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Publié le jeudi 13 février 2003
Jeudi 13 février 2003
EPIDEMIE AU CONGO
Congo : épidémie d'Ebola à la frontière du Gabon
 Jean-Michel Bader [13 février 2003]
 Les habitants du parc national d'Odzala (800 km au nord de Brazzaville) sont depuis deux semaines soumis à une bouffée épidémique de fièvre hémorragique Ebola. La maladie, probablement transmise à des humains ayant consommé des singes eux-mêmes victimes du virus, avait tué vingt personnes la première semaine. Le bilan s'élevait hier, d'après le décompte de l'Organisation mondiale de la santé à trente-huit morts parmi les villageois de Mbomo et Kellé, près de la frontière du Gabon.
C'est la seconde fois depuis l'automne 2001 que ce virus, qui tue entre 38 et 85% des sujets humains qu'il infecte, frappe dans cette cuvette proche du Gabon, épicentre de ces épidémies.
Les autorités ont pris beaucoup de retard dans la prise en compte du phénomène. Les responsables d'Ecofac, le programme européen chargé de la protection du parc national, avaient pourtant averti les autorités, dès le 15 décembre, de la découverte de plus d'une centaine de cadavres de singes morts de la maladie : des cas confirmés par le Centre international de recherches médicales de Franceville (CIRMF).
Tardivement, le pays se réveille à cette menace. Le ministre de la Santé du Congo a confirmé à la BBC ses craintes de voir l'épidémie flamber et traverser la frontière. Tout semble en place pour une catastrophe épidémique majeure. Hier, le professeur Joseph Moussa, directeur de la lutte contre cette maladie au ministère de la Santé, a reconnu avoir enregistré quarante-quatre décès suspects dans le district deKellé et quatre dans celui de Mbomo.
L'an dernier, les autorités gabonaises avaient envoyé des troupes et des médecins à Mekambo (750 kilomètres à l'est de Libreville) pour mettre en quarantaine cette ville dans la jungle. Les sujets au contact des victimes avaient été empêchés d'aller et venir pendant les 21 jours d'incubation de la maladie. Des recommandations de ne pas chasser les primates pour leur viande avaient été données.
Cette fois, le Congo pourrait bien être assis sur une poudrière : «La mise en quarantaine des populations affectées est difficile, parce que nous nous trouvons en zones forestières, où il est difficile de contrôler le mouvement des personnes», a déclaré le professeur Mboussa.
En outre, les rituels funéraires traditionnels (lavage du corps et des vêtements, ablutions en commun) ne sont pas facilement abandonnés par les villageois, alors que la contamination se fait par les fluides biologiques, très contagieux. «Il faudrait un travail de fond, convaincre d'abandonner le fétichisme et la sorcellerie», explique un responsable d'Ecofac. Or les équipes médicales et de chercheurs arrivées dans l'urgence sont mal vues des populations locales, qui craignent même que ces spécialistes de l'OMS diffusent eux-mêmes la maladie !
ericjeanloicbreton |
| 2003-02-13 12:14:28
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EPIDEMIES
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Jeudi 13 février 2003
VIAGRA
| Viagra, la pilule qui dépanne |
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| L'Express du 13/02/2003 |
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| Le Viagra fait des petits |
| par Vincent Olivier |
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| Baptisés Cialis et Levitra, deux nouveaux médicaments débarquent. Leur mission: améliorer l'érection masculine. Mais ils sont chers et ne sont pas dénués d'effets secondaires |
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Viagra hier, Cialis aujourd'hui, Levitra demain. Une pilule bleue, un comprimé jaune, une pastille couleur abricot. Désormais, les hommes qui souffrent de troubles de l'érection - ils seraient plus de 2 millions en France - vont avoir le choix: après Pfizer et son célèbre losange en septembre 1998, les laboratoires Lilly se lancent à leur tour dans la bataille de l'impuissance masculine. Date choisie par la firme pharmaceutique, surtout connue jusque-là pour son antidépresseur vedette, le Prozac: le 14 février, jour de la Saint-Valentin. Un clin d'œil douteux. Comme si GSK et Bayer décidaient de commercialiser le Levitra au moment de la Fête des mères ….
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Il est recommandé aux cinquantenaires de passer au préalable un test d'effort |
Reste que Cialis a tout de même une particularité: sa durée d'action - vingt-quatre heures en moyenne, contre cinq ou six «seulement» pour le Viagra. Ce qui ne signifie pas, messieurs, que vous allez connaître une érection continue pendant une journée entière. Tous les médecins insistent sur ce point: seules les injections intracaverneuses ont un effet mécanique et systématique. Un simple comprimé, lui, ne peut rien s'il n'y a pas de désir. Sur ce plan-là d'ailleurs, rien ne différencie fondamentalement Levitra, Cialis et Viagra. Ils ont globalement le même taux d'efficacité: environ 75%, contre 30 pour un placebo (substance neutre sans effet pharmacologique). Les mêmes indications: pathologies organiques et/ou psychologiques, du diabète aux lésions médullaires, en passant par ce que les sexologues nomment l'angoisse de performance. Et les mêmes contre-indications strictes: prise de dérivés nitrés en cas d'angine de poitrine et insuffisance cardiaque grave. Quant aux cinquantenaires et plus, s'ils sont sédentaires, il leur est recommandé de passer au préalable un test d'effort, rappellent les cardiologues. Les trois médicaments ont également le même mode d'action. Schématiquement, il s'agit d'inhiber l'action d'une enzyme, la phosphodiestérase de type 5 (ou PDE 5), dont le rôle est de favoriser la détumescence. En d'autres termes, ces comprimés ne provoquent pas à proprement parler une érection, mais ils s'opposent au phénomène inverse. Avec, toutefois, quelques petites différences, notamment pour les effets secondaires. Ainsi, les sensations de chaleur et la vision en bleu (liée à une enzyme très proche de la PDE 5) semblent plus fréquentes avec le Viagra, alors que le Cialis provoque «davantage de crampes, de douleurs musculaires et de rougeurs au visage», note le Dr Pierre Costa, du service d'urologie-andrologie au CHU de Nîmes.
Mais, surtout, soulignent les spécialistes, l'approche purement organiciste de la sexualité, qui semble tant importer aux hommes, ne suffit pas. «Si l'on se contente de prendre une pilule, sans s'interroger sur le pourquoi du phénomène, on ne fait que la moitié du chemin», commente le Dr Mireille Bonierbale, psychiatre et sexologue à Marseille. Dans bien des cas, observe d'ailleurs le Dr François Giuliano, urologue au CHU de Bicêtre (Val-de-Marne), la dysfonction érectile cache des difficultés relationnelles au sein du couple et des troubles du désir, qui deviennent plus patents encore dès lors que la mécanique se remet en marche... D'où la nécessité de bien réfléchir avant d'entamer un traitement. D'où, également, l'importance de la consultation qui donnera lieu à la première prescription, et qui devra aborder toutes ces questions, y compris celle, cruciale, de l'arrêt ultérieur de ce traitement.
De ce point de vue, Cialis et sa promesse marketing (vingt-quatre heures d'effet ininterrompu) pose problème. Comment éviter les dérives, les prises récréatives et l'envie, probable chez certains, de le «rentabiliser» au maximum, sans forcément se soucier de sa partenaire? «C'est au prescripteur de savoir mettre en garde, et d'expliquer qu'un tel médicament ne crée pas d'aptitudes nouvelles, qu'il ne fait que restaurer les capacités qui sont les vôtres. A ce jour, les dérapages restent très rares», estime le Dr Bonierbale. «On y verra plus clair dans six mois, mais ce risque existe. En outre, je note que les cardiologues semblent plus inquiets que pour le Viagra, du fait de la durée de vie de ce médicament dans l'organisme», nuance de son côté le Dr Marie Chrevet, psychiatre, sexologue et gynécologue à Lyon.
Alors, faut-il privilégier l'un plutôt que l'autre? Non, à en croire les spécialistes interrogés. Certains patients préféreront programmer leurs rapports - parce que cela les sécurise; d'autres seront sans doute sensibles à la nouveauté. «Etant donné l'efficacité comparable des différents produits, tout cela se jouera à la marge», déclare le Dr Giuliano. D'autant que, ajoute-t-il, «maintenant, le seul facteur vraiment limitant est celui du coût [environ 10 euros le comprimé]. J'espère que cette concurrence facilitera une baisse des prix». Les malades le souhaitent. Mais les laboratoires feront-ils effectivement jouer la concurrence?
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ericjeanloicbreton |
| 2003-02-13 12:11:48
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2 Commentaires :
Commentaire écrit le mercredi 11 février 2004 à 11:14:27 (lien) francois crampes dans le haut du dos et dans les jambes
Commentaire écrit le mercredi 11 février 2004 à 11:14:10 (lien) francois crampes dans le haut du dos et dans les jambes
Jeudi 13 février 2003
URTICAIRE
| Allergies : l'état des lieux |
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| L'Express du 13/02/2003 |
Urticaire |
| Attention aux médicaments ! |
| par Vincent Olivier |
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| Cette affection dermatologique risque de devenir chronique par la prise d'aspirine, de codéine ou de certains anti-inflammatoires |
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Qu'est-ce que des «papules mobiles, fugaces et prurigineuses», accompagnées parfois de «tuméfactions fermes et douloureuses»? Réponse: c'est la définition médicale d'une crise d'urticaire, cette affection dermatologique fréquente qui touche au moins 1 Français sur 5 au cours de sa vie.
Parmi les facteurs déclenchants, les orties ou les méduses bien sûr, mais aussi de nombreux aliments, riches en histamine. Les fromages fermentés, les charcuteries, certains poissons (thon, sardine, maquereau…), les fraises ou encore le chocolat sont autant de causes possibles à une crise aiguë.
Pour autant, le passage à l'urticaire chronique n'est que très rarement lié à une allergie alimentaire: à peine «2 ou 3% du total», rappelle le Pr Pascal Joly, président de la Conférence de consensus de l'Anaes (Agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé) qui vient de rendre ses conclusions sur ce sujet. «L'urticaire chronique est une maladie en soi qui, dans 90% des cas, n'a pas d'origine définie», ajoute ce dermatologue au CHU de Rouen. En revanche, les facteurs aggravants sont bien identifiés. Ainsi, de 25 à 55% de ces urticaires chroniques seraient compliqués, voire déclenchés par certains médicaments, comme l'aspirine, les Ains (anti-inflammatoires non stéroïdiens) et la codéine. |
ericjeanloicbreton |
| 2003-02-13 12:10:49
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Jeudi 13 février 2003
HOPITAUX
DES HOPITAUX INFICHUS D'APPLIQUER LES REGLES SANITAIRES La direction de l’Assistance publique de Paris l’avoue sans détour: certains de ses hôpitaux devront fonctionner, durant quelques années encore, avec une stérilisation des instruments chirurgicaux et des préparations médicales non conformes à la législation. Quitte à accroître les risques d’infection pour les patients. Des établissements prestigieux figurent en tête de cette liste noire. Ainsi la Pitié-Salpêtrière, qui est agréée pour accueillir - en cas de problèmes médicaux — les chefs d’Etat étrangers en visite officielle, Poutine et Bush compris. Mais aussi Saint-Antoine, Necker, Henri Mondor (installé en banlieue à Créteil), Arnbroise-Paré (Boulogne), etc. Fièvre préfectorale Comme « Le Canard » la raconté la semaine dernière, le préfet de Paris a signé, à la demande de la Ddass et de l’ordre des pharmaciens, plusieurs arrêté interdisant partiellement ou totalement les activités de stérilisation dans une bonne partie des hôpitaux de court séjour de l’Assistance publique. Des décisions qui ont soulevé l’indignation de F0 et du Comité national de défense de l’hôpital. En effet, s’il prenait fautaisie à l’Etat d’appliquer à la lettre ses propres arrêtés, des dizaines de services hospitaliers pourraient se retrouver fermés du jour au lendemain. Aux dernières nouvelles, le gouvernement devrait les laisser fonctionner en pleine illégalit mais à leurs risques et périls juridiques. En contrepartie, l’Assistancè publique s’est engagée à présenter, d’ici au 15 mars, un nouveau plan de modernisation de ses installations. Aujourd’ui, à Paris, seuls quatre établissenients de court séjour ont été reconnus aux normes sanitaires: Robert Debré, Trousseau, Saint-Vinœnt-de-Paul et Saint-Louis. En banlieue, la situation n’est guère meilleure: sur une quinzaine d'hôpitaux gérés par l’Assistance publique, seule une poignée semble être en règle: Beaujon (Clichy), Raymond-Poincaré (Garches), Bicêtre (Le Kremlin-Bicêtre) et Paul-Brouase (Villejuif). Mais les préfets concernés se sont montrés plus compréhensifs que leur collègue de Paris. ils ont autorisé la quasi-totalité des services hospitaliers non conformes à poursuivre leurs activités. Sous une seule condition: la promesse d’engager, sans trop tarder, les travaux nécessaires. Tous les hôpitaux de France disposaient pourtant de deux ans pour appliquer le décret de décembre 2000 qui fixe de nouvelles règles sanitaires en matière de stérilisation. Mais l’Assistance publique de Paris, elle, a laissé passer le délai et remis les travaux à plus tard. Une attitude d’autant plus surprenante que presque tous les autres hôpitaux de Paris intra-muros, qu’ils soient publics ou privés, se sont mis aux normes sans attendre ou ont décidé de sous-traiter la stérilisation à des concurrents mieux équipés. Budget à tout faire L’Assistance publique avait pourtant dégagé, en janvier 2000, une enveloppe de 512 millions d’euros lui permettant de rénover en quatre ans la totalité de ses hôpitaux. Mais cette manne s’est vite révélée insuffisante. « Avec la somme qui nous était allouée, raconte un médecin, nous étions censés tout mettre aux normes: l’électricité, la sécurité incendie, les blocs opératoires, l’anesthésie et, bien entendu, la stérilisation, il a faliu faire des choix...» Aujourd’hui, non seulement les hôpitaux manquent d’argent, mais les travaux programmés accumulent les retards, et les malades sont priés de se montrer patients. La faute, paraît-il, aux procédures des marchés publics, qui seraient trop lourdes, aux travaux trop complexes à réaliser et aux entreprises soupçonnées de traîner. La direction de l’Assistance publique ne connaît même pas la liste des chantiers engagés par ses directeurs d’hôpitaux. A tel point qu’il a fallu lancer de toute urgence un inventaire. Les autorités de tutelle se montrent tout aussi incohérentes. Ainsi, le préfet vient d’interdire la quasi-totalité des activités de stérilisation à l’hôpital Saint-Antoine : or, en novembre dernier, le même établissement s’était vu accorder la bénédiction « sans réserve» de l’Anaes, une agence gouvernementale chargée d’évaluer la sécurité et la qualité des soins. A croire que les inspecteurs eux-mêmes ne sont toujours pas aux normes... Hervé Liffran
ericjeanloicbreton |
| 2003-02-13 10:48:45
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Jeudi 13 février 2003
MATTEI ET LE TABAC
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DISCOURS de Monsieur Jean-François MATTEI Ministre de la santé, de la famille et des personnes handicapées |
Proposition de loi visant à restreindre la consommation de tabac chez les jeunes |
| 11 février 2003 |
| Consulter le dossier Tabac |
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Monsieur le Président, Monsieur le Rapporteur, Mesdames et Messieurs les Sénateurs,
Je ne peux que saluer l'initiative de M. Bernard JOLY qui vise à restreindre la consommation de tabac chez les jeunes, et je lui apporte un soutien sans équivoque.
Je souhaite également remercier M. le rapporteur, Dominique LARIFLA, et les membres de la commission des affaires sociales de la rapidité et de la qualité de leurs travaux.
Cette proposition vient en effet juste au moment où le Gouvernement s'apprête à déclarer la guerre au tabac. La Haute Assemblée ouvre le feu. Nous déclencherons l'offensive générale.
I - Alors pourquoi une guerre ?
Parce que nous avons affaire, et de loin, au plus grand tueur qui existe. Celui qui coûte le plus cher à la société, non seulement en vies humaines, en souffrances mais aussi en dépense de santé.
Bernard JOLY l'a rappelé, première cause de mortalité évitable en France le tabac tue chaque année dans notre pays 60.000 personnes, huit fois plus que la violence routière. Il nous coûte aussi 15 milliards d'euros par an soit 1,1 % du PIB.
Enfin, si ces arguments n'étaient pas suffisants on pourrait ajouter que l'efficacité des programmes anti-tabac n'est plus à démontrer.
En arrivant au Gouvernement je me suis engagé à faire de la prévention un axe fort de la politique de santé en France. La prévention a été et demeure une des faiblesses du système sanitaire français. Pratiquement pas enseignée dans nos facultés médicales, peu valorisée dans sa pratique, souvent très dissociée du système de soins dans sa structuration, elle est le parent pauvre de la santé. Nous en payons aujourd’hui le prix.
Je suis convaincu que la prévention est un élément clef pour améliorer la santé des français, pour les faire vivre mieux et plus longtemps.
Le cancer en est l’exemple le plus frappant. Un quart des décès par cancer soit plus de 30.000 par an est attribué au tabac. Quand la prévention du tabac est efficace, les décès par cancer du poumon chutent.
Sous l’impulsion du Président de la République, nous avons aujourd’hui l’opportunité de franchir un pas important dans la lutte contre le tabac. Je ne la manquerai pas !
II - Certes nous ne partons pas de rien.
Je veux rendre hommage au caractère extrêmement novateur de la loi 9 juillet 1976, proposée sous l’impulsion du Pr Maurice Tubiana, à l’époque président de la commission Cancer réunie par Simone Veil. Cette loi a permis une première prise de conscience et a freiner la progression du tabagisme chez les hommes.
La loi Evin du 10 janvier 1991 a représenté une étape historique dans la lutte contre le tabagisme dans notre pays et elle a été suivie par une diminution de 14,5 % des ventes de cigarettes entre 1992 et 1997.
Malheureusement, il existe des signes montrant que la lutte anti-tabac perd en vigueur et en efficacité.
La proportion des femmes fumeuses augmente. Le tabac a donné un coup d’arrêt à la progression de l’espérance de vie chez les femmes.
La consommation de tabac chez les jeunes reste à un niveau très élevé, un des plus élevé d’Europe. La moitié des jeunes fument. La dépendance au tabac étant forte, la plupart d'entre eux continueront à fumer régulièrement. La nocivité du tabac est surtout liée à la durée d'exposition. Ce qui veut dire que parmi les jeunes ayant commencé à fumer à l'adolescence, la moitié décèdera du tabac et parmi eux un quart décédera avant 65 ans soit une vie raccourcie de 20 ans !
III - Il est donc de notre responsabilité de relancer la lutte contre le tabac, d'en faire une cible prioritaire pour les années qui viennent et notamment chez les jeunes.
Nous avons déjà commencé et les dispositions de la proposition de loi sont autant de mesures qui vont dans le bon sens!
Interdiction de vente aux moins de 16 ans, sanction des débitants de tabac, éducation à la santé : nous sommes favorables à de telles dispositions.
Avec la loi de FSS, nous venons d'augmenter de façon importante le prix du tabac. Il s'agit d'une mesure efficace sur la baisse de la consommation. Pour la première fois depuis 4 ans, les ventes de tabac ont diminué. Mais il faut veiller à ce que les fabricants de tabac ne puissent contrarier l'augmentation du prix en proposant aux jeunes des paquets de 10 à 15 cigarettes moins chers et donc plus attractifs. Il faut veiller à ce que cette augmentation se répercute à tous les produits du tabac y compris les moins chers.
Je viens de signer l'arrêt obligeant les fabricants à inscrire sur les paquets des cigarettes un message clair et sans ambiguïté " fumer tue ".
L'interdiction de la vente aux mineurs de moins de 16 ans est une mesure cohérente avec l'interdiction de vente d'alcool à ces mêmes mineurs dans les débits de boisson ; avec notre désir de protéger la jeunesse d’une drogue mortelle.
Cohérente et hautement symbolique. J'y suis personnellement très favorable.
Je sais cependant, d’après les expériences d’autres pays, qu'il ne s'agit pas d'une mesure miracle, qu'elle doit trouver son sens au sein d'un programme large, axé sur la population générale et non les mineurs uniquement, comprenant des actions d'information mais aussi de réglementation et d'aide à l'arrêt du tabac. L’industrie du tabac, qui la propose toujours isolément ne s’y trompe pas !
L’objectif de notre programme est double : prévenir la consommation de tabac chez les non fumeur et mais aussi aider les fumeurs à s’arrêter, sans pour autant minimiser la difficulté du sevrage. Le tabac est une drogue. Cette assimilation à une drogue a participé à la prise de conscience des dangers du tabac. Mais s’arrêter de fumer c’est possible et ce n’est jamais trop tard !
IV – Sans révéler la teneur du plan cancer, je souhaite vous en communiquer déjà les grandes orientations relatives au tabac.
1 - Vis à vis des jeunes, différentes interventions en milieu scolaire seront mises en place dans le cadre d'un programme "Ecole sans tabac" élaboré conjointement par les Ministères de l'Education Nationale et de la Santé.
Ce programme comprendra des actions d'information sur les méfaits du tabac, information que vous proposez, Monsieur le rapporteur, et elles seront accompagnées de mesures indispensables d'interdiction, d'accompagnement et de prise en charge.
2 - Encore une fois une prévention qui se limite aux jeunes n'est pas efficace. Il faut agir sur l'ensemble de la population. Le tabagisme des adolescent est significativement associé à celui de ses parents, à celui de son environnement social proche…
Je compte privilégier 4 axes :
1 - Rendre de plus en plus difficile l'accès au tabac par une politique permanente d’augmentation des taxes.
2 - Renforcer la législation de la lutte contre le tabac et se doter des moyens permettant d’obtenir l'application effective de l'interdiction de fumer dans les lieux collectifs et la sanction des contrevenants. Près de ¾ des français se déclarent d’ailleurs favorable à un renforcement de la réglementation relative à la protection des non-fumeurs.
3 - Mieux informer sur les risques du tabagisme actif et passif en augmentant les campagnes d'information. Contrairement à ce que l’on pense les risques liés au tabac sont encore sous évalué. En particulier la moitié des personnes pense encore qu’il existe un seuil (évalué à environ 9 cigarette par jour) au dessous duquel on ne risque rien. La mise en évidence des danger du tabagisme passif est entrain de modifier cette perception.
4 - Enfin, aider les fumeurs à s'arrêter de fumer par tous les moyens possibles !
En améliorant la ligne téléphonique d'écoute (Tabac Info services) dont le numéro sera présent sur tous les paquets de cigarettes, par des documents d'information, par la formation et l’implication des professionnels de santé : médecins et infirmières ainsi que des responsables de collectivités.
L’implication des médecins généralistes est essentielle. Une étude a montrer que le simple fait que le médecin demande à son patient : " est-ce que vous fumez " puis " voulez vous arrêtez de fumez " et qu’il donne une brochure de conseil pour le sevrage, permettait de doubler les chances de l’arrêt à long terme. En France cela se traduirait par 200 000 fumeurs en moins chaque année. Enfin, j’améliorerai l'accès au substitut nicotiniques (qui multiplie par 1,5 à 2 les chances du sevrage) et j’augmenterai le nombre de consultations anti-tabac pour que celles-ci soit accessible dans chaque département.
Ces différentes actions permettront de modifier l’image sociale du tabac encore trop banalisée en France.
Au nom du Gouvernement, je remercie de nouveau la Haute Assemblée de contribuer ainsi à lutter contre le tabagisme. C’est un combat dans lequel je m’engage personnellement en étant sur de pouvoir ainsi améliorer durablement la santé des français. |
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ericjeanloicbreton |
| 2003-02-13 09:57:39
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TABAC
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