirme John Collinge : «Il faut impérativement mettre au point un test diagnostic du vivant des malades humains, pour identifier ceux chez qui les anticorps monoclonaux pourraient être la base d'un traitement préventif utile. Et à condition de pouvoir humaniser les anticorps monoclonaux murins.»

(1) Nature du 6 mars 2003.



ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-11 12:41:12
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Mardi 11 mars 2003

SCLEROSE EN PLAQUES
NEUROLOGIE Le traitement phare de la maladie, insuffisamment évalué, aurait peu d'effets à long terme
Sclérose en plaques : l'utilité de l'interféron mise en doute
L'interféron prévient-il l'aggravation du handicap chez les malades atteints de sclérose en plaques ? Une polémique à propos de l'intérêt de ce médicament très coûteux (12 000 euros par an et par patient) anime les revues médicales britanniques depuis plusieurs semaines déjà. Selon le Lancet du 15 février, l'analyse de toutes les études ne permet pas de mettre en évidence un effet favorable de ce médicament au-delà de la première année d'utilisation. Dans le British Medical Journal, des neurologues anglais estiment nécessaire la mise en oeuvre d'études à long terme pour évaluer l'impact réel de ce médicament sur la prévention du handicap. Ce problème soulève la question plus générale de la rigueur de l'évaluation des médicaments pour les maladies chroniques évolutives, dans un contexte où les médicaments coûtent de plus en plus cher et où les ressources destinées à la santé ne sont pas extensibles.

Martine Perez
[10 mars 2003]

La sclérose en plaques est une maladie neurologique qui touche 50 000 personnes en France. Elle débute le plus souvent entre 25 et 35 ans et se manifeste d'abord sous forme de poussées, par des symptômes variés (altération de la marche, troubles de la vision...) plus ou moins régressifs. L'évolution de la maladie est variable et imprévisible : 50% des patients ont besoin d'une canne pour marcher quinze ans après le début de la maladie. Cette moyenne recouvre une réalité hétérogène : pour certains patients (25%), cette maladie restera bénigne. Pour d'autres, elle deviendra progressivement invalidante. Si la cause de la maladie reste inconnue, les symptômes sont la conséquence de la destruction des gaines de myéline enrobant les fibres qui relient entre eux les neurones du système nerveux central.

Pendant des années, le traitement de la sclérose en plaques a été fondé sur les corticoïdes (des médicaments anti-inflammatoires) qui permettent de réduire la durée des poussées, mais n'influencent pas l'évolution vers le handicap. Au début des années 90, plusieurs essais thérapeutiques, dans l'enthousiasme général, ont montré, avec un recul assez limité dans le temps, en général deux ans, parfois moins, que l'interféron bêta permettait de réduire de 30% la fréquence des poussées de la maladie, et d'autre part, diminuait le volume total des lésions visibles par imagerie (IRM) chez les malades traités par rapport à ceux qui ne l'étaient pas. C'était la première fois que l'on disposait d'un médicament apparemment capable d'agir non seulement sur les symptômes, mais sur le cours du mal. Encore fallait-il vérifier que ces bonnes nouvelles à court terme se vérifiaient à long terme. C'est-à-dire savoir si les malades atteints de sclérose en plaques et traités par l'interféron étaient moins handicapés au bout d'un certain nombre d'années que ceux n'ayant pas bénéficié de ce médicament. Dans la revue britannique médicale The Lancet du 15 février 2003, des chercheurs italiens, associés avec des neurologues anglais et des statisticiens canadiens, ont réexaminé tous les essais thérapeutiques menés entre 1993 et 2002 avec l'interféron dans la sclérose en plaques, pour ne garder que ceux dont la méthodologie était incontestable. Ils ont ensuite examiné les sept études répondant à ces critères qui incluaient un total de 919 patients. On peut remarquer d'emblée que les essais sur ce médicament portent sur un nombre relativement limité de patients.

Leurs conclusions sont assez sévères : les auteurs estiment que l'interféron permet de réduire le nombre de poussées de sclérose en plaques pendant la première année de la maladie. Mais les résultats sur le nombre de poussées au bout de deux ans de traitement restent difficiles à interpréter. Par ailleurs, les essais disponibles avec un recul de deux ans ne permettent pas de dire si l'interféron diminue vraiment la progression de la maladie. De plus, écrivent les auteurs, il n'est pas possible de savoir si la prescription de corticoïdes et les journées d'hospitalisation sont moins fréquentes chez les malades sous interféron que chez ceux non traités. Et les auteurs de conclure : «L'interféron réduit légèrement le nombre de poussées chez les patients traités pendant la première année de traitement. Les effets au-delà d'un an sont incertains et des nouveaux essais devraient être réalisés pour déterminer son efficacité à long terme et ses effets secondaires.»

Apparemment, ce bilan n'étonne pas les spécialistes de la sclérose en plaques. «Cette vision reflète assez bien l'analyse que l'on peut faire aujourd'hui, explique le professeur Olivier Lyon-Caen (chef du service de neurologie à La Pitié-Salpêtrière). Personne aujourd'hui n'est convaincu de l'efficacité de ce traitement sur la progression de la maladie à long terme, dans la mesure où aucun essai thérapeutique n'a été fait au-delà de deux ans de traitement. Nous sommes dans une situation d'interrogation. Il faut donc inciter les pouvoirs publics à entreprendre des actions auprès des compagnies pharmaceutiques pour que des travaux soient faits dans ce sens.»

Ces dernières années, en France, l'interféron était prescrit à tous les malades ayant eu au moins deux poussées de sclérose en plaques dans les deux années précédentes. Depuis quelques jours, les patients présentant une seule poussée, et chez qui le diagnostic de scléroses en plaques a été porté avec certitude peuvent en bénéficier. «Nous avons quand même l'impression que l'interféron a amélioré la vie des malades», estime le professeur Lyon-Caen. Mais il faut savoir que les personnes dont la maladie évolue malgré l'interféron arrêtent le traitement. Seuls continuent les malades qui vont bien. Comment savoir pour cette maladie chronique, s'ils vont bien à cause de l'interféron ou parce qu'ils sont frappés par une forme bénigne ou peu évolutive ? Le traitement sélectionne-t-il seulement les malades «chanceux» ?

Dans un second article publié également le 15 février, mais cette fois dans le British Medical Journal, des neurologues anglais contestent la décision du ministère britannique de la Santé de mettre à disposition de tous les malades l'interféron pour une période de dix ans, avec une simple évaluation. Ils estiment, qu'en l'état actuel des connaissances, l'efficacité à long terme de l'interféron n'est pas connue et que l'argent serait mieux investi dans un essai thérapeutique comparant l'interféron à d'autres médicaments et à l'absence de médicament.

Dans la mesure où le traitement par l'interféron est très coûteux, où il n'est pas dénué d'effets secondaires (syndrome pseudogrippal, principalement), où enfin la durée de sa prescription n'est pas limitée dans le temps, il n'apparaît pas éthique, aux yeux de plusieurs neurologues interrogés, de ne pas mettre en oeuvre d'études scientifiques à long terme permettant de dire aux malades et aux médecins : voilà ce que vous pouvez vraiment attendre de ce traitement.



ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-11 12:40:08
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Mardi 11 mars 2003

PNEUMONIES
Etats-Unis : 40% des pneumonies résistantes aux antibiotiques courants en 2004 [10.03.03 - 11H52]
Les antibiotiques les plus courants, comme la penicilline et l'erythromycine sont plus en plus souvent tenus en échec par les streptocoques responsables de pneumonies et de méningites

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-11 11:09:07
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Mardi 11 mars 2003

CANCER


Le Figaro, n° 18222
Le Figaro Économie, lundi 10 mars 2003, p. 3

MONDE-FRANCE

PHARMACIE Les propositions des laboratoires
Cancer : un rapport pour une entente privé-public

Eric DE LA CHESNAIS

A environ deux semaines de la présentation par Jacques Chirac du plan cancer, l'industrie pharmaceutique rend publiques aujourd'hui ses propositions pour lutter contre ce fléau. Dans un rapport remis à la commission d'orientation pilotée par le professeur Abenhaïm et que s'est procuré Le Figaro Economie, les industriels du médicament dressent pour la première fois un état des lieux des forces en présence dans ce domaine. Ils énoncent des propositions d'amélioration pour traiter cette maladie qui touche de plus en plus de personnes. L'urgence s'impose, on dénombrait en 1975 170 000 cas diagnostiqués, contre 250 000 vingt-cinq ans plus tard avec une prévalence de 700 000 cas...

On dénombre dans l'Hexagone vingt laboratoires pharmaceutiques spécialisés dans l'oncologie, l'étude des tumeurs, dont un quart de français (Aventis, Beaufour ou Servier), et quinze internationaux dont Roche, Novartis ou BMS. Ensemble ils ont participé à l'élaboration de ce rapport. Les industriels du médicament qui détiennent le nerf de la guerre, c'est-à-dire l'argent, « apparaissent comme des acteurs incontournables », souligne Pierre Le Sourd, président désigné du Leem (les entreprises du médicament). Ils ont consacré en 2002 à la recherche et au développement dans le cancer, un budget de 339 millions d'euros. Une enveloppe qui a permis de financer entre autres plus de 488 études cliniques concernant près de 30 000 patients.

Au total plus de 1 200 personnes travaillent sur le cancer dans sept centres industriels et quinze centres de recherche fondamentale. Elles assurent notamment la fabrication mondiale de huit traitements anticancéreux. « Le dynamisme de cette recherche permet à la France de se situer dans les tout premiers rangs du dispositif de recherche mondiale », souligne Pierre Le Sourd.

Les cancers les plus fréquemment rencontrés sont celui du sein, du colon, de la prostate, du poumon ainsi que les leucémies. Ils sont aussi ceux sur lesquels le progrès et le rôle des traitements médicamenteux sont significatifs. De nouvelles voies de recherche s'ouvrent aujourd'hui grâce à l'approche génomique, la signalisation avec le ciblage des enzymes et les récepteurs intracellulaires... « Je crois qu'on dispose sur le territoire national d'un potentiel tout à fait exceptionnel pour améliorer les conditions du développement et de recherche sur le territoire français, et accélérer la recherche dans le domaine du cancer. La France doit rester leader dans ce domaine », ajoute Pierre Le Sourd.

Pour aller dans ce sens, les entreprises du médicament ont présenté dans ce rapport des propositions d'amélioration sur des points qui leur semblent majeurs. Cela implique notamment un développement des passerelles entre la recherche publique et privée, ainsi qu'une simplification administrative des contrats de coopération publics-privés.

Autre proposition, la transposition de la directive européenne sur les études cliniques qui porte sur une harmonisation de ces essais sur le Vieux Continent. Elle a été ratifiée en 2001, et doit être transposée cette année et appliquée l'an prochain.

« La transposition est la condition clé du maintien du niveau actuel de recherche clinique privée dans notre pays. Elle doit assurer la bonne visibilité des investissements des maisons mères. La France doit être attractive et pourrait aller plus loin en s'engageant à raccourcir les délais d'inspection des dossiers. Déjà la Grande-Bretagne a engagé en février dernier la consultation de tous les acteurs concernés dans ce domaine », insiste Pierre Le Sourd.

D'autres propositions émanant de l'industrie portent sur l'intensification des actions de formation, d'information des patients, ainsi que de prévention et de dépistage. Côté économique, le marché du cancer atteint en France un milliard d'euros de chiffres d'affaires réparti de façon égale entre la ville et l'hôpital et qui croît de 20 % par an.

Catégorie : Économie
Sujet(s) uniforme(s) : Industries pharmaceutiques et biotechnologiques; Maladies, traitement et prévention
Sujet(s) - Le Figaro : INDUSTRIE; PHARMACIE; RAPPORT; LABORATOIRE; MALADIE; CANCER
Lieu(x) géographique(s) - Le Figaro : FRANCE
Type(s) d'article : ARTICLE
Taille : Moyen, 453 mots

© 2003 Le Figaro. Tous droits réservés.

Doc. : 20030310LF18222308ECO


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-11 09:29:59
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